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Christophe Bonin, directeur du Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives, conte par le menu « Les mille et une nuits » estivales
de ce lieu magique.
Quels sont les temps forts des « Mille et une nuits du Palais Idéal» ?
Christophe Bonin : On a démarré l’aventure en 2003 avec seulement deux concerts. Cet été, se déroulent jusqu’au 7 août, Jazz au Palais, Les Musicales du Palais et La Nuit du Facteur. Le 24 juin, le trio Charlier/Sourisse/Egéa invite Sara Lazarus pour un hommage à Chet Baker, une création exclusive pour Jazz au Palais. En bonus, un morceau original composé par Benoît Sourisse est joué en l’honneur du facteur Cheval et chanté par Sara Lazarus. Les Musicales du Palais tiennent de la musique mais aussi et surtout de la rencontre d’un artiste avec le lieu. Depuis toujours le Palais, en tant qu’œuvre, cristallise des rencontres. L’idée est née avec Charlélie Couture, invité en qualité d’artiste plasticien. J’essaie de faire partager cette notion, qu’avec des hommes comme Charlélie, Jean-Louis Murat… Sheller (programmé le 24 juillet), cela fonctionne dans ce lieu, il se passe quelque chose, une alchimie. Nouveauté parmi d’autres, « Hommage à Aragon avec Bernard Lavilliers ».
De quels soutiens bénéficiez-vous ?
On a un soutien précieux de la part du Département, de la Région ainsi que de la commune. Sans oublier La Poste et les producteurs de Crozes-Hermitage, partenaires historiques, financiers et humains dans cette aventure. Pourquoi ce choix musical ? Il y a un certain nombre d’éléments qui me semblent communs entre la démarche des musiciens afro-américains et celle de Ferdinand Cheval, des contemporains. Pour les premiers, la musique constitue un moyen d’expression voire de revendication sociale. Les bluesmen inventent avec un morceau de ficelle et un bidon. Le second existe par la création de son Palais. « J’ai voulu prouver que dans ma catégorie, il y a aussi des hommes de génie » dira-t-il. Par « catégorie », il entendait paysan et fils de paysan. Pendant que les uns ramassaient du coton, Ferdinand ramassait des pierres. Tous partagent un rêve de liberté, un chant d’espoir. Certains musiciens n’ont jamais appris la musique. Ferdinand n’a jamais appris l’architecture. Cela correspond à un élan titanesque concrétisé par un rêve au milieu de nulle part.
Quel est votre coup de cœur ?
Al Deloner. Je me régénère par des rencontres. J’ai apprécié sa musique, j’en ai parlé… J’ai craqué pour ce mélange de pop, folk, blues d’une rare élégance. Je me dois d’être astucieux. De fil en aiguille, je me suis même rendu à l’ambassade de Norvège à Paris. J’ai appris qu’il y avait un service culturel… « C’est bien que des gens aient des “craqueries” comme toi » me dit-on souvent.
Les Musicales du Palais
Samedi 17 juillet à 21h : The Nits.
Samedi 24 juillet à 21h :
William Sheller – piano solo.
Samedi 31 juillet à 21 h : Al Deloner
La Nuit du Facteur Cheval – samedi 7 août à 21h : Lectures et concert de Bernard Lavilliers.
Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives – 04 75 68 81 19 – www.facteurcheval.com
Visite gratuite du Palais Idéal en journée avec le billet de concert.