POLITIQUE

•  LEHEMBRE Cyril • Mercredi 26 juin 2013 à 9h21

Une journée à l’Assemblée nationale

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À la gare TGV de Valence, un mardi ordinaire. Il est 6 h 57. La députée de la quatrième circonscription de la Drôme, Nathalie Nieson, est montée dans le train direction Paris, où elle arrive aux alentours de 9 h 15. Elle a une vingtaine de minutes devant elle pour se rendre au 126 rue de l’Université, l’un des nombreux bâtiments du Palais Bourbon, où elle est attendue pour une audition, à 9 h 45. Pas le temps de souffler. Le marathon de la parlementaire commence.

Cette audition est une réunion supplémentaire dans son planning déjà serré. La Péageoise a effectivement été investie d’une mission ministérielle que lui a confiée la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, sur l’aide aux victimes. La Drômoise a, de fait, un surcroît de travail. La mission s’achève début juillet. Nathalie Nieson devra rendre son rapport à ce moment-là, après avoir consulté plusieurs responsables associatifs, hommes et femmes politiques, représentants du monde judiciaire et bien d’autres encore, en vue de coucher sur le papier un dossier complet sur ce qui se fait déjà en matière d’accompagnement de victimes, et les pistes pour améliorer la situation. Gros ouvrage qui demande du temps. « Durant ces derniers mois, j’aurai pu être dispensée de siéger dans certaines commissions ou même à l’hémicycle, mais j’y tiens particulièrement », confie-t-elle.


Au sein de la commission des lois


Élue le 17 juin 2012, elle a été rapidement pressentie pour siéger au sein de la commission des lois, très prisée. Pour la Drômoise, c’est un privilège, parce que la plupart des plus importants dossiers y sont débattus. Celle-ci se réunit généralement à 16 h. Mais entre l’audition du matin qui s’achève, avec un peu de retard, aux environs de 11 h 15 et l’échéance suivante à 11 h 45 (une autre commission), elle dispose d’une petite demi-heure pour investir son bureau, préparer quelques dossiers avec son attaché parlementaire, Laurent Bonnard, tout en allumant la télévision connectée au canal interne à l’assemblée nationale, où sont diffusées en direct l’ensemble des autres réunions auxquelles les députés ne peuvent pas tous assister. Ils sont ainsi avisés à la seconde des divers débats en cours. Même lors d’une séance plénière publique de l’hémicycle, d’autres réunions sont programmées en même temps. Pas possible de participer à toutes. Nathalie Nieson manque d’ailleurs, pour partie, une réunion préparatoire du groupe socialiste avec le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, venu exposer les dernières décisions prises en conseil des ministres.

« Prioritairement, on est tenu d’assister aux réunions de la commission pour laquelle on a été désignés* », explique Nathalie Nieson. « L’autre priorité, c’est de toujours ou presque d’être présents à la séance de questions de l’Assemblée au gouvernement, le mardi après-midi ».


Pas le temps de souffler


À midi moins le quart, elle part donc pour une nouvelle réunion d’où elle sort à 13 h 15. Soit elle dispose d’un peu de temps pour déjeuner au self-service réservé aux députés et à leurs collaborateurs, soit elle mange sur le pouce à la cafétéria de la presse. Ce jour-là, c’est la deuxième option qui est choisie, car à 13 h 45, elle siège à la commission socialiste des lois. Pour arriver à l’heure, il ne faut pas faire la queue au self. 14 h 45, la commission en huis-clos se termine. Il faut descendre 4 à 4 jusqu’à l’hémicycle pour la séance d’une heure des questions au gouvernement. À l’entrée du président de l’Assemblée nationale, les députés sont debouts et il règne un silence plutôt rare sur les bancs : en ce mardi 11 juin, les députés rendent hommage à Pierre Mauroy, décédé quelques jours auparavant, en respectant une minute de silence.

À partir de 16 h, soit se poursuit une séance plénière de vote à l’assemblée, soit c’est la commission des lois qui siège pour trois bonnes heures, soit des groupes de travail thématiques, préparés à l’avance, se constituent, avant le dîner et la séance plénière de nuit qui démarre généralement à 21 h 30. À cette séance de nuit, la députée drômoise ne s’y rend pas toujours, préférant mettre à profit la tranche horaire de 21 h 30 à minuit pour travailler, dans son bureau, le sujet sur lequel elle a été missionnée par la ministre de la justice. En l’occurrence, en ce mardi 11 juin, Nathalie Nieson a dû partir plus tôt dans l’après-midi, pour prendre un train la ramenant dans le sud de la France, toujours dans le cadre de sa mission ministérielle. C’est que d’ordinaire, le mercredi ressemble au mardi…


Cyril Lehembre

* Dans les commissions (tous partis politiques confondus) où ils n’ont pas été désignés, certains parlementaires peuvent y participer et même proposer des amendements, sans toutefois disposer du droit de vote de ceux qui y ont été nommés.



« Ma rencontre avec Badinter »

« Des rencontres au sein de l’assemblée nationale, il y en a plein et beaucoup sont enrichissantes ». En une année, Nathalie Nieson a su s’intégrer au sein d’un monde fonctionnant parfois un peu en vase clos. Mais la rencontre la plus marquante pour elle a eu lieu en dehors de l’assemblée nationale, avec Robert Badinter. « Il m’a reçue chez lui. Pouvoir discuter de sujets de justice avec lui a été un moment rare ».

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