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Déjà élue au conseil régional de Rhône-Alpes entre 1986 et 1998, Françoise Grossetête est tête de liste régionale de l’UMP-Nouveau Centre-Parti pour les élections de mars prochain. Elle devrait alors cumuler ce mandat avec celui de députée européenne qu’elle exerce depuis 1994. Quelque peu distancée dans les premiers sondages par Jean-Jack Queyranne, la Stéphanoise sait que le scrutin s’annonce « difficile » pour la droite mais reste sereine et déterminée.
Françoise Grossetête, les premiers sondages pronostiquent une victoire de l’équipe socialiste sortante, est-ce difficile de débuter une campagne dans cette position ?
Vous savez, je préfère cette situation car l’an dernier avant les Européennes, les commentateurs politiques me prédisaient un échec cuisant à cinq mois du scrutin et notre liste l’a emporté largement dans le grand Sud-Est avec près de 30 % des voix. C’est certain que cette élection va être difficile mais j’ai la chance d’avoir une équipe formidable avec moi et on va se battre pour réussir.
Les querelles et divisions des dernières semaines sont désormais oubliées ?
Les constitutions de listes posent toujours des problèmes et ce dans tous les partis politiques. Il y a toujours des satisfaits et des mécontents. Mais notre force, c’est d’avoir eu ces discussions avant le véritable début de la campagne car la majorité présidentielle se présente à ces élections avec des listes entièrement rassemblées autour de notre projet et l’équipe du premier tour sera la même à se présenter au second devant les électeurs. Ce ne sera pas le cas pour la gauche pour qui les tractations risquent d’être difficiles entre les deux tours.
Il semble cependant compliqué de mobiliser les électeurs pour une élection comme les Régionales car les régions souffrent d’un déficit d’image. A l’heure du débat sur l’identité nationale, peut-on parler d’une identité régionale ?
Si on pense Rhône-Alpes, l’identité ne semble pas acquise spontanément comme cela peut être le cas pour l’Alsace ou la Bretagne. Nous sommes plutôt une fédération de territoires différents comme la vallée du Rhône, les Alpes ou les contreforts du massif central. Mais petit à petit, on arrive à construire une certaine identité. Nous avons de grands centres urbains comme Lyon ou Grenoble qui ne sont capables de devenir des métropoles qu’en profitant des richesses des territoires alentours qui sont très dynamiques. L’identité rhônalpine se construit grâce à l’addition des talents et des savoir-faire.
La réforme territoriale qui rend les régions plus fortes peut y aider ?
Absolument. Cette réforme ne peut que permettre de donner plus de visibilité à Rhône-Alpes.
Rhône-Alpes qui va disposer d’un nouveau siège dont le montant devrait dépasser 200 millions d’euros, un chiffre qui vous semble trop élevé ?
S’il est incontestable que la Région avait besoin de nouveaux locaux, le projet de Confluence ne me semble pas pertinent. Le site de Charbonnières, où il y a des espaces disponibles, aurait pu faire l’objet de travaux. Cela aurait été moins onéreux car là le coût des travaux ne cesse d’augmenter et dans cette période, il y avait sans doute d’autres choses à faire avec le budget de la Région. Par ailleurs, le choix de Confluence n’est, selon moi, pas le meilleur. Certes, je suis favorable au développement du grand Lyon autour de Confluence mais cela ne me semble pas être la place du siège de la Région. Le choix de terrains autour de l’aéroport Saint-Exupéry aurait été plus pertinent.
Parmi les compétences majeures des régions figure le transport ferroviaire. A ce titre, pensez-vous que des améliorations puissent être apportés concernant les TER ?
Il est indéniable que des efforts ont été faits à ce niveau et particulièrement sous la présidence d’Anne-Marie Comparini entre 1998 et 2004. Mais le nombre de créations de places n’est pas suffisant et des améliorations sont à apporter au niveau du cadencement. Par ailleurs, la Région a beaucoup pensé au transport domicile-travail en oubliant les étudiants qui prennent beaucoup le train les week-end pour rentrer chez eux alors que le nombre de trains est réduit à ce moment là. C’est dommage de pénaliser la clientèle jeune. Beaucoup d’autres domaines sont à améliorer. Je pense par exemple au stationnement autour des gares car tout le monde n’habite pas à quinze minutes d’une gare. Le train sera une de mes priorités. On voit particulièrement l’intérêt de ce mode de transport en ces temps de fortes neiges.
Soutenez-vous le Lyon-Turin ?
Oui et je le soutiens déjà en tant que députée européenne. Cela ne peut être qu’un atout notamment en prévision de la candidature d’Annecy aux Jeux Olympiques d’hiver 2018. D’ailleurs, si la ville est choisie, cela peut être un bon moyen de montrer que l’organisation d’un tel événement et le développement des infrastructures qu’elle implique, peut se concilier avec la protection de l’environnement.
Puisque vous évoquez l’environnement, comptez-vous vous engager dans la réhabilitation durable des logements existants ?
Bien sûr, l’efficacité énergétique est essentielle. Cela demande beaucoup d’investissement mais au bout du compte, on est forcément gagnant. D’ailleurs, on doit en tenir compte pour la réhabilitation des logements anciens ou des lycées par exemple mais aussi pour toutes les constructions futures.
Au niveau économique, des bassins d’emploi tels le Nord-Ardèche, la Drôme avec la crise du textile, sont durement touchés. Préconisez-vous des mesures spécifiques pour ces territoires ?
Je rencontre beaucoup de chefs d’entreprise. Tous me disent que la politique trop socialisante de la Région a compliqué les procédures contractuelles qui ne portent pas les fruits qu’elles devraient. Les patrons de PME ou de PMI ont des contraintes. Il faut les écouter plutôt que leur imposer des modèles standard. On va faire du sur-mesure plutôt que du prêt-à-porter pour aider les entreprises afin d’éviter des procédures trop lourdes.
La formation professionnelle, qui est une des compétences des régions, peut être un levier efficace pour l’emploi ?
Tout à fait et il faut mettre tous nos efforts de ce côté là, ce qui n’a pas été vraiment fait lors du mandat de la gauche. Nos jeunes ne doivent pas être laissés de côté. Il faut être capable de leur offrir des formations par apprentissage efficaces et leur donner envie d’être leur propre patron.