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Avant de s’installer en janvier 2009 comme professeur d’équitation, Caroline Charbonnel a mené des études de sport pour handicapés et est allée enseigner l’équithérapie au Québec.
De retour en France, elle passe le diplôme d’équitation pour dispenser cette activité et devient éducatrice pour personnes handicapées (mais pas encore dans le domaine de l’équitation), à Annonay et Lyon, avant de devenir institutrice remplaçante.
Depuis longtemps propriétaire de chevaux pour son propre plaisir, elle a pris la décision il y a bientôt 4 ans de venir s’installer sur les hauteurs de Saint-Uze, là ou elle a pu trouver le terrain suffisant pour monter son centre. Le temps de suivre une formation au lycée agricole du Valentin afin de pouvoir devenir agricultrice, et son projet se concrétise. Sa réalisation est alors menée tambour battant avec l’aide de son compagnon : après l’aplanissement, le manège est monté en un mois, suivi d’une sellerie très fonctionnelle. De 6 poneys au début, son cheptel est passé à 21 poneys et doubles poneys, et 6 chevaux.
Savoir réagir vite
Aujourd’hui une centaine d’élèves suivent les activités du centre d’équithérapie de la jeune femme. Parmi eux, une vingtaine présentant des handicaps très divers : « Je travaille avec l’hôpital de Saint-Vallier, l’IME et le SESSAD. Les personnes handicapées présentent soit des déficiences intellectuelles, soit des troubles psychiques, soit de l’autisme. Chaque lundi et mardi, je leur consacre une heure et demie durant laquelle je les fais travailler, ainsi que d’autres créneaux en présence des parents. Je gère en supervisant l’ensemble, avec un adulte par poney, des accompagnants qui sont des éducateurs auxquels je donne des consignes. »
En outre Caroline Charbonel s’occupe individuellement de chaque enfant une fois par semaine, dans le manège. Et à la fin de chaque séance, une petite ballade de 10 minutes permet aux jeunes de se décontracter et ainsi de rompre un temps d’attention soutenue. Dans le temps imparti à chaque séance, la préparation joue un grand rôle : « Il s’agit d’un temps fort pour les personnes handicapées. Elle vont chercher le poney, le brosse et le prépare. Tous les enfants n’aiment pas cette préparation. Il faut donc les convaincre. On y arrive, avec de la patience.»
Et l’éducatrice met en avant un élément essentiel : « Nous devons absolument nous adapter au comportement des enfants et être capables de changer dès qu’il y a un problème, en réagissant immédiatement. »
Des résultats positifs
Les résultats, quant à eux, sont éloquents : « Pour beaucoup d’enfants, on peut vraiment parler de réel changement dans leur vie, notamment pour les autistes qui, désormais, s’expriment. D’autres sont passés de l’enfance à l’adolescence et sont capables maintenant d’avoir des copains et une vie sociale normale, tout ceci grâce au travail réalisé avec le cheval. » explique Caroline Charbonel qui met en avant le rôle primordial de l’animal : « C’est l’animal qui fait la médiation. Il sent qu’il a à faire à une personne handicapée et réagit en conséquence : il est très attentif, écoute et fait tout pour participer. J’ai quelques enfants ayant des handicaps moteurs et des toubles de l’équilibre. Avec eux, les poneys évitent de leur marcher sur les pieds alors qu’ils peuvent le faire avec d’autres personnes. Les enfants ayant des tremblements physiques ne tremblent plus sur le cheval. Qui plus est, ceux présentant des incontinences voient ce handicap diminuer et acquièrent une meilleure autonomie. Celà est dû aux mouvements du cheval, transmis à la ceinture abdominale du cavalier, sans oublier les 150 autres muscles qui travaillent en même temps. »
Bien entendu, quelques constats sont moins positifs : « Il ne s’agit pas d’échecs au sens même du mot, mais tout simplement du fait que l’équitation n’est pas la bonne médiation pour l’enfant concerné. Il faut alors lui trouver autre chose susceptible de lui apporter davantage » explique le jeune éducatrice.
Objectif : accueillir plus de personnes handicapées
Le nombre d’assistants augmente avec l’importance de la déficience physique de l’enfant. Trois personnes doivent ainsi être présentes dans les cas les plus graves : l’un tient le cheval, les autres se disposent de part et d’autre de l’animal.
Le concept de l’équithérapie comporte en outre un suivi. Des bilans individuels sont faits chaque trimestre avec les médecins qui s’occupent des enfants concernés. Il convient en effet de voir leur évolution. L’équithérapie n’est donc pas un passe-temps ponctuel sans lendemain.
Pour l’avenir, Caroline Charbonnel à une idée bien précise : « Je souhaiterais inverser le rapport actuel, c’est à dire passer de 20% d’élèves handicapés à 80%, et cela dans de bonnes conditions. Il nous faudra donc terminer les installations, notamment des toilettes pour handicapés et des accès pour les fauteuils roulants. En outre, une personne supplémentaire sera indispensable.»
Bernard Barboyon (CLP)