Pas de légende pour cette photo
Aux sources de la musique africaine.
Le groupe Kaluwo a d’abord été un duo, depuis 2004, celui de Marlène N’Garo et de Christophe Bégaud, tous deux ayant des liens originels avec l’Afrique. Née en Centrafrique, Marlène a appris le chant, la guitare et le piano dans les chorales. Toute son enfance a été bercée par les ambiances et chants pygmées, proches de la nature. Métis de par les origines sénégalaises de sa mère, Christophe a appris très tôt le piano et la guitare. Attiré par la culture noire au travers de la musique, c’est à partir de l’adolescence et de voyages en Afrique de l’ouest qu’il a découvert les secrets de la flûte et des percussions, et qu’il s’est passionné pour le chant de la tradition griotique mandingue.
Jean-Baptiste Biousse les a rejoints en 2008. Il a fait des études musicales au Conservatoire de Romans, où il a appris la batterie et les percussions. Depuis longtemps attiré par les musiques africaines, il n’avait pas l’occasion de les pratiquer, jusqu’à ce qu’un projet commun avec Marlène lui permette ensuite d’intégrer le groupe. Tous trois sont par ailleurs intervenants dans diverses Ecoles de musique, et ils animent aussi régulièrement des stages (de chant polyphonique pour Marlène, de percussions africaines pour Christophe, et de batterie et Batucada pour Jean-Baptiste).
Leur musique se veut représentative de leur interculturalité, et une vision de diverses musiques africaines aujourd’hui. Leur second album, qui vient de sortir, « Aux racines de la mémoire », est un voyage dans plusieurs pays d’Afrique : par exemple, deux chansons sont en langue dioula (Mali, Guinée, Burkina Faso). Christophe fait régulièrement des voyages en Afrique de l’ouest pour faire traduire des textes. Les musiques elles-mêmes passent du blues du Sahel à la rumba africaine, des bruits de la forêt centrafricaine, avec influences pygmées, au soukouss du Congo. Et les chants véhiculent des valeurs traditionnelles et universelles.
« Aux racines de la mémoire », c’est aussi un retour aux origines de la mémoire, à travers la musique et le rythme qui s’impriment littéralement dans le corps depuis des millénaires par les vibrations des sons, à travers aussi la tradition orale et tout un travail sur les onomatopées. L’ensemble apporte un album plutôt surprenant, mais très réussi, qui ne correspond pas forcément à l’idée que se fait le grand public de « la musique africaine », faite pour danser et bouger. Kaluwo montre ici tout l’univers musical, toute la profondeur qu’il y a aussi dans les musiques africaines : beaucoup de calme, de sérénité, mais aussi de chaleur, de gaieté et de convivialité. Et si les influences sont diverses, l’album garde, dans sa composition et à travers les arrangements soignés de Franck Mercier, une tonalité d’ensemble très rafraîchissante.
Kaluwo sera présent pour un show à Radio M le 26 mars, et également à la Médiathèque intercommunale en avril (date encore à préciser). Le trio sera aussi en concert à Nyons à La Cigale le 9 avril.