ÉGLISES

•  DELAYE Danielle • Vendredi 20 juillet 2012 à 0h07

Un nouvel ouvrage sur Pierre Vigne

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« En chemin avec les humbles ». Tel est le sous-titre de l’ouvrage qui raconte la vie de l’Ardéchois Pierre Vigne à paraître aux éditions Nouvelle Cité. Une biographie renouvelée du fondateur de la congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement, dont la maison-mère est basée à Valence. Le prêtre privadois, qui a vécu à la charnière des 17e et 18e siècles, aura profondément marqué la Drôme, l’Ardèche et l’Isère par son charisme. Béatifié en octobre 2004 par le pape Jean-Paul II, « Bienheureux Pierre Vigne » est surtout connu localement. Mais les religieuses dromardéchoises ont voulu lui donner une dimension beaucoup plus importante, en publiant un livre dont l’écriture est plus ou moins directement inspirée de la « positio »*, présentée par Sœur Clotilde-Marie au Vatican. En plus simple, bien sûr.

« Une positio est quand même ardue, technique, théologique, car elle est sensée présenter et prouver ce qui fait la sainteté de la vie d’une personne », expliquent Sœurs Jean-Michel et Anna Ida. « Il fallait rendre le texte accessible au plus grand nombre, et faire en sorte que le livre soit publié à compte d’éditeur pour une diffusion plus large au moins en France, avant d’être traduit pour être lu aussi à l’étranger. Il fallait dresser un portrait de Pierre Vigne dynamique, mais avec les nouvelles informations que l’on avait pour étayer le propos ».

Une première biographie avait été écrite par Sœur Thérèse Ardouin et était parue en 1966. Mais après la béatification de leur patron, les religieuses de Valence ont compris qu’il fallait rédiger un ouvrage avec une nouvelle perspective. Elles ont contacté une biographe valentinoise, Annie Gerest, historienne de formation, qui s’est prise au jeu. « Nous avions constitué une commission pour le livre et régulièrement nous relisions les chapitres revisités par Annie Gerest », souligne Sœur Jean-Michel. « Elle s’est vraiment investie et a accepté qu’on lui fasse des critiques positives ou non. Elle a eu un bel état d’esprit et ce ne sont pas tous les auteurs qui font cela. Au final, c’est un ouvrage écrit sous sa plume, mais dont la conception a été collective, puisqu’on a envoyé les textes à des Sœurs en France et à l’étranger pour leur demander leurs observations. On n’a évidemment pas pu prendre tout en compte, mais cela donne un ouvrage qui peut correspondre au plus grand nombre ».


« J’ai été transformée »


De son côté, Annie Gerest reconnaît avoir pris un réél plaisir dans l’écriture. « En général, pour une biographie, je n’hésite pas à faire relire mes textes aux proches, c’est quelque chose dont j’ai l’habitude », affirme-t-elle. « Concernant le travail sur Pierre Vigne, j’ai trouvé la reconstitution historique remarquablement faite dans la positio, mais ce qui m’a donné envie d’écrire, cela a été la conversion miraculeuse de cet Ardéchois, infatigable et profondément humain à la fois. J’ai essayé de souligner l’un des traits principaux qui m’a frappée : sa douceur mélangée à la ténacité. Le personnage m’a emmené, ces écrits m’ont submergé, et j’ai moi-même été transformée ».

Ce livre, pensé dès l’année 2007, lorsque les religieuses ont tenu leur chapitre, a nécessité un travail méticuleux et de longue haleine. La préface a été rédigée par Mgr Planet, évêque de Carcassonne et ancien prêtre drômois passionné d’histoire, que les religieuses ont sollicité pour vérifier les faits historiques. En postface, on trouve des textes de Mgr Lagleize, évêque de Valence et Mgr Blondel, évêque de Viviers. Le premier jet d’écriture propre, avec relectures, s’est étendu de novembre 2009 à août 2010, mais il aura fallu presque une année et demie pour le travail de réécriture afin d’obtenir un résultat qui convienne à tous.


Cyril Lehembre

* Mémoire défendant la cause de la béatification.




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Deux statues sont à son effigie. On représente Pierre Vigne à la cathédrale de Valence, et à l’église de Boucieu-le-Roi, comme un pèlerin. Prêtre privadois, marcheur et missionaire infatigable, cet homme équilibré et cultivé, a consacré sa vie à évangéliser les gens modestes des campagnes, avec beaucoup de zèle et de créativité, à la charnière des 17e et 18e siècles. Il a notamment eu l’idée de construire, à Boucieu, un lieu de pèlerinage reproduisant le chemin de croix de Jésus. C’est pour accompagner les pèlerins que se constitua un petit groupe de femmes qui devint ensuite la congrégation des Sœurs du Saint-Sacrement.

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