Pas de légende pour cette photo
Rencontre avec Geneviève Legras qui, avec toute une équipe, redonne vie à la Pastorale et par là même à la collégiale Saint-Sauveur.
Dans quel esprit a été créée la Pastorale ?
Geneviève Legras: Quand mon mari a pris sa retraite, nous sommes revenus vivre à Grignan, le pays de mon enfance. Je fais partie de la communauté catholique chrétienne. En 1999, la collégiale avait besoin d’être restaurée. Nous avons été tout un groupe à créer l’association pour la sauvegarde et la restauration de la collégiale Saint-Sauveur. Notre but consistait à collecter des fonds pour cette réfection. L’hiver 1999, nous avons eu l’idée de nous pencher sur les Pastorales existantes et de nous inspirer longuement de la tradition provençale. Marcel Pagnol disait « La Pastorale, ce n’est pas un texte vénérable et figé pour l’éternité, c’est un canevas qu’il est permis de remodeler chaque année selon l’humeur et la couleur du temps ».
Qu’est-ce que la Pastorale de santons ?
La Pastorale des santons, chère au cœur des provençaux, est une tradition de Noël qui remonte au xviie siècle. Dans les Écritures, ce sont les bergers qui annoncent la naissance de Jésus aux villageois. Au fil des ans, nous souhaitions « grignaniser » la Pastorale. J’ai ainsi imaginé un prologue qui relie extérieur et intérieur. Tout commence sur la place de Sévigné à 15 h. Des villageois en costume de l’époque (une cinquantaine) se rencontrent. Le berger arrive en courant… Quelque chose d’étonnant se passe. Le tambour fait une annonce publique, le maire rassure la population, le curé lance « Suivez-moi, nous allons monter à la collégiale ». L’ange, le récitant, est le fil conducteur de la Pastorale. Les gens adhérent, qu’ils soient croyants ou pas. C’est la onzième année que nous jouons à Grignan et dans les villages environnants. Nous avons à nos côtés des techniciens, un organiste et un metteur en scène professionnel, Marie-Hélène Audier, responsable à la MJC de l’atelier théâtre. J’aimerais également citer Geneviève Monier qui est présente depuis longtemps à nos côtés. Aujourd’hui, je m’occupe de la coordination des textes. A la fin du spectacle, nous sortons sur le parvis sous les applaudissements et une corbeille passe de main en main. Les spectateurs donnent ce qu’ils désirent.
Quels travaux ont pu être conduits à la collégiale ?
Ce n’est pas l’association qui prend en charge la totalité des réfections, c’est impossible. D’autres manifestations telles que des concerts, des chorales, soupes au pistou… sont organisées pour collecter des fonds. Actuellement, nous percevons une subvention de la part de la commune. En 2005 et 2006, nous avons bénéficié du concours de l’État, de l’Europe, du Département, de l’association diocésaine et bien évidemment du soutien de l’association et des travaux ont été réalisés à l’intérieur de la collégiale essentiellement sur la façade occidentale.
Avez-vous une anecdote ?
Oui. Quand les Rois Mages font leur apparition, l’encens de l’église refuse de s’allumer. Très peu de messes sont dites, l’encens est peut-être un peu humide et chaque année, nous oublions ce détail… Je suis responsable de l’office de tourisme et je suis ravie de voir qu’actuellement dans les locaux trois mannequins portant des costumes de la Pastorale sont exposés. Je reste très proche de cette Pastorale qui est un peu notre enfant.
A la collégiale de Grignan à 15 h :
Dimanche 27 décembre
Samedi 2 et dimanche 3 janvier.
Jusqu’au 31 janvier : superbe crèche animée
A l’église Notre-Dame de Nazareth à Valréas (enclave des Papes) à 15 h :
Dimanche 10 janvier.