• Jeudi 2 octobre 2008 à 0h00

Mercurol - Il a construit sa propre éolienne

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mercurol-eolienne2.JPGUn particulier a réduit sa facture énergétique en installant un puits canadien, des panneaux solaires et une éolienne
En arrivant sur Mercurol, on peut apercevoir une maison avec une éolienne dans son jardin. Nous avons voulu en savoir plus sur cette initiative originale et sommes allés rencontrer Bernard Lafont. « J’ai monté mon éolienne début juillet » explique-t-il. Tout commence par un stage à la CCI en avril que lui paie son épouse. Le stage lui apprend les rudiments pour monter sa propre éolienne. S’en suivront des mois de travaux pour construire son éolienne en récupérant du matériel à droite et à gauche. « Cela coûte très cher à construire si on achète tout. Le poteau coûte à lui seul une fortune ». Un poteau de drapeau d’entreprise de 800 kg lui a été donné, très solide, il est habitué à subir les gros assauts du vent. Il a aussi récupéré une batterie de chariot élévateur, un onduleur d’ordinateur, etc. « J’ai juste acheté le bois pour faire les pales : c’est du cèdre rouge, du bois très léger que j’ai taillé moi-même ». L’homme est bricoleur, il le faut. « Il faut disposer d’outillage et souder de façon très précise ». Il aura passé 250 heures de travail dessus. L’éolienne fait 12 mètres de haut (jusqu’à 12 m il ne faut pas d’autorisation pour installer une éolienne), elle se positionne par rapport au vent. Elle se bascule sur son axe pour l’entretien. Des haubans stabilisent le poteau et empêchent ainsi les vibrations. Le safran, qui est un bout de plastique récupéré dans une benne, se met en parallèle des pales pour les protéger les jours de grand vent. « Normalement, il faut compter 2 000 à 3 000 euros pour acheter tout le matériel. Grâce à la récup j’en ai eu pour près de 600 euros en comptant les tranchées et les sacs de ciment. Ce n’est pas la peine de dépenser plus vu le peu d’électricité produit » estime Bernard Lafont. En effet, l’éolienne n’a pas les rendements que l’on pourrait espérer d’une telle machine. Elle réussit juste à faire fonctionner un petit chauffage d’appoint dans la maison. L’éolienne produit de l’électricité à partir d’un alternateur. Un aimant puissant passe proche d’une bobine de fil de cuivre coulé dans de la résine et crée de cette manière un courant électrique de 24V. Cette énergie est stockée dans des batteries avant d’être utilisée. Pour obtenir un courant électrique utilisable sur les appareils électroménagers, un onduleur est utilisé pour convertir le courant continu de 24V des batteries en courant alternatif de 220V que nous trouvons dans les prises électriques de nos maisons. « J’ai dû fabriquer un radiateur en 25V pour avoir moins de perte d’énergie » indique Bernard Lafont, « même si ce n’est pas rentable, c’était pour moi un très gros défi et je suis arrivé à réaliser cette éolienne. L’éolien ça vaut le coup pour les habitations isolées sans électricité, les refuges. Moi, j’ai des pales de 3 mètres, mais avec des pales de 6 mètres on fait du 2 kW ».
Un puits canadien
Économiser l’énergie en protégeant l’environnement est une préoccupation ancienne de Bernard Lafont : il a installé des chauffe-eau solaire pour son eau chaude sanitaire et pour réduire sa consommation de fioul il a acheté une chaudière plus performante et a mieux isolé sa maison en installant notamment du double vitrage. Résultat : sa consommation de fioul a été divisée par deux. Et puis l’an dernier il a fait un puits canadien : il a creusé trois mètres sous terre dans son jardin pour y installer 25 mètres de tuyaux. A cette profondeur, la température est constamment à 14°. L’air entre par une bouche d’aération placée avec un filtre contre une haie du jardin, en circulant dans les tuyaux il est rafraichi, l’air est ensuite distribuée en continu dans toutes les pièces de la maison grâce à un ventilateur de 60 W. Ce système permet de réduire la température de la maison de 3 à 4° l’été. Contrairement à la climatisation qui envoie du froid très froid par à-coups, là l’air tempéré est distribué en permanence dans toutes les pièces où des bouches d’aération ont été installées. Et en plus, cela permet d’économiser le coût d’une climatisation et sa consommation électrique ! « Les Romains se servaient de ce système pour rafraîchir leur maison. Nous, vu que jusqu’à présent on ne payait pas l’énergie, on ne s’y est pas intéressé. Mais, aujourd’hui, les architectes recommandent de plus en plus de construire un puits canadien dans les fondations de la maison, c’est le système le plus simple. Les Canadiens eux se servent du puits pour mettre leur maison hors gel l’hiver » explique Bernard Lafont, « si chacun réduit sa consommation d’énergie, on va faire un gain phénoménal pour la planète ».

Estelle Prat

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