• Jeudi 9 juillet 2009 à 0h02

SÉCURITÉ SANITAIRE - Contrôleuse de piscines

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Corinne Chanteperdrix, de la Ddass 26 contrôle la qualité des eaux de 420 bassins drômois en service pendant l’été.
Au pas de course ! Corinne Chanteperdrix, valise de tests en main et matériels de contrôle sous le bras, n’a pas le temps de faire bronzette au bord des piscines qu’elle contrôle inopinément. Après le contrôle de 27 piscines couvertes fonctionnant en permanence toute l’année, cet agent de prélèvement de la Ddass 26 passe en revue, l’été, les 250 établissements drômois, ce qui représente 420 bassins en service. En cette période estivale où le parc recevant du public est en nette augmentation, un coup de pouce est nécessaire au service chargé du contrôle sanitaire des piscines de la Drôme, avec la présence estivale d’un second technicien sanitaire.
« Travailler dans les piscines est devenu un vrai métier, pointu »
Ce matin-là, direction la piscine municipale de Bourg-lès-Valence. Depuis juin, l’établissement reçoit, en plus des scolaires, le public et s’apprête à accueillir en ce début juillet et jusqu’à fin août, le tout public, tous les jours et même les jours fériés. Tout juste rentrée, Corinne Chanteperdrix vérifie que les résultats des précédentes visites, (une par mois réalisée de manière inopinée et jamais le même jour) sont bien affichés. « Les visiteurs devraient regarder ces documents car les résultats d’analyses et les conclusions sur la conformité de la qualité de l’eau sont mentionnés », avance la technicienne qui officie depuis 1983.
La visite débute dans les vestiaires. Ici, c’est l’état général et l’hygiène qui sont regardés de près : « souvent, les vestiaires des piscines des années 75 sont vétustes. Là, c’est très bien entretenu », constate la spécialiste du contrôle sanitaire, vigilante sur la bonne circulation d’air dans des lieux où il y a toujours de l’eau. Le coup d’œil est partout. Le pédiluve doit être surchloré. La partie machine qui s’occupe du traitement de l’eau doit être sans fausses notes. « Travailler dans les piscines est devenu un vrai métier qui demande à être formé en continu », constate Frédéric Pelegrin, responsable maintenance. Dans la salle des machines, la filtration est très pointue. Il faut gérer le traitement d’eau des trois bassins, dont un intérieur. L’eau est renouvelée et recyclée en permanence. « Pour le bassin intérieur, il faut 4 heures pour la renouveler. L’eau de la pataugeoire est renouvelée, elle, en 30 minutes » explique l’employé au milieu des pompes filtres qui retiennent les matières organiques. L’analyse se fait en continu notamment sur l’injection de clore et du PH maintenu neutre.
« Quand c’est rose, c’est correct »
Au bord des plages extérieures, Corinne Chanteperdrix scrute l’aspect général. L’entretien des espaces est impeccable. Les superbes lauriers roses font le décor. « Les gens sont bien déchaussés. Les enfants ne mangent pas sur les plages. Les passages des pelouses aux plages doivent se faire par les pédiluves. La douche, ouverte en continu, joue son rôle de désinfectant avant de passer à l’eau. Pas de caleçons (interdits) en vue». Pas le temps de s’éterniser : l’heure du contrôle de la température de l’eau et de l’air est venue. Le PH et les taux de chlore sont analysés. « Il s’agit de comparer nos mesures avec les deux mesures quotidiennes minimum réalisées par les établissements. Quand c’est rose, c’est bien propre ! ». Le tout est noté sur un carnet d’entretien. Les mesures sont correctes. Une partie des prélèvements partira au laboratoire pour un second contrôle. Pour la technicienne sanitaire, « la qualité de l’eau est liée à ce que les baigneurs portent sur eux-mêmes. L’hygiène est très importante. L’eau doit être désinfectante. Il faut savoir que la sueur, les cheveux, mais aussi les feuilles qui tombent des arbres, contaminent l’eau. Quand les yeux piquent, ce n’est pas une surdose de chlore, mais les chloramines qui ont un caractère irritant. Ces mêmes chloramines reconnues maladies professionnelles pour les personnels » rappelle la représentante de la Ddass. D’où l’importance du renouvellement de l’eau en continu (en plus des deux vidanges annuelles) et la présence de bassins à débordement. « Avant, on pensait que la pollution se trouvait au fond des bassins. Cela a évolué. Les staphylocoques flottent à la surface de l’eau. 50 % de l’eau est recyclée par le dessus. Le renouvellement de l’eau est journalier, 30 litres par baigneur et par jour».
S’adapter au boom des spas
La réglementation est nette : « trois baigneurs pour 2 m2 d’eau. Si on dépasse, on refuse les gens et on ferme la piscine. La fréquentation ne doit pas dépasser 850 personnes », avance le responsable de la maintenance. « Tout est bien géré ici », ajoute Madame piscine. Ce qui n’est pas le cas partout : « les piscines privées qui reçoivent du public sont soumises à la même réglementation que les piscines publiques. Souvent, les piscines publiques ne posent pas de problème. Le personnel est formé à leur entretien. Le résultat est bien meilleur que dans les piscines privées où nous avons de plus grandes difficultés ». Un restaurateur n’est pas un spécialiste du contrôle sanitaire des piscines ! Et le boom des nouveaux établissements (spa dans les centres de loisirs, remise en forme club de gym, et centres esthétiques) n’est pas sans poser problème : « ces lieux sont souvent tenus par des gens qui ne sont pas professionnels de la surveillance et la maîtrise de la qualité de l’eau. », regrette la technicienne qui a aussi un rôle de sensibilisation auprès d’eux. Un constat qui montre l’évolution dans lequel le contrôle sanitaire évolue : « de plus en plus de gens ont des piscines privées. Le parc des piscines sportives est remplacé, petit à petit par des espaces aquatiques ludiques et familiaux ». Le métier de contrôle sanitaire s’adapte. Au cours de l’été dernier, 88 bassins drômois en situation critique ont été fermés temporairement.

Yvan MOURZELAS

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