SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Dimanche 14 octobre 2012 à 0h00

Quand RCF 26 affirme son identité chrétienne

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Les discussions vont bon train au sein de RCF 26. La « Radio chrétienne francophone – Drôme » va-t-elle perdre son identité plurielle pour devenir peu à peu un média catholique ? La question trotte dans la tête de bon nombre de Drômois, investis au sein de la radio. Et sans doute travaille-t-elle d’autres bénévoles et salariés de RCF en France, même si le cas de Valence, où se côtoient volontiers catholiques, réformés, évangéliques et apostoliques arméniens, diffère nettement d’autres régions. Vendredi 5 et samedi 6 octobre, les représentants de RCF 26 sont montés à Lyon à la réunion de la convention des Assises nationales de l’association qui gère le réseau pour exposer à nouveau leur point de vue. Une position qu’ils avaient déjà clairement affirmée au printemps dernier, en réponse à une circulaire des évêques de France, formulant le vœu de « renforcer la confiance entre les dirigeants de la radio, d’une part et l’évêque et ses collaborateurs, d’autre part ». Ce texte, intitulé « le caractère ecclésial des radios unies dans le réseau RCF » précise notamment que « l’autorité en matière de ligne éditoriale est, au plan du diocèse, l’évêque », et concernant « le mode de gouvernance », elle demande de prévoir que pour « les décisions principales, la voix de l’évêque soit dans la majorité ».

D’un côté les évêques paraissent considérer que le réseau RCF est composé de radios catholiques à vocation œcuménique, de l’autre, bénévoles et salariés de Valence rappellent au contraire que l’ensemble du réseau français est avant tout œcuménique.

« Bien sûr, c’est normal que l’Église catholique soit majoritaire au conseil d’administration, mais elle ne doit pas être omnipotente », résume Jacques Chapelle, président de RCF 26. « On doit pouvoir laisser une parole aux autres confessions chrétiennes aussi, et ne pas oublier que pour certaines radios comme la nôtre, même si les bénévoles sont majoritairement catholiques, les personnes qui s’investissent dans la réalisation d’émissions sont porteurs d’autres sensibilités. C’est ce qui a toujours fait la force de notre radio, dès les origines, à Valence. Nous sommes œcuméniques, nous demandons à le rester ». Et le président, lui-même de confession protestante, d’ajouter : « Pour moi, le message transmis à travers les ondes est universel, il n’est pas que catholique ou que réformé ».

L’ensemble du bureau de RCF 26, d’ailleurs très majoritairement composé de catholiques, fait bloc derrière son président. Il rappelle que chaque radio est une association de loi 1901 dont le responsable est élu au sein du conseil d’administration, où siège le représentant du diocèse (comme membre de droit) et des autres Églises, le statut de chaque association ayant valeur de règle de fonctionnement. « Nous ne remettons pas en cause la situation actuelle, où une lettre de mission est adressée à chaque radio et une ligne éditoriale est conseillée, mais il est dommageable que la circulaire des évêques veuille imposer une personne désignée pour surveiller le travail », nuance Jacques Chapelle. « Nous ne voulons pas, comme le suggérerait le document des évêques, devenir une radio assimilée à un service diocésain, mais une entité autonome au service de chercheurs de sens ».

Et, avec lui l’ensemble du bureau réaffirme : « L’universalisme chrétien est une réponse d’espérance à la sécularisation massive de la société, qui est est parfois vue comme une limite ou une prison, un écran placé devant la réalité. Les chrétiens proposent de passer au-delà de l’écran ».


Cyril Lehembre



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Médecin retraité de l’agglomération valentinois, Jacques Chapelle a été élu président de l’association de gestion de RCF 26 au printemps 2012. Il succède ainsi à Marie-Cécile Lapillonne, restée à cette fonction durant vingt ans, et qui s’est employée à développer encore l’esprit œcuménique de la radio. Au demeurant, cette catholique a d’ailleurs elle-même sollicité le protestant Jacques Chapelle à entrer dans le bureau. « C’est elle qui m’a demandé, j’ai réfléchi un mois avant de lui répondre oui », reconnaît-il. Marié, père et grand-père, ce docteur continue à proposer des consultations médicales bénévolement à 70 ans, et à s’investir dans les œuvres sociales du Diaconat protestant. S’il n’en n’est plus le vice-président, c’est pour mieux s’investir au sein de la radio. Une décision qu’il ne regrette pas. « Ce qui me plaît, c’est justement de défendre le pluralisme« , conclut-il.

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