SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Dimanche 1 avril 2012 à 0h34

Marie-Cécile Lapillonne passe le relais

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Elle l’avait annoncé avec émotion, à la mi-janvier (lire Drôme Hebdo du 19 janvier), au moment de présenter ses vœux au nom de la radio associative œcuménique RCF 26 (Radios chrétiennes en France – Drôme). Marie-Cécile Lapillonne n’est plus la présidente de ce média. Comme prévu, elle n’a pas sollicité à nouveau les suffrages des adhérents, hier, mercredi 28 mars, lors de l’assemblée générale ordinaire. Après vingt années de bénévolat à la tête de cette structure de loi 1901, elle ne quitte pas pour autant définitivement la radio, puisque, pour un temps au moins, elle effectuera le tuilage avec son successeur qui sera désigné lors de la prochaine réunion du bureau. « C’est normal, après toutes ces années d’investissement, de passer le relais dans les meilleures conditions », explique-t-elle. « Et puis on ne quitte pas des lieux dans lesquels on a donné ainsi beaucoup de son temps ».

C’est que Marie-Cécile Lapillonne s’est dépensée sans compter durant ces dernières décennies. Mais sa modestie naturelle l’empêche de le clamer haut et fort. Sur quoi, elle hausse les épaules, préférant rendre hommage à l’ensemble de l’équipe pour son travail. Dynamique, femme de caractère et de grande générosité, elle a grandement contribué au développement de cette radio œcuménique dans le département. Assistante sociale de profession, elle avait donné de son temps, au niveau paroissial, à l’éveil à la foi, à la catéchèse et ensuite à l’aumônerie lycéenne valentinoise, à mesure que ses deux enfants avaient grandi. C’est alors que le Père Pierre Charignon, jeune prêtre responsable de l’aumônerie, l’appelle vers d’autres horizons. « Pierre Charignon, présidait l’association de gestion de RCF, quand il m’a demandé si cela m’intéressait d’y entrer », se rappelle-t-elle. « J’ai dit oui, en 1991. Tout était encore à construire. À Valence, la radio venait juste d’être créée en 1989. Il y avait seulement un petit studio et un petit bureau. Mais à ce moment-là, le Père Pierre Louviot, ou encore Paul Rognon, des chrétiens visionnaires, qui avaient envie de s’investir dans l’information, ont beaucoup œuvré pour la naissance et l’essor de la radio en Drôme. Cela m’a motivée. Ils ont commencé à attirer un groupe de plus en plus important autour d’eux. C’est en 1992 que j’ai été élue présidente ».


Quatre heures d’émissions par jour


Il a fallu peu à peu agrandir les locaux, s’arranger avec le diocèse pour signer un bail et occuper les salles situées place Saint-Jean à Valence. À ces débuts à la présidence, presque concomitant avec les débuts de la structure, Marie-Cécile est au four et au moulin sur le plan « organisationnel ». Au niveau de l’activité, il n’y a que très peu d’heures d’antenne. Aujourd’hui, RCF26 diffuse quatre heures d’émissions locales quotidiennes, dispose de quatre antennes avec fréquences différentes dans le département, la dernière ayant été créée à Montélimar à l’automne dernier. En vingt ans, l’équipe s’est agrandie, recrutant des professionnels : Jean-Marie Portero, rédacteur en chef ; Ingrid Lebrasseur et Matthieu Charrel, animateurs et techniciens du son. Mais dans l’intervalle de nombreux bénévoles ont été appelés par l’équipe et se sont professionnalisés de plus en plus au micro, notamment formés à Lyon par le réseau RCF.


La radio en plein essor


« L’une des particularités de la Drôme est que nous avons de nombreux bénévoles qui suivent les conférences, réalisent des interviews et nous amènent du son : les choses se sont accentuées ainsi ces dernières années », martèle Marie-Cécile Lapillonne. « On met le paquet sur les journaux d’information. Mais peu à peu, des rubriques personnalisées se sont créées, et nous avons eu la reconnaissance à l’extérieur. On nous invite aux conférences de presse, on nous écoute, on nous attend. Le revers de la médaille, c’est qu’en multipliant les couvertures médiatiques sur le terrain, on a amené davantage de travail et qu’on a à nouveau plus forcément assez de monde !  »

Avec le départ de Marie-Cécile Lapillonne, cela fera, en mois, une bénévole très dynamique qui a donné un souffle nouveau à la radio. Mais pour elle, il est temps de passer le relais, non pas par lassitude, car elle aime toujours RCF 26, mais parce qu’il est temps de renouveler l’équipe. Quant à savoir ce qu’elle fera dans les prochains mois, elle-même n’a pas encore d’idée précise. Discrétion ? Vraie incertitude ? Une chose est sûre : elle rendra sûrement encore service à autrui. D’une manière ou d’une autre.


Cyril Lehembre

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