« Le fait de ne pas remplacer la taxe professionnelle va étrangler les collectivités locales

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Comment abordez-vous le projet de réforme des collectivités ?

« Avec beaucoup d’inquiétudes et beaucoup d’espoirs. Créer des conseillers territoriaux sur des territoires vastes, c’est la fin de la ruralité. Dans des départements comme les nôtres, nous devons garder des liens avec nos habitants. Sur la suppression de la taxe professionnelle, le fait de ne pas la remplacer, cela va étrangler les collectivités locales. Lorsque nous discutons avec les élus, quelles que soient leurs sensibilités politiques, tout le monde dit que ça ne va pas. J’ai espoir que dans cette assemblée sénatoriale, la sagesse l’emporte et que l’intérêt des collectivités locales passe avant les considérations politiques de la majorité présidentielle. Sur des sujets comme les collectivités locales, il y a une majorité contre ».

C’est le sujet majeur de discussions au Sénat ?

À 50 % oui. Dans les couloirs, partout, on parle de ça. Ce qui est proposé, c’est tellement une immense révolution. Je fais partie avec 35 sénateurs de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, présidée par Alain Lambert, ancien ministre du budget, sénateur président du Conseil général de l’Orne. La mission de cette instance permanente spécifique au Sénat consiste à veiller au respect de la libre administration et de l’autonomie financière et fiscale des collectivités territoriales ainsi qu’à la compensation financière des transferts de compétences et de personnel. Cette délégation est également chargée d’évaluer les conditions d’application locale des politiques intéressant ces collectivités. Le but est régulièrement, en séance, par écrit auprès de l’exécutif, de rendre des conclusions intermédiaires.

Quel regard portez-vous sur le Parti socialiste au niveau national ?

Cela fait 33 ans que je suis au parti socialiste. Je reste fidèle. La gauche française, la gauche européenne, et la sociale démocratie ont un rôle évident à jouer. Pour qu’une démocratie fonctionne bien, il faut une droite et une gauche et puis parfois, il faut qu’elles se retrouvent le plus possible. C’est clair qu’aujourd’hui, le parti socialiste ne va pas bien mais je ne sais pas si la droite va mieux étant donné ce qui s’y passe. L’image de l’UMP comme celle du PS n’est pas terrible.

Que pensez-vous de la rénovation du Parti socialiste ?

J’ai voté pour la mise en place de Primaires. Le parti socialiste doit s’ouvrir de nos jours et n’est pas en état suffisant pour décider du candidat à la présidence à gauche. Le prétendant à la candidature peut être désigné par un plus large panel, comme cela se fait dans d’autres pays. Les primaires donneront plus de forces à notre candidat.

Vous pensez à un candidat en particulier ?

Je voterai pour celui qui a le plus de chance de l’emporter ! Je ne fais partie d’aucun courant au sein du PS. Nous verrons le moment venu. Cela peut être Ségolène Royal, comme Dominique Strauss-Khan ou Bertrand Delanoé. Quand on connaîtra les candidats, je prendrai, à ce moment-là, position.

Sur la limitation du cumul des mandats ?

J’ai voté contre cette proposition de nos instances. J’estime que la limitation du cumul des mandats va dans le sens auquel nous devrons arriver mais cela ne va pas assez loin. Il faut toucher au cumul des fonctions secondaires qui doivent rentrer dans le cadre de la mutation du cumul des mandats telles que les vice-présidences d’agglomération. Mais je suis convaincu que le mandat de parlementaire unique est un danger pour la démocratie car il faut toujours revenir sur le terrain et avoir des comptes à rendre à ses électeurs. Il faut conserver au mandat de parlementaire, un mandat d’exécutif local. Et puis je ne suis pas sûr qu’il faille que les socialistes s’appliquent à eux-mêmes un cumul tant que la loi ne les oblige pas.

La percée des Verts au dernier scrutin européen ?

Les Verts ont un rôle à jouer. Mais je me refuse à sous-traiter aux Verts, l’écologie. Nous devons travailler au rassemblement. Le parti socialiste n’a peut-être pas su montrer aux Français son image verte. Paradoxalement, à l’échelon local, comme nous le faisons dans la Drôme, il y a des engagements forts sur le développement durable. Dans une orientation politique globale, je suis convaincu qu’il faut à chaque fois prendre en compte la notion de développement durable. Le triptyque « économie, social, environnement », doit coller à toute politique. Et le Parti socialiste a beaucoup avancé dans ce domaine.

Les Verts et le Parti socialiste ne feront pas liste commune aux prochaines élections régionales. Qu’en pensez-vous ?

Je le regrette profondément. C’est une occasion ratée terrible. En Rhône-Alpes, nous avons un bilan commun. Partir séparément est un vrai gâchis. On va faire le premier tour et au second, on va se rassembler sur les scores du premier tour.

Entretien réalisé par Yvan MOURZELAS

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