ÉCONOMIE

•  Fournier Julie • Vendredi 30 septembre 2011 à 0h52

Vanatome a ouvert la bonne vanne

Le spécialiste de la robinetterie nucléaire Vanatome, qui vient d’être racheté par le groupe français Daher, prévoit de doubler ses effectifs d’ici 4 ans. Ils étaient nombreux à être intéressés par le rachat de la PME drômoise Vanatome, dernier robinetier nucléaire à capitaux 100 % français basé à Saint-Vallier, qui conçoit, produit et commercialise des vannes pour le nucléaire civil et militaire.

Pas moins d’une quarantaine de groupes industriels mondiaux se sont en effet présentés. Il faut dire que l’entreprise drômoise créée en 1978 connaît depuis quelques années une croissance exponentielle, son chiffre d’affaires passant de 5,5 à 20,4 M€ entre 2005 et 2011, et son effectif de 36 à 120 salariés.

Une évolution qui s’explique par un investissement massif en recherche et développement engagé par Jean-Marc Husson qui a racheté l’entreprise en 2005. En quelques années, la société a donc acquis un certain niveau et surtout la confiance de ses clients qui ne sont autre qu’EDF, Areva ou Alstom pour ne citer que les plus connus.

Des clients qui assurent une certaine croissance à la PME drômoise mais qui ont fait comprendre à Jean-Marc Husson qu’il serait dans l’intérêt de l’entreprise d’intégrer un groupe industriel pour gagner en solidité financière et conserver la confiance établie.


Acquisition par le groupe Daher


A un intérêt purement personnel, Jean-Marc Husson, qui aurait pu poursuivre l’activité en « indépendant », a privilégié l’intérêt de l’entreprise et de ses salariés « qui sont à l’origine de la réussite de la société ». C’est d’ailleurs aussi dans l’intérêt de son personnel que le Pdg a finalement choisi de revendre Vanatome à un industriel français, en l’occurrence le groupe Daher.

Equipementier intervenant dans les secteurs de l’aéronautique, du nucléaire, de la Défense et des industries, Daher est un groupe familiale depuis 1863 qui affiche un CA de 800 M€ pour 7 200 salariés à travers le monde (présent dans une cinquantaine de pays). Le rachat de Vanatome, effectif depuis le début du mois de septembre, correspond à la stratégie du groupe qui a pour ambition de développer sa branche nucléaire.


50 M€ de CA pour 2015


L’objectif pour ce nouvel acquéreur est de maintenir la stratégie développée jusqu’ici par Jean-Marc Husson à qui le groupe Daher a d’ailleurs demandé de continuer à diriger l’entreprise. L’industriel drômois, qui conserve 5 % de parts, s’est engagé à rester jusqu’en 2015 et devient donc directeur général délégué de la holding Daher fluids (qui chapeaute Vanatome et Verdelet, entreprise située à Neuvielle-les-Dieppe en Seine-Maritime qui appartenait aussi à Vanalliance, la holding dirigée par Jean-Marc Husson, et qui a également été rachetée par Daher).

En matière de chiffres, l’ambition est d’atteindre les 50 M€ de CA en 2015. Un objectif qui peut paraîre ambitieux mais que Jean-Marc Husson estime tout à fait réalisable : « Malgré Fukushima, l’industrie nucléaire française, qui insiste sur les notions de sécurité, se renforce. Les projets de centrales nucléaires en Europe et dans le monde se multiplient, ce qui va générer une forte activité pour Vanatome, en plus d’une augmentation en gamme des produits. »


Plus d’une centaine d’emplois créée


Pour accompagner cette croissance, Vanatome, qui emploie actuellement 120 salariés, envisage de passer son effectif à 220 personnes d’ici 2015. Et en matière de recrutement, Jean-Marc Husson ne compte pas changer de méthode, privilégiant les demandeurs d’emplois et les locaux, mais aussi les jeunes (Vanatome compte 8 à 10 % d’étudiants en alternance) et les handicapés (8% de l’effectif).

Une mixité sociale également en faveur des femmes, l’entrepreneur employant 50 % de femmes dans les bureaux et 30 % en atelier. Une égalité que la direction applique aussi, et c’est assez rares pour être souligné, au niveau des salaires. « Chez Vanatome on est recruté et promu au mérite » insiste Jean-Marc Husson.


La construction d’une nouvelle usine va commencer


Côté bâtiment aussi il va falloir pousser les murs pour mettre tout ce beau monde.

Après l’extension et la rénovation de quelques 600 m2 (200 m2 de bureaux supplémentaires et 400 m2 d’atelier) et la réalisation d’un parking de 60 places, qui seront finalisées au mois d’octobre, Jean-Marc Husson prévoit la construction d’une deuxième usine de 5 000 m2 à côté de la première, qui devrait débuter au mois de décembre prochain.

Un quart du bâtiment sera occupé par des bureaux et les 4 000 m2 restant par un vaste atelier dédié au contrôle qualité, au montage, aux essais et à l’expédition. Les 2 800 m2 d’atelier de la première usine seront alors consacrés à l’usinage et au soudage.

Un projet de 5 M€ (bâtiment + machines) qui va se construire en deux phases pour une réalisation opérationnelle fin 2014.


Julie Fournier

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