ENVIRONNEMENT

•  LEHEMBRE Cyril • Samedi 9 juillet 2011 à 0h30

La subvention qui ne fait pas l’unanimité

Des travaux de rénovation sont en cours au camp Vanier.

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    Des travaux de rénovation sont en cours au camp Vanier.

Vassieux-en-Vercors – 25 000 euros d’aide pour le camp Vanier ont été accordés par le conseil général.

Dans un communiqué de presse du 20 juin, le Conseil général de la Drôme informe que l’assemblée départementale a décidé, « compte tenu de l’impact touristique de cette activité » d’allouer « une subvention d’investissement de 25 000 euros » au camp Vanier. Le même communiqué précise : « une aide qui porte sur certains aménagements réalisés dans le camp (rénovation de la grange, installation d’une fosse sceptique et d’une chaudière à bois). En contrepartie, Nicolas Vanier s’engage à promouvoir le Département de la Drôme et plus particulièrement les stations du Vercors au travers de ces diverses activités. Une convention de partenariat a été signée ».

À l’image de commerçants, professionnels du tourisme et habitants du village de Vassieux-en-Vercors notamment, les propriétaires de l’Hôtel du Tétras-lyre soutiennent activement cette décision : « nous avons de très bonnes relations professionnelles et amicales avec le Camp Vanier. La subvention qui leur été accordée nous semble justifiée, compte tenu de tous les investissements d’améliorations et d’agrandissements qu’ils ont faits depuis leur arrivée, tout en gardant un esprit écologique. Beaucoup de personnes viennent sur Vassieux soit par curiosité, soit pour pratiquer des activités avec eux, et du coup s’arrêtent au village. Les retombées commerciales sont positives pour nous et la commune. »

D’autres professionnels du tourisme sont surpris par la démarche du conseil général : « Je ne comprends pas que dans la même enveloppe on puisse mélanger de l’argent destiné à une action de communication et une aide aux investissements. Aides qui sont normalement octroyées par le conseil général dans un cadre réglementaire très précis. ». Certains habitants n’acceptent pas cette utilisation de l’argent public jugée comme « dépensé inutilement » ; d’autres remarquent « qu’il n’y a pas d’égalité de traitement » dans les critères d’attributions d’une subvention. Un sentiment « d’injustice » qui pousse un commerçant à s’exprimer : « s’ils sont hors des clous, les pauvres ont des amendes, les riches des subventions. On peut dire que le Vercors est une chance pour Nicolas Vanier et non l’inverse !  » D’autres relèvent une forme de « clientélisme » de la part des élus : « cette histoire laissera des traces politiques et nos élus devront s’expliquer. Les personnes souhaitant développer le tourisme par une succession de passe-droit, obtenu par des amis politiques représentent un réel danger pour l’avenir du Vercors ».


Une subvention sous condition


Claude Vignon, conseiller général du Vercors, qui a voté cette subvention, s’explique : « Le Camp ne bénéficiera pas de passe-droits. La subvention d’investissement votée est une aide de droit commun et sera versée à l’issue des travaux, à la condition que tout soit fait en accord avec les différentes réglementations. Oui je pense que le nom de Nicolas Vanier peut apporter des retombées pour notre territoire. »

Des arguments qui ont du mal à convaincre une partie de la population. C’est le cas d’Éric Charron (vice-président de l’association des professionnels des activités de pleine nature du massif du Vercors) : « depuis près de 25 ans, de nombreux professionnels du massif du Vercors pratiquent le tourisme nature et nombreux ont été pionniers dans le domaine et tous l’on fait avec professionnalisme. Cette aide apportée par le conseil général au Camp Vanier, qui jusque-là a brillé pour son manque de professionnalisme, est choquante voir insultante pour nous. »

Compte tenu du climat dans lequel s’est déroulée et se poursuit l’installation du Camp Nicolas Vanier, personnage médiatique certes, mais personnage, également, dont « l’intégrité écologique » et les méthodes sont contestées par certains, cette décision du département de la Drôme aurait sans doute mérité plus de transparence et d’explications, afin d’apaiser une ambiance parfois très lourde, si loin de la sérénité des grands espaces naturels et du bon air pur de Vassieux-en-Vercors.


Gil Borel (Clp)

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