POLITIQUE

•  MOURZELAS Yvan • Mercredi 9 janvier 2013 à 14h18

Didier Guillaume, le maillon drômois de la France

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Interview – Le 1er vice-président du Sénat et patron du Département évoque les dossiers politiques 2013


- Vous êtes premier vice-président du Sénat, le numéro 2 après Jean-Pierre Bel. Comment vivez-vous au quotidien cette fonction ?

« C’est vrai que se retrouver premier vice-président du Sénat, la chambre haute des territoires, aux côtés d’un président qui est un ami et compagnon de route, c’est une immense aide. C’est beaucoup de responsabilité, de pressions, de bonheur et de travail. Il ne se passe pas un jour sans que je pense aux Drômois ».


- En quelques mots, comment définiriez-vous votre fonction ?

« Je suis d’abord un législateur et mon rôle est de faire remonter ce que j’entends et ce que je vois dans le département de la Drôme, faire des propositions de loi, signer des amendements, représenter le territoire, poser des questions sur des sujets départementaux ».


- Concernant le projet de loi sur le non cumul des mandats, quelle est votre position ?

Pour l’heure, on ne sait pas ce qui va sortir comme loi. Une démocratie politique qui passerait son temps à montrer les élus du doigt parce qu’ils seraient trop ceci, trop celà, ne tiendrait pas debout. Je suis sénateur et président du Conseil général, ce sont les mêmes boulots ? Je défends mon département avec une action politique et à Paris je défends aussi mon département. Le débat, c’est de dire qu’est-ce qui est compatible et ce qui ne l’est pas. Je suis favorable à la limitation mais il faut aller plus loin, à tous les élus, pas uniquement les parlementaires. Je propose une limitation à deux mandats ou fonctions de dimensions locales ou nationales. Après se pose la question de la taille des communes. Il faudrait fixer un seuil de 20 à 30 000 habitants. Concernant, le Sénat qui est l’assemblée des territoires et des collectivités locales, un sénateur qui ne serait pas un élu local, cela ne collerait pas, puisqu’il représente les maires.


- Vous apparaissez souvent comme le défenseur de la ruralité. C’est un créneau qui vous tient à cœur ?

C’est une vocation. Au Sénat, nous sommes les promoteurs des territoires. La France est faite de grandes métropoles où plus de 50 % des Français vivent en ville, mais notre France des régions et des terroirs, c’est la France rurale. En période de difficultés, il ne faudrait pas que l’on oublie ces territoires qui souffrent. Ces zones rurales ne sont pas une difficulté pour le pays. Au contraire, ce sont des zones de développement économique, d’innovation, des TPE, qui font vivre les territoires. Ce n’est pas parce que l’on est en période de crise, que l’on doit tout donner au ville et réduire les aides à la ruralité. Il ne faut pas opposer l’urbain et le rural. Il faut la jouer groupé, l’urbain avec le rural. Il ne faut pas créer de réserves d’indiens. Quand, dans la Drôme, nous réalisons la fibre optique et que nous développons l’aide aux communes, c’est pour la ruralité. Sans le Département, les communes n’arriveraient plus à investir.


- Justement, au niveau du Département quelle place faite vous, à la commune ?

En France, les 36 600 communes représentent une richesse. 550 000 élus en France, qui sont à 95 % des bénévoles, s’intéressent à la vie de leur commune, pour s’occuper des chemins, d’agriculture, de l’assainissement, de diffusion culturelle en zone rurale. Nous sommes d’ailleurs dans le département, en train de mettre en place un grand shéma départemental d’enseignement artistique en zone rurale. Nous construisons notre budget sur l’aide aux communes. Quand une commune investit, elle fait travailler l’entreprise locale. C’est ça le nerf de la guerre.


- Et l’intercommunalité en Drôme ?

C’est l’avenir aussi. Valence, Romans et Montélimar, sont trois pôles urbains indispensables au développement de notre département. Il faut aussi développer ces territoires, car c’est là qu’il y a beaucoup de richesses et d’entreprises.


- En tant que président du Conseil général de la Drôme, comment s’annonce 2013 ?

Nous sommes en période de crise terrible. La Drôme est un département avec un fort taux de chômage et de RSA. De nombreux jeunes n’ont pas de travail et de nombreuses familles sont dans la souffrance. C’est dans ce contexte que le Département se veut être exemplaire dans la gestion de ses finances. Nous présentons pour 2013 un budget qui est inférieur ou égal à celui de l’année dernière. C’est une volonté. Dans la Drôme, je répète qu’un euro dépensé est un euro utile aux Drômois.


- La Drôme est précurseur dans le dispositif des Emplois d’avenir. Pourquoi ?

On ne peut pas se contenter de constater que les jeunes sont au chômage et que l’on n’y peut rien. Non ! Tout n’a pas été essayé pour lutter contre le chômage. Redonner de la fierté, de l’autonomie et un travail aux jeunes, c’est leur redonner goût à la vie et l’envie de se construire une vie d’adulte.


- Quels sont les trois grands projets du Département qui verront le jour en 2013 ?

Le premier, c’est le pôle écotox de Rovaltain. Nous pensons que le projet est sur les bons rails et que les travaux pourraient être lancés au printemps. Le second projet, c’est la fibre optique avec le développement du haut débit pour lequel on veut aller plus loin. Le troisième chantier, c’est le développement des déplacements doux.


- Sur le projet de la gare d’Allan, quelle est votre position ?

Elle n’a pas changé ! Si elle est financée, nous la soutiendrons financièrement. Nous investirons pour les déplacements, les accès et la voirie, à hauteur de 15 millions d’euros. Mais, pour l’instant, elle n’est toujours pas financée. On parle de la Gare d’Allan depuis dix ans, mais jamais le gouvernement précédent ne l’a financée.

Entretien réalisé par Yvan Mourzelas




Etre premier vice-président, c’est quoi ?

« C’est être membre des instances de gestion et d’organisation du Sénat : le bureau et la conférence des présidents. Cette dernière se réunit toutes les semaines ou tous les quinze jours. Elle est composée du président du Sénat, des vice-présidents, président de groupes politiques et présidents des commissions. Y participent le ministre chargé des relations avec le parlement et l’administration du Sénat. La conférences des présidents organise les travaux parlementaires du Sénat. Le bureau du Sénat, lui, se réunit tous les mois. Il est composé du président du Sénat, vice-président du Sénat, des questeurs (ceux qui s’occupe du budget), et des secrétaires. Ce dernier s’occupe de l’organisation du Sénat. Didier Guillaume est vice-président en charge notamment de la communication du Sénat et de la chaîne publique Sénat. Son rôle de premier vice-président, c’est le bras droit du Président du Sénat. « C’est beaucoup de rencontres et de représentations ».

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Concernant l’action gouvernementale, la position de Didier Guillaume « je suis d’une entière fidélité à l’action gouvernementale que je défends de toutes mes forces. C’est dans la tempête que l’on voit les bons marins. Le redressement passe par des mesures difficiles et égalitaires. Il faut les Français comprennent que c’est l’égalité qui est mis en avant, l’égalité face aux services publics, face à la fiscalité, à la transition énergétique...

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