SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Mercredi 19 octobre 2011 à 9h10

Les élus inquiets pour l’avenir des Hôpitaux Drôme Nord

D’un côté, les Hôpitaux Drôme Nord (HDN), issus de la fusion, au milieu des années deux-mille, du centre de Romans et de celui de Saint-Vallier. De l’autre, l’hôpital de Valence. Désormais, un seul directeur va gérer administrativement l’ensemble des trois sites : Jean-Pierre Bernard, nommé par l’Agence régionale de santé et qui a pris ses fonctions le 3 octobre. Une restructuration qui a déjà suscité, au cours de l’été, les inquiétudes du personnel et des syndicats sur le devenir des HDN. Cette fusion administrative interroge aujourd’hui les élus locaux.

« La coopération entre Valence, Romans et Saint-Vallier est nécessaire, mais nous aurions préféré que le travail en cours, celui qui consiste à poursuivre le partenariat des différents services soit rodé, plutôt que ce soit le site central qui pilote tout », explique Henri Bertholet, maire de Romans-sur-Isère et membre du conseil de surveillance des HDN. « Une direction unique à Valence, d’ores et déjà, pose un certain nombre de questions, même si Jean-Pierre Bernard s’est voulu rassurant, en s’affirmant autant directeur de l’un que des autres sites ».

Que ce soit le premier magistrat romanais, Nathalie Nieson maire de Bourg-de-Péage, Jacques Cheval, maire de Saint-Vallier, Alain Genthon conseiller général du canton de Saint-Vallier ou encore Edmond Gélibert, président de la communauté de communes du canton de Bourg-de-Péage, tous tombent d’accord : il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. « Avant d’opérer une quelconque fusion, il faut déjà installer un projet médical de territoire », affirment-ils. « Après on peut juger de l’opportunité ou non d’une direction unique ».

Et Nathalie Nieson de poursuivre : « Tout se passe dans ce pays comme si on s’attaquait d’abord à la question des moyens, en les réduisant, avant de prendre d’abord en compte les objectifs et d’adapter les financements à ceux-ci. On a l’impression qu’il faut rentabiliser d’abord et que l’hôpital est traité comme une entité économique. Or il nous semble important de ne pas jouer à cela avec le secteur de santé, que l’on doit défendre comme service public ».


« Oui à la fusion, non à l’absorbtion »


L’intention des élus locaux est de tout mettre en œuvre pour attirer l’attention de l’État sur l’importance des spécificités de chaque site, complémentaires les unes des autres, et indispensables à l’offre de santé sur le secteur. « À Saint-Vallier, la médecine de réadaptation fonctionnelle, à la pointe dans le Nord Drôme et le service des urgences, qui s’est amélioré, doivent être préservés », souligne Jacques Cheval. « Lors de la précédente fusion avec Romans, on a perdu la maternité, la chirurgie, mais on a gagné en qualité pour d’autres services. Ceux-ci doivent continuer à exister. Mais on peut se poser des questions avec la nouvelle fusion qui se profile, dans la mesure où en plus, le site de Saint-Vallier est vieillissant. On risque de nous demander une remise aux normes dans les mois ou les années à venir ». D’autres, tels Edmond Gélibert pointent du doigt les questions plus « administratives » de trésorerie. « Une trésorerie unique, c’est risqué, elle sera forcément moins adaptée aux besoins réels de chaque site », déclare-t-il.

Et l’ensemble des élus de conclure : « Oui à la fusion, non à l’absorbtion : ce que nous voulons, c’est une synergie de services gagnant-gagnant ».

Cyril Lehembre

VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Les élus inquiets pour l’avenir des Hôpitaux Drôme Nord3.051

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

Réagissez

Réagir à cet article