ÉGLISES

•  LEHEMBRE Cyril • Samedi 3 septembre 2011 à 0h45

De Vanuatu au Congo

Claude Willer va renouveller son expérience d'enseignement au Congo.

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    Claude Willer va renouveller son expérience d'enseignement au Congo.

Le Drômois Claude Willer part en Afrique avec la délégation catholique de coopération. Il est ingénieur de formation. Il aurait pu s’offrir une retraite dorée, après une existence confortable et un gros salaire à la clé. Mais c’est auprès des plus démunis que Claude Willer a choisi de vivre. Aujourd’hui âgé de 57 ans, il part lundi 5 septembre pour le Congo Brazzaville, comme volontaire de la délégation catholique pour la coopération. Ce Drômois d’adoption, qui a vécu 21 ans au Poët-Laval, en Drôme provençale, où il a travaillé en tant qu’éducateur auprès de jeunes toxicomanes en grande difficulté, a eu le « flash », au tout début des années soixante-dix, alors âgé d’une vingtaine d’années.

« Au lieu de faire un service militaire classique, je me suis engagé dans la coopération », se souvient cet Alsacien de naissance. « C’était deux ans à l’époque. Compte tenu de mes compétences scientifiques, je suis parti enseigner à l’institut national du pétrôle en Algérie. Cela a été une belle expérience, qui m’a ouvert à un autre monde, une autre culture et m’a obligé à cultiver mes rapports à la différence. De culture catholique, j’ai senti que cela avait une très forte résonnance en moi. À mon retour en France, j’ai voulu entrer dans la vie religieuse chez les frères de l’évangile de 1979 à 1987, où j’étais ouvrier, mais c’était le contact avec les autres qui me correspondait le mieux. Je suis resté laïc ».

En 1987, Claude Willer est embauché au Poët-Laval et se rapproche encore des jeunes. Un métier difficile, mais qui renforce encore la vocation de cet homme toujours désireux de faire grandir l’homme et de l’aider à dépasser ses difficultés.


Renoncer à un salaire


Toutefois comme la fibre du voyage – ou peut-être plus encore du « pèlerinage » – tarode cet enseignant dans l’âme, il décide de partir à l’étranger. La solution possible : devenir volontaire pour la délégation catholique pour la coopération (DCC). Cela veut dire renoncer à un salaire, et mettre le bénévolat au centre de sa vie, en se mettant au service des autres. Le virage est pris à la fin des années deux-mille. Le quinquagénaire fait sa demande à la DCC et choisit de partir dans le Pacifique à Vanuatu, où il entre dans un lycée catholique dépendant du diocèse de Port Vila.

« Lorsqu’on intègre la DCC, on se met quasiment gratuitement au service du mouvement et de son œuvre », explique-t-il. « On est nourri et logé sur place, avec un petit défraiement, généralement d’une centaine d’euros, mais la priorité c’est la mission auprès des autres. La mission dure au minimum deux ans au maximum dix, puis l’on change de pays ».


Le quotidien des plus pauvres


En décembre 2010, son contrat terminé, Claude Willer revient en France pour s’occuper de sa mère âgée en Alsace, en attendant sa nouvelle destination, qui débute lundi prochain : le Congo.

« Je serai à deux heures de route de Brazzaville, en pleine campagne, dans la mission de Voka », annonce-t-il. « Ce sont les frères marianistes qui la gèrent, je logerai chez eux. À 200 mètres de là, il y a l’école primaire et le collège où j’enseignerai les sciences de la vie et de la terre. Je partagerai le quotidien des plus pauvres ». Une nouvelle vie jusqu’en 2013, au moins.


Cyril Lehembre

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