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Myriam Combet est tête de liste du Nouveau parti anticapitaliste pour la région Rhône-Alpes.
Elle fait campagne pour une gauche « indépendante et radicale ».
Pourquoi le NPA a fait le choix de partir seul au lieu de se marier avec le Front de gauche ?
Nous avons eu beaucoup de réunions unitaires avec le Front de gauche mais pas que… Et nous ne sommes pas parvenus à un accord, car nous ne sommes pas dans la même logique. Eux sont pour des majorités de gestion, avec des accords pour le second tour avec le Parti socialiste. Or, compte tenu du bilan que l’on peut faire de la gestion de la gauche plurielle dans les régions, nous ne sommes pas favorables à ce type d’accord avec le PS qui est un parti social libéral. Les mesures qui ont été prises ne nous semblent pas aller vers la satisfaction des besoins sociaux.
Vous qui avez passé un mandat au côté de Jean-Jack Queyranne dans l’assemblée, vous n’avez donc pas réussi à faire entendre votre voix ?
Je suis dans une situation un peu particulière, puisqu’avant, j’appartenais à la majorité quand j’étais membre du Parti communiste et j’ai rompu avec le PC. J’ai quitté le groupe communiste au conseil régional pour ne plus me situer dans la majorité sociale libérale de Jean-Jack Queyranne. Je pense que quand on est dans des exécutifs et que l’on a des vice-présidences, on est obligé de voter pour un certain nombre de mesures contre lesquelles, par ailleurs, on se bat dans la rue.
Vous voulez dire que l’on est obligé de « s’asseoir » sur ses convictions ?
C’est ce qui se passe quand on est avec un PS dominant. Prenez par exemple, la subvention de 7 millions d’euros accordée au groupe Pierre et Vacances pour l’aider à implanter un Center Park dans une commune du Nord de l’Isère. Je rappelle que Pierre et Vacances est un groupe important qui est côté en bourse et dégage des bénéfices. Il y a aussi eu l’entrée de la Région dans le capital d’une société privée comme Euronews. Il y a encore eu des exonérations de dettes pour un certain nombre d’entreprises qui doivent de l’argent à la Région et qui ne pouvaient pas rembourser.
Mais si vous ne voulez pas participer à la gouvernance de la Région, en quoi votre présence est importante ?
La présence d’élus du NPA dans les institutions permet de faire entendre une autre voix : celle d’une gauche indépendante et radicale. Cela sert aussi à appuyer les mobilisations. Nous ne sommes pas là pour gérer le système mais pour le changer. On veut que les institutions soient des points d’appui pour les luttes. En 2004, les présidents de régions de gauche avaient dit : « nous serons des contre-pouvoirs au gouvernement de droite ». Le problème, c’est que les régions de gauche ne se sont pas opposées frontalement au gouvernement, alors qu’elles avaient le rapport de force et qu’en plus, elles ont accompagné les politiques libérales.
Dans votre programme figure la gratuité des transports de proximité… Comment mettre en place cette mesure ?
On part du postulat qu’il faut en finir avec le capitalisme, car il y a derrière une logique de profit qui fait que ça détruit l’environnement que les gens sont obligés de vivre loin de leur travail… La gratuité des transports allie l’urgence sociale et l’urgence écologique. La mobilité qui doit être un droit reconnue est freinée parce qu’il y a un coût des transports trop important. On souhaite développer plus massivement les transports collectifs et en particulier les TER pour qu’il y ait un maillage du territoire plus serré. La SNCF a fermé les petites gares et nous on militera pour la réouverture de ces petites gares et de ces petites lignes.
La Région a les moyens de développer les TER et les transports sans augmenter les impôts ?
C’est une question de choix. Le budget de la Région, c’est 2,5 milliards d’euros. La gratuité des transports, c’est 200 millions, soit 10 % du budget.
Sur l’agriculture, quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
On part du constat que les paysans n’arrivent plus à vivre de leur travail. On veut soutenir l’agriculture de proximité, l’agriculture paysanne et biologique pour développer les filières courtes. Il faut soutenir les agriculteurs qui veulent s’engager dans le Bio et c’est important de permettre à la restauration collective de pouvoir bénéficier de ces produits de qualité. Or, ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui parce que la Région a délégué par exemple la gestion de la restauration scolaire à des gros groupes.
Concernant le logement, quelles sont vos positions ?
Dans un contexte de crise du logement social, on propose de soutenir la production de logements sociaux et non de logements intermédiaires pour les familles qui sont dans la plus grande difficulté aujourd’hui.
Votre objectif chiffré pour cette élection, c’est quoi ?
Le maximum de voix possibles… Pour nous, c’est important d’obtenir des élus, de faire entendre notre voix et de rester indépendant du Parti socialiste.
Et pour le deuxième tour, qu’elle sera votre position vis-à-vis du Parti socialiste ?
On aurait pu éventuellement envisager un accord technique pour le second tour. Mais Jean-Jack Queyranne a déjà pris sur sa liste des personnes affiliées à l’UMP, comme le maire du Grand-Bornand qui est membre du Parti radical. On fait le constat que Jean-Jack Queyranne préfère se tourner vers sa droite que vers sa gauche. Est-ce une surprise pour nous ? Je n’en suis pas sûr…