POLITIQUE

•  DUMAS Cyprien • Lundi 17 juin 2013 à 9h00

Ces détails qui entraînent des petites batailles…

Il n’y a que le Rhône qui sépare les cantons de l’Hermitage et du Tournonais. À première vue, la fusion entre les deux territoires paraît évidente et devrait couler de source. Mais l’année 2013, que tout le monde annonçait décisive, est loin d’être un long fleuve tranquille. Et certaines tensions se sont révélées au grand jour.


Le premier vote a donné le ton


Le véritable point de départ de la fusion entre ces deux bassins de vie a été le vote des 26 conseils municipaux, qui avaient à se prononcer sur le nouveau périmètre. Si dans le Tournonais ça a été un “oui” unanime, dans l’Hermitage, quatre communes se sont montrées sceptiques sur la question : Pont-de-l’Isère, Veaunes, Chantemerle-les-Blés et Serves-sur-Rhône. Des votes qui n’ont pas réellement changé la donne, mais qui ont eu le mérite de chagriner le président de la communauté de communes du Pays de l’Hermitage, Michel Brunet. Dans le même temps, les élus ont désigné Mauves comme siège administratif et Mercurol, pour la partie exécutive. Alors que tout avait été validé, les préfets sont venus perturber le dialogue entre les deux collectivités, en demandant de n’avoir qu’un seul et unique siège, avant de se raviser quelques jours plus tard. Il n’empêche qu’entre temps, lors d’un conseil communautaire de l’Hermitage, de nombreux élus, pourtant favorables à la fusion, avaient clairement défendu leur pré carré.


Deux hommes, trois personnalités


L’autre aspect marquant de cette fusion, ce sont les hommes qui composent les deux conseils. Depuis que Frédéric Sausset a été élu président du Tournonais en lieu et place de Guy Martinez, le maire de Tournon a progressivement fait sa place dans son fauteuil de leader. De l’autre côté, la mini-bataille du “Je t’aime moi non plus” entre le maire tainois Gilbert Bouchet et le président de l’Hermitage Michel Brunet, a souvent fait rage. Les deux hommes communiquant quelques fois par presse interposée.


Le siège de l’office de tourisme fait des étincelles


La dernière querelle, mettant en scène Gilbert Bouchet, est d’ailleurs assez récente. Elle concerne le siège du futur office de tourisme intercommunal. Celui-ci devrait se situer à Tournon, dans la mesure où le site est classé et possède des locaux plus adaptés, contrairement à celui de Tain-l’Hermitage. Une nouvelle qui n’a pas franchement réjouit le maire tainois et fondateur du syndicat d’initiative de Tain-l’Hermitage, Gilbert Bouchet. Pour lui, avec les arrivées prochaines du centre aquatique et de la Cité du chocolat, l’office de tourisme de Tain-l’Hermitage doit être le siège du futur office des deux rives. Une requête difficilement recevable, dans la mesure où une commission a planché sur la question pendant plusieurs mois, avant de valider cette décision. D’autant que dans cette commission siégeait sa propre adjointe Danielle Lecomte. Une réaction que ne comprennent pas les élus du Tournonais, à commencer par Frédéric Sausset, mais aussi certains conseillers de l’Hermitage. Bruno Faure, adjoint au tourisme dans le Tournonais, confiait il y a quelques semaines qu’un déménagement du siège vers l’Hermitage, un office non classé, pourrait remettre en cause le label “Vignoble et découverte”. Surtout qu’il ne s’agit que d’un souci de boîte aux lettres. Mais Gilbert Bouchet ne l’entend pas de cette oreille et semble déterminé. Une querelle assez mal venue, à l’heure où le chargé de mission Christophe Bonin s’attelle à opérer du mieux possible le rapprochement des deux structures. Les six prochains mois s’annoncent palpitants…

Cyprien Dumas

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La loi Richard du 31 décembre 2012 a modifié certaines dispositions de la loi du 16 décembre 2010 sur la représentativité. Elle a notamment introduit la possibilité d'avoir 25 % de sièges supplémentaires en cas d'accord des communes (au lieu de 10 % dans la précédente loi). Ainsi, la future grande intercommunalité qui devait avoir 56 représentants en comptabilisera 62 après les élections municipales de 2014, contre 65 actuellement… (voir notre infographie). Le futur président sera donc connu après les élections municipales.

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