ÉGLISES

•  PRAT Estelle • Jeudi 31 octobre 2013 à 9h39

Les divorcés remariés dans l’attente

  • Illustration actu Grande illustration actu

    Pas de légende pour cette photo

« La miséricorde doit primer sur le dogme ». Cette petite phrase du pape François a suscité de nombreux espoirs chez les personnes divorcées remariées, tout comme la convocation par le Pape d’un synode des évêques sur la famille qui doit se réunir en octobre 2014. « La place des divorcés dans l’Église est une question récurrente qui est régulièrement abordée par les évêques » indique le diacre de Granges-les-Beaumont, Bruno Larat, qui a pour mission l’accompagnement des personnes divorcées.


De la souffrance


Actuellement, le dogme de l’Église catholique dit que le sacrement du mariage est l’engagement d’un homme et d’une femme avec Dieu et est de même nature que l’engagement du Christ avec les hommes : il est indissoluble. « Un homme et une femme peuvent ne plus avoir de vie commune, tant qu’ils ne recontactent par une autre union et restent fidèles à ce sacrement. Par contre, ceux qui recontactent une union civile n’ont pas accès au sacrement du mariage et on leur demande de s’abstenir du sacrement de l’eucharistie et de la réconciliation » explique Bruno Larat, « Du coup, des personnes divorcées se sentent rejeter par l’Église, il y a une incompréhension du dogme qui est compris comme une loi sanctionnante ».


Des groupes de parole


Face à cette souffrance des divorcés dans l’Église, les diocèses ont mis en place des groupes de parole. Dans le diocèse de Valence, le diacre Bruno Larat anime le groupe « Rejaillir » qui réunit 6 à 7 couples remariés. « Actuellement, l’Église a ouvert une porte en proposant aux personnes qui se remarient civilement un temps de prière à l’église, en dehors du temps de mariage » indique Bruno Larat qui accompagne régulièrement ce genre de demande, « J’ai rencontré plusieurs personnes divorcées qui, dans cette situation de rupture malheureuse, ont entamé un cheminement de foi profond ». Or, la rupture du mariage empêche le baptême. Les enjeux sont donc importants pour l’Église sur les questions notamment de la communion. « Cela nous oblige à retravailler notre approche de la communion. Est-ce que le partage du pain doit être la seule référence ? Dire le Notre Père, faire le geste de paix, c’est déjà communier » s’interroge Bruno Larat.

 

Estelle Prat


Contact groupe Rejaillir : 04 75 71 58 37.


VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

La très haute valeur mise dans la cellule familiale qui est considérée comme la cellule première de l’Église interroge aussi les centres de préparation au mariage. « On s’est posé la question : Qu’est-ce qu’il est important de faire vivre et de faire découvrir pour faire prendre conscience de cet engagement à vie » indique Bruno Larat qui était, avec son épouse, responsable de la Pastorale familiale du diocèse jusqu’au 1er septembre. Les temps de préparation au mariage varient suivant les diocèses : 2 à 3 rencontres dans la Drôme, 7 rencontres dans le diocèse de Lyon. Ce dimanche 20 octobre à Saint-Péray, la Pastorale familiale proposait une formation aux acteurs des Centres de préparation au mariage de Drôme-Ardèche sur « Le couple dans la durée ».

Réagissez

Réagir à cet article