• Jeudi 7 janvier 2010 à 10h23

Le débat sur l’identité nationale n’a pas attiré les foules

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Le débat sur l’identité nationale n’a pas attiré les foules mercredi 6 janvier à Valence. Dans l’assemblée clairsemée, essentiellement composée de têtes blanches, on notait la présence de représentants du monde associatif et sportif, invités par le préfet, et de représentants de l’État (police, gendarmerie, armée, Éducation nationale…). En plus du maire de Valence, à la tribune aux côtés du préfet, seuls cinq élus de la ville assistaient au débat (Zabida Nakib-Colomb, Saïd Zakar, Meryem Esen-Aksu, Michèle Magny-Clément et Khadra Yahia-Benattia). Les Verts, le NPA et l’Astiv (association de solidarité avec tous les immigrés) distribuaient des tracts à l’entrée de la salle contre la tenue de ce débat. « En France, c’est davantage l’État qui a fait la nation, alors que dans les autres pays c’est le contraire » a introduit Alain Maurice, le maire de Valence, « La France assimilatrice est un pays d’immigration qui s’ignore, dit-on, mais est-ce que cette capacité assimilatrice est toujours de mise ?».

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Eric Besson décrié
Le ministre de l’immigration, Eric Besson, en a pris pour son grade, beaucoup de personnes se disant gênées de participer à un débat lancé par cet homme. Malgré le malaise causé par ce débat chez plusieurs personnes, de nombreux propos ont néanmoins été échangés pendant deux heures. Les représentants du monde sportif ont souligné que dans le sport on ne tient plus compte de l’origine de telle ou telle personne mais seulement de sa réussite, et ils souhaitaient qu’il en soit de même dans la nation. Était aussi soulignée l’importance de l’accès au travail. « Si il y a des gens qui ne peuvent s’habituer à nos lois, ils n’ont qu’à quitter ce pays » a dit quelqu’un dans la salle. « Vous êtes très sévère » lui répondra le colonel du 1er régiment de spahis de Valence, « Mon régiment comprend beaucoup de jeunes issus de l’immigration et leur engagement dans l’armée, ils le justifient par la volonté de servir la France ».
« Ce débat appelle l’inconscient collectif » dira un jeune né en France de parents immigrés du Maghreb, « Je voulais écouter ce débat pour savoir si je suis Français. De votre France, Monsieur Sarkozy, je n’en veux pas, je n’en suis pas. Mes semblables ne se sentent pas Français, ils se sentent rien. Depuis 15 ans, ce pays bascule de jour en jour dans le repli ».

Estelle Prat
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