SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Lundi 5 décembre 2011 à 0h52

La flambée des cambriolages, le retour des rodéos

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La ville de Romans-sur-Isère accuse une hausse globale de presque + 11 % de la délinquance. Les chiffres parlent souvent d’eux-mêmes. Le conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) vient de dresser le bilan de l’année 2011 par rapport à 2010. Avec une hausse de+ 10,96 %, la délinquance à Romans-sur-Isère ne fait qu’en augmenter sur une période comparative située entre janvier et octobre. Mais plus que le chiffre global, ce qui inquiète les élus et plus encore la frange de la population qui en est victime, c’est la flambée des cambriolages dans les quartiers pavillonnaires et en particulier dans le centre historique. Là le taux a explosé avec+ 130 % d’augmentation. « 127 faits ont été enregistrés en 2010 contre 289 cette année », confirme le maire de Romans, Henri Bertholet, membre actif du CISPD. « C’est un problème sur lequel nous nous sommes bien penchés. Les malfaiteurs sont connus des services de police et assez clairement identifiés, mais la difficulté est d’arriver à les prendre en flagrant délit. Si jamais les policiers y parviennent, c’est tout un réseau qui pourra être démantelé ».

Un bémol toutefois : bon nombre de visiteurs illicites sont mineurs, ce qui rend souvent la réponse judiciaire difficile. Mais sur l’ampleur du phénomène romanais, le premier magistrat tempère les inquiétudes, soulignant par ailleurs que la délinquance en hausse est nationale et que le problème auquel est confrontée sa ville « est très local ».

Typiquement romanais aussi, depuis quelques temps, sont les rodéos, ce qui n’était plus arrivé depuis des années. Cela perturbe, cela angoisse, cela agace. Et là aussi la « réponse institutionnelle » est délicate. « En particulier sur le quartier de la Monnaie, des individus, souvent les mêmes, s’amusent au volant, faisant énormément de bruit et prenant parfois des risques inconsidérés », explique Henri Bertholet. « Ils perturbent la voie publique, créent des nuisances pour le voisinage et la police, qui ne veut pas provoquer de suraccident, ne peut pas courser les fauteurs de troubles. À défaut, les agents effectuent des repérages, mais sur le plan juridique, on est à mi-chemin entre l’incivilité et la délinquance. Il y a tapage, mais il n’y a pas délit de grande vitesse, et pas toujours mis en danger de la vie d’autrui. On réfléchit à traiter ce problème en particulier, en montant le groupe local de traitement de la délinquance, parce que les gens qui se plaignent de ses nuisances, ne comprennent pas pourquoi les fauteurs de troubles continuent sous les yeux même de la police ».


Trouver les réponses adéquates


Certains débordements n’ont d’ailleurs pas toujours été contenus, lorsqu’un quad a brûlé, il y a quelques semaines. « On suppose que les riverains se sont faits justice eux-mêmes en détruisant un véhicule qui leur avait beaucoup causé de nuisances », suggère le premier magistrat. « On pourrait confisquer les véhicules, qui n’appartiennent pas toujours aux fauteurs de troubles, mais dont on n’a pas forcément non plus la preuve qu’ils l’ont volé ».

Cette question des « rodéos » est devenu pour le CISPD l’une des priorité pour 2012 et Henri Bertholet croit beaucoup au groupement local de traitement de la délinquance qui permettent au procureur d’agir « directement sur les problématiques ambigües ». Quant aux cambriolages, la directrice de cabinet du préfet a évoqué « l’expérimentation dans un quartier de Romans d’un dispositif appelé Voisins vigilants », mais la municipalité romanaise ne s’est pas montrée convaincue par le projet.

Cyril Lehembre

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