•  JACQUEMOT Etienne • Samedi 14 février 2009 à 0h00

QUESTIONS A… Émilie Matras

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« Ces bistrots de pays, des lieux de vie au cœur du village »

Rencontre avec l’animatrice des Bistrots de Pays qui se penche sur les cafés et restaurants multiservices qui sont, aujourd’hui, au nombre de 16 en Drôme provençale.

En quoi consiste la démarche Bistrot de Pays ?

Emilie Matras : C’est une marque déposée à l’institut national de la propriété industrielle (INPI). Cette démarche originale mobilise des établissements (bistrots, cafés, restaurants…) dans un projet de pays. Le Bistrot de Pays contribue à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie au cœur du village. Le principe est de rendre service à la population locale et touristique, ceci à travers des établissements qui sont multiservices. Les bistrots de pays font donc office d’épicerie, de bar-tabac, de guichet postal… de toutes les prestations qui ne sont pas assurées dans ces villages de moins de 2 000 habitants. Ils donnent des informations précieuses aux touristes et mettent à leur disposition des documents sur les sites à visiter, les paysages à admirer… Cela est d’autant plus intéressant que les horaires d’ouverture sont larges, en général de 8 h à minuit. Dans ces lieux où on ne trouve pas d’office de tourisme, on est à même d’obtenir des renseignements pratiques.

Où est née cette marque déposée ?

Le concept a été déposé par le SIVOM de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) en 1993. Depuis 2003, la CCI de la Drôme est le gestionnaire local du réseau de Bistrot de Pays en Drôme provençale. Aujourd’hui, on y compte 16 établissements labellisés qui vont de Montélimar à la frontière du Vaucluse, en flirtant avec l’Ardèche et les Hautes-Alpes. Le principe est de mettre en valeur les produits du terroir à travers une cuisine de qualité en utilisant les produits locaux : l’huile d’olive et l’olive noire de Nyons (une des premières à disposer d’une appellation AOC), la tapenade, la truffe (quand c’est la saison), l’agneau de pays, le fromage de chèvre, le banon, l’abricot, la lavande, la truite de St-Ferréol Trente Pas…

Y a-t-il d’autres critères auxquels les cafetiers doivent satisfaire ?

Le bistrot doit aussi constituer le dernier ou l’un des derniers commerces du village et posséder la dernière licence IV. Ces lieux privilégiés se doivent également d’organiser des animations festives et culturelles au moins trois fois dans l’année pour favoriser le lien social et aussi pour répondre aux attentes des estivants en été. Cela correspond à l’envie d’échanger, de distraire. Les Bistrots de Pays proposent de multiples manifestations tout au long de l’année : soirées dansantes, concours de belote… Ils sont aussi invités à participer aux manifestations initiées par la CCI. Au cours de l’été 2008, 35 soirées « alliance mets et vins » ont été mises sur pied dans les Bistrots de Pays en partenariat avec les trois syndicats de vignerons de la Drôme provençale. Pour l’occasion, chaque bistrotier avait concocté un menu à base de produits du terroir en bénéficiant des précieux conseils du vigneron dont le vin accompagnait au mieux le repas. Ce dernier avait d’ailleurs grand plaisir à commenter la typicité de son breuvage.

Peut-on parler d’un « esprit » bistrot ? Qu’est-ce qui anime les bistrotiers ?

C’est d’abord la volonté d’être ambassadeur de notre territoire. C’est aussi la volonté de participer au maintien des services en milieu rural pour que nos villages gardent leur âme. Si on peut résumer l’esprit Bistrot de Pays en quelques mots, je parlerais volontiers d’authenticité, de générosité, de convivialité… sans modération.

Annie Mura

Emilie Matras

CCI de la Drôme

Antenne Drôme provençale Tricastin Baronnies

04 75 26 26 21

www.bistrotdepays.com

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