• Samedi 27 mars 2010 à 0h25

« Nous nous attelons à un atlas des oiseaux de France »

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Rencontre avec un naturaliste, François Arod, président de la Ligue de protection des oiseaux Drôme, qui se penche sur les différentes études menées par l’association.
Comment fonctionne la ligue de protection des oiseaux (LPO) Drôme ?
François Arod : C’est une association loi 1901. Il y a un an, nous étions un centre ornithologique Rhône-Alpes (CORA). Aujourd’hui, nous faisons partie de la LPO nationale ? Nous avons choisi d’être présent au-delà de Rhône-Alpes afin d’être plus efficace en matière de protection de la nature. En qualité de naturaliste, nous réalisons des études sur la faune sauvage. Nous intervenons en tant que partenaires techniques et scientifiques auprès de nombreuses instances officielles, la préfecture, la direction départementale de l’agriculture et de la forêt (DDAF), le Conseil général… LPO Drôme compte 300 bénévoles et 6 salariés. Ces chargés d’étude sont sous la responsabilité du C.A. de l’association et sont rémunérés grâce aux travaux commandés et financés par le Conseil général, la Région, la DDAF et l’Europe. Après avoir dressé un état des lieux, nous proposons des plans de gestion pour que le milieu naturel soit préservé au mieux. L’épanouissement de la faune et de la flore en dépend.
Qu’en est-il des combats que vous menez ?
Entre autres études, nous suivons les chamois et les bouquetins dans le Vercors, le Diois et les Baronnies. Ils représentent un atout touristique. Il est interdit de chasser le bouquetin. Pour ce qui est du chamois, nous souhaiterions qu’il jouisse de cette même liberté. Sur la Drôme, deux permanents suivent les chauves-souris grâce à des émetteurs placés sur ces mammifères insectivores, ceci dans le cadre d’un inventaire commencé en 2008. Nous sommes les seuls à étudier ces espèces. Plus d’une vingtaine évolue chacune dans un milieu qui lui est propre. Une étude importante a été menée dans une grotte de Suze-la-Rousse et un film a été réalisé et présenté au Conseil général. Côté chauve-souris, entre autres actions, nous interdisons parfois l’accès des grottes au public pour préserver l’espèce. Nous nous intéressons également aux éoliennes. Les palles créent une dépression qui tue les chauves-souris en plein vol sans les avoir touchées. Nous ne sommes pas hostiles aux éoliennes, nous sommes pour les énergies renouvelables. Nous sommes là avant tout pour étudier l’impact que cette énergie a sur les espèces vivantes. Par le biais d’une étude Tête en l’air (TEA), nous assurons aussi un suivi sur la migration des oiseaux à Pierre Aiguille au dessus de Tain pendant 3 mois. En matière de protection de la nature, il faut être compétent et organisé. Nous avons élaboré un Suivi temporel des oiseaux communs (STOC) en partie financé par le parc naturel du Vercors. Nous sommes en lien avec le muséum d’histoire naturelle de Paris pour cette étude.
Avez-vous une actualité particulière ?
Oui. Nous avions réalisé un atlas des oiseaux de la Drôme. Actuellement, nous nous attelons à un atlas des oiseaux de France. Il sortira en 2012 et sera accessible à tous, scientifiques et autres. La faune sauvage est un bien commun. Nous lançons des études afin de la connaître et de la protéger. Pour cela, nous avons besoin de tout le monde, du randonneur au jardinier qui renonce à utiliser des insecticides… C’est un état d’esprit à adopter par l’ensemble de la population. Nous sommes en pleine période de Copenhague. C’est exactement la même chose pour la nature, ce n’est pas du blabla, chacun peut agir.
Annie Mura

LPO Drôme – Domaine de Gotheron à St-Marcel-lès-Valence
04 75 57 32 39

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