POLITIQUE

•  MOURZELAS Yvan • Mardi 21 mai 2013 à 9h00

Une pétition a été lancée

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D’ici une quinzaine de jours, le préfet de la Drôme devrait prendre un arrêté de fusion pour entériner le périmètre d’une grande agglomération de 51 communes autour de Valence et Romans qui a beaucoup fait parler ces derniers mois. Pour rappel, ce périmètre avait été rejeté par 29 des 51 communes concernées, mais le préfet a décidé de « passer outre » cet avis, imposant cette grande agglo au territoire. Et si certains maires, et notamment ceux de Valence et Romans, se satisfont de cette décision, d’autres élus, de communes rurales mais aussi de plus grandes villes, s’y sont toujours opposés et poursuivent aujourd’hui leur combat. Souvent présentés comme « les opposants à la grande agglo », ils préfèrent se faire appeler « collectif pour la continuité de notre coopération intercommunale », précisant qu’ils ne sont pas contre la coopération intercommunale, bien au contraire : « Nous sommes porteurs de cette coopération intercommunale déjà ancienne qui s’appuie sur le partage, la réflexion et la recherche de consensus. Or, dans le cas de la grande agglo, ce n’est pas de la coopération mais de la cooptation. » précise François Gravier, élu à Mours-Saint-Eusèbe.

 

Un territoire autour de trois pôles urbains


Comme ils le clament depuis le début, les élus de ce collectif estiment que cette « trop grande agglo », incohérente à leur goût, va créer des déséquilibres. Conscients toutefois qu’un effort de rationalisation est demandé, ils proposent de construire le territoire autour des trois pôles urbains que sont Valence (avec quelques communes ardéchoises), Romans/Bourg-de-Péage, et Tain-Tournon, et de renforcer les coopérations déjà existantes entre ces trois intercommunalités sur les grandes compétences que sont le développement économique, de l’aménagement du territoire, et des déplacements urbains. La solution idéale selon le collectif pour préserver des services de proximité et une gouvernance proche des citoyens, tout en participant au développement d’un plus grand territoire. « Et avec ce schéma, nous ne rejetons personne, et nous ne forçons personne non plus » insiste ces fervents défenseurs de la coopération intercommunale.


Le collectif prêt à engager un recours


Le préfet devant signer d’ici la fin du mois l’arrêté de fusion de la grande agglo, le collectif est prêt à « riposter », bien décidé à faire un recours auprès du Tribunal administratif. Et histoire d’avoir plus de poids dans leurs propos, les élus de ce collectif viennent de lancer une pétition s’adressant à toute la population concernée dans laquelle ils expliquent leur projet et demandent au préfet de retirer le projet de grande agglo. « Nous sommes déterminés, mais pas de manière belliqueuse. Nous voulons que les choses se fassent dans la volonté et l’acceptation. Tout ce qui s’est fait jusqu’ici sur le territoire a pris du temps et ne s’est jamais fait sans consensus. C’est cette construction collective que nous voulons poursuivre, dans laquelle chaque commune compte à part égale. » insiste Jean-Michel Bochaton, élu à Portes-lès-Valence, soutenu dans ces propos par Jean-Marie Chosson, élu à Romans : « Le projet de grande agglo est hypercentralisé et technocratique, ce qui va éloigner encore plus les élus locaux et la population des centres de décisions ».

Les pétitions seront centralisées dans les mairies de Portes-lès-Valence, Montéléger, Saint-Marcel-lès-Valence, Mours-Saint-Eusèbe, Parnans, Charpey, mais les élus du collectif ont également prévus de se rendre sur les marchés et de tenir des permanences.


Julie Fournier


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Marylène Peyrard, maire de Montéléger et membre du collectif, ne décolère pas. Pour elle, il y a clairement eu « mépris des petites communes rurales » dans le projet de construction de cette grande agglo. « Qu’il y ait mutualisation ok, mais pas au prix de la liberté communale et de la perte du lien social. »

2 commentaires

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Vos commentaires

  • bob

    le mépris : c’est un mot qui convient parfaitement dans tous ces découpages intercommunaux arbitraires et décidés par quelques personnes, au mépris de l’intérêt général.