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Rien ne va plus pour les secouristes de Saint-Donat. Le malaise est tel que 18 d’entre eux sur les 20 que comptent l’antenne de la ville ont décidé d’envoyer collectivement leur démission au siège national de la Croix-Rouge. Beaucoup de colère et d’amertume dans les propos de ces volontaires qui s’investissent depuis 30 ans pour certains auprès des personnes blessées et fragilisées.
Comme nombre de structures, privées ou publiques, la Croix-Rouge fait l’objet de restructuration dans la perspective avouée de « rentabiliser » les actions par une diminution du nombre des délégations, permettant ainsi de mutualiser les moyens. Partant de cette décision nationale, celle du pays de l’Herbasse disparaît au profit d’une délégation du Dauphiné, regroupant antennes et structures autrefois indépendantes. Par cette nouvelle sectorisation, Saint-Donat serait rattachée à Romans.
C’est précisément là que se situe le problème. Pour les secouristes, ce rattachement à Romans les ferait revenir à la case départ. En 2007, ils sont partis de cette ville, en raison de graves divergences et querelles de personnes, notamment avec l’un des responsables. De cette « incompatibilité » découle encore semble t-il le départ de certains bénévoles tout récemment. D’où la décision sans appel des secouristes donatiens qui refusent de fusionner dans ces conditions.
Ce qu’ils déplorent, c’est la manière dont se sont décidées les choses. « Sans aucune concertation », affirment t-ils. « Lorsqu’on nous propose deux postes au sein du conseil de délégation, c’est illégal ! On n’a pas le droit de fixer ainsi des quotas. Certaines instances départementales le reconnaissent, mais personne ne réagit pour autant. » Des méthodes inacceptables à leurs yeux.
Eux-mêmes souhaitent plutôt se rapprocher de Saint-Vallier et Saint-Rambert-d’Albon pour créer une délégation Nord-Drôme, et étoffer des délégations existantes en leur prêtant main-forte. Bien qu’ayant reçu l’appui des élus des 17 communes du secteur, ils n’ont pas réussi, contrairement à Saint-Jean-en-Royans, à obtenir satisfaction.
Ils n’ont plus les clés de leur local
Autre raison à leur colère : des méthodes un peu cavalières. Depuis la fin de l’été qu’est née la nouvelle structure à laquelle ils refusent d’adhérer en l’état, leur local est inaccessible. De nouvelles serrures ont été installées dont ils n’ont pas les clefs. Or l’ensemble du matériel qu’ils avaient acquis sur des fonds propres se montant à environ 10 000 € (casques, mannequins…) ou legs (véhicule pour un montant de 25 000 €) se trouve bloqué à l’intérieur des locaux, à moins qu’il n’ait déjà été transporté à Romans ! « Ce matériel, c’est notre patrimoine, progressivement acquis depuis quatre ans et on nous le confisque sans autre forme de procès ! Sans parler de la deuxième moitié du legs que nous n’arrivons pas à faire débloquer. »
« Atteint le point de non retour »
Les protestataires se montrent très inquiets du devenir de l’antenne donatienne qui, si elle ne joue désormais plus de rôle pour sa partie secourisme, assure encore, pour sa partie sociale, les activités de vestiaire et paniers.
Dernier motif de rancœur : l’ampleur des tâches et la non reconnaissance des bénévoles de la base à qui l’on demande d’être de plus en plus professionnels, à côté de gestionnaires salariés visant la rentabilité. « Nous comprenons mal ce double discours », déclarent les bénévoles. « Il ne suffit pas de faire appel à des bénévoles, faut-il encore les garder et pour ce faire tenir compte de leur point de vue et de leurs besoins. Ce sont eux qui vivent le quotidien du terrain. Attention, le bénévolat est fragile. Notre vocation nous fait accepter beaucoup, y compris d’en être de notre poche, mais il y a un seuil à ne pas franchir. Les conditions actuelles ne nous permettent plus de travailler comme nous le souhaitons. Nous avons atteint le point de non retour. » Quelle sera la réaction du siège à la lecture de cette lettre collective de démission ? Affaire à suivre.
Claire Wagner (Clp)