ÉGLISES

•  PRAT Estelle • Mardi 23 juillet 2013 à 9h01

Une sainte allemande à Vassieux

  • Illustration actu Grande illustration actu

    Pas de légende pour cette photo

Depuis longtemps Monseigneur Legleize, évêque de Valence, souhaitait qu’une relique d’un saint allemand ayant résisté au nazisme puisse être accueillie à l’église paroissiale de Vassieux-en-Vercors. Ce vœu prit forme en 2006 avec quelques morceaux d’étoffe ayant appartenu à sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, carmélite d’origine juive disparue à Auschwitz en 1942 en même temps que sa sœur. Dans la société, la sainte est plus connue sous le nom d’Edith Stein, brillante philosophe, élève puis disciple d’Edmund Husserl, fondateur de la phénoménologie. Les reliques de la sainte sont placées dans le nouvel autel installé dans la cadre de la restauration de l’église sous la direction de Thomas Joulie, architecte. Mais il manquait quelque chose pour honorer comme il convient la mémoire de la sainte carmélite. Dans cet esprit a donc été commandé un diptyque à un artiste du Royans, Yan Vita. L’œuvre fut inaugurée ce dimanche 14 juillet sous la présidence de Monseigneur Lagleize entouré du Père Rochegude, curé de la paroisse Notre-Dame en Royans-Vercors, des Pères Soignard et Lambert. On notait également les présences de MM. Michel Rapelin, maire de Vassieux et d’Hervé Mariton, député.


Une vague de lumière


Le Père Rochegude retraça en guise d’introduction la genèse du projet et donna la parole à Yan Vita qui décrivit en quelques mots la symbolique de son œuvre, ses deux parties encadrant l’autel. Lorsque l’on regarde l’autel de face, à l’extrême gauche on retrouve du noir et du rouge sombre symbolisant l’horreur des camps puis on trouve la sainte, les mains ouvertes dans le geste de l’offrande. C’est alors comme le mouvement d’une vague de lumière partant à la rencontre de l’autre partie du diptyque, à droite, le chandelier à sept branches symbolisant à la fois les origines juives de la carmélite et la lumière divine. On trouve de même le calice et la patène, symbolisant l’Eucharistie.

Dans son homélie, Monseigneur Lagleize rendit un vibrant hommage à la sainte qu’il admire à l’évidence beaucoup. Il lut de larges extraits des écrits de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, montrant le chemin qui va de la chercheuse de vérité qu’elle était en tant que philosophe à la chercheuse de Dieu qu’elle est devenue en tant que carmélite. Une recherche au sein même de la vie de tous les jours et qui la mena à la contemplation de Jésus crucifié, Dieu fait homme.

La messe fut d’une grande ferveur. Le lien est désormais établi entre la disparition de la sainte allemande dans les fours d’Auschwitz et les événements funestes qui marquent à jamais Vassieux-en-Vercors. Rappelons que Jean-Paul II fit de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix une co-patronne de l’Europe. En ces temps difficiles, méditer ce que fut la vie de Thérèse-Bénédicte de la Croix prend son sens.


Michel Destombes

VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

Réagissez

Réagir à cet article