• Mardi 23 mars 2010 à 0h18

Chabeuil - De retour d’Haïti…

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Rencontre avec Stéphane Planta, sapeur-pompier volontaire au centre d’incendie et de secours de Chabeuil et membre de l’AAIP (aides actions internationales pompiers).
Dans quelles conditions êtes-vous parti en Haïti ?
Averti par message d’alerte quelques heures seulement après le séisme dans la nuit du 12 au 13 janvier dernier à Haïti, les membres du bureau de l’AAIP ont décidé l’envoi d’une équipe de secours et se sont mis rapidement à la recherche de fonds nécessaires. Le mercredi matin, j’ai reçu un message m’indiquant la mise en place d’une équipe avec un départ le soir même.
Pas d’hésitation ?
Je venais de voir les premiers reportages aux infos sur internet et sans hésiter, j’ai répondu positivement. Il a fallu remédier à plusieurs problèmes et le temps de trouver les fonds nécessaires, j’ai quitté Chabeuil le vendredi soir à minuit. Nous sommes arrivés à l’aéroport de Saint-Domingues (à 200 km d’Haïti) à 21 h 30.
Et sur place, comment s’est déroulée l’arrivée ?
Après deux heures de « paperasse » et après la récupération du matériel, nous nous sommes installés dans une partie de l’aéroport pour nous reposer un peu. Ensuite, nous avons rejoint une base militaire où nous avons passé la nuit à la belle étoile. Le lundi matin, à bord d’un petit avion de l’armée dominguaise, nous avons rejoint une autre base militaire.
Et l’arrivée sur les lieux de la catastrophe ?
Le lundi soir, nous sommes partis rejoindre la ville de Jacmel, située à 80 km au sud de Port-au-Prince. Arrivés sur place, les Nations Unies nous accompagnent vers leur camp qui se trouve dans la ville. De l’arrivée sur place, je retiendrai cette image : des dégâts de toutes parts et tous les gens dans les rues. Nous nous sommes mis au travail dès le lendemain.
Vous étiez dans la ville ?
Nous avons fait le tour du village et rejoint les maisons dans les montagnes accessibles uniquement à pied ou en 4×4. Nous avons évacué une femme grièvement blessée au bras vers l’hôpital de Jacmel. La réalité a été très violente avec un spectacle de désolation et des gens à même le sol avec des plaies graves, sans soins… Puis nous avons visité un camp de réfugiés au centre du village, le camp de « Pinchinat » où nous avons dressé une tente le reste de la semaine afin de soigner les victimes.
Y en avait-il beaucoup ?
Avec un rythme de 140 blessés par jour, les journées étaient bien remplies. Tout au long de la semaine, nous sommes restés autonomes. Nous étions pris seulement en charge le soir par les membres du PAM (programme alimentaire mondial) qui nous avaient mis à disposition une tente et des sanitaires.
Quel est le souvenir le plus fort de cette période ?
Les plus forts moments sont certainement le sauvetage de la petite Élisabeth (21 jours) découverte au bout de sept jours, coincée dans les décombres et en vie. Il y aura ensuite un accouchement dans notre tente d’une femme qui descendait des montagnes, ne voulant pas rejoindre l’hôpital, préférant être accouchée par les Français.
Comment revient-on ? Dans quel état d’esprit ?
Le retour en France est un peu dur car en partant de Jacmel, on avait l’impression de laisser des gens dans la misère et que notre mission avait un goût d’inachevée. Toutefois, une relève s’est rendue sur les lieux. D’autres ont suivi et à ce jour une équipe est encore présente sur place. Pendant deux jours, j’avoue que j’ai eu un peu du mal à m’exprimer et aujourd’hui, je vois la vie autrement. Il ne passe pas trois jours sans que j’ai une pensée pour Haïti. Le stress quotidien, les petits tracas de tous les jours, ici, ne sont rien quand on pense à la misère et à la désolation de là-bas.
Comptez-vous y retourner ?
Je l’espère, si des missions sont encore possibles et si les fonds nécessaires sont là. Il faut quand même savoir que c’est du bénévolat et que le temps est pris sur mes congés personnels.
Un dernier mot ?
Pour finir, je voudrais faire un appel à la générosité des gens afin que notre association puisse encore longtemps porter secours dans le monde. Merci de faire parvenir vos dons à l’adresse suivante : siège social AAIP, service départemental d’incendie et de secours de la Drôme, 237 route de Montélier, BP 147 26005 Valence (Tél. : 06 33 06 01 01. Fax : 04 75 00 61 19) ou www.aaip.fr

Propos recueillis

par Ghislain DIDIER

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