POLITIQUE

•  LEHEMBRE Cyril • Lundi 9 décembre 2013 à 9h15

Drôme et Ardèche se serrent les coudes pour exister

  • Illustration actu Grande illustration actu

    Pas de légende pour cette photo

« La force Sud Rhône-Alpes ». C’est le slogan choisi pour définir la coopération amorcée depuis le milieu des années deux-mille entre les conseils généraux de la Drôme et de l’Ardèche. Et à chaque fin d’année, pour bien marquer cette union des deux côtés du fleuve, il est de coutume de réunir, en fin d’année, l’ensemble des élus des deux départements à ce qu’on appelle communément « l’assemblée bi-départementale », histoire de faire le point sur les actions déjà menées et coordonner celles qui viendront dans les prochains mois. Vendredi, une séance plénière s’est ainsi déroulée à Valence, sous la présidence d’Hervé Saulignac, venus avec ses collègues ardéchois, accueillis par Didier Guillaume et l’ensemble des Drômois.

Le président du conseil général de l’Ardèche a d’emblée souligné, pour cette 8e session, « combien la dynamique interdépartementale est essentielle ». « Elle rend des choses possibles, mais des avancées sont encore nécessaires en ce qui concerne la coopération économique, en bonne voie, mais aussi le tourisme, où il faut peu à peu passer de l’état d’esprit de concurrents à celui de partenaires, notamment chez les hébergeurs ».

Les uns et les autres s’accordent ainsi pour tenter d’ajuster une politique de territoire « correspondant aux attentes des citoyens », qui dans un bassin de vie n’ont que faire des coupures virtuelles administratives. Viarhôna, collèges et établissements hospitalisés pour personnes âgées dépendantes par exemple sont « à aménager et à penser en commun ». Revenant un temps sur la précédente réforme (celle des conseillers territoriaux), l’élu du canton de Privas n’a pas manqué de déclarer « que l’actuelle réforme territoriale a écarté le virus qui allait tuer les Départements et qu’elle a aussi mis fin à une domination masculine archaïque ».


La fusion des Départements proposée par Jacques Ladegaillerie


Une assertion qui a induit une réaction de Jacques Ladegaillerie (canton de Loriol, opposition divers droite) : « Contrairement à ce que vous pensez, les Départements sont menacés et la réforme actuelle est plutôt ruralicide, même si elle a certes beaucoup d’avantages. Par ailleurs, vous affirmez que la Drômardèche a un temps d’avance, mais il faut aller plus loin, je pense qu’il faut aller vers la fusion des deux Départements ».

Réponse d’Hervé Saulignac : « Une fusion me semble aujourd’hui hasardeuse, mais j’entends le courage de cette proposition. Je retiens l’idée qu’il faut aller plus loin. Lorsque vous dites que certains Départements sont amenés à disparaître, notamment en milieu urbain et dans les métropoles, c’est vrai ; mais je ne crois toutefois pas à la disparition généralisée des conseils généraux. Il faut faire preuve de discernement. Dans certains cas, il sera utile de les supprimer, mais la plupart du temps, le Département est le bon interlocuteur et il est non seulement attendu par les citoyens, mais aussi par des institutions comme la Région ». Sur quoi Didier Guillaume a rebondi : « Je suis favorable à la clause générale des compétences, je refuse de prendre des ordres de la Région, ce qui aurait été le cas avec la précédente réforme. Je ne dis pas que les Départements sont sauvés ad vitam aeternam, mais il est possible que d’ici quinze années, il y ait moins de conseils généraux en France ».

Dans l’intervalle, Drôme et Ardèche se serrent les coudes pour exister.


Cyril Lehembre



Ces coopérations qui marchent

Les deux Départements ont fait un point d’étape sur les dossiers qu’ils prennent en charge en commun. Outre la coopération décentralisée, les transports collectifs et modes doux de déplacement (co-voiturage par exemple ou encore une centrale de mobilité interdépartementale en cours de constitution), la mise en place des emplois d’avenir, les deux se rejoignent quant au développement de la filière bois. Ardèche en premier, et Drôme ensuite sont les deux départements les plus boisés de France. 3500 emplois dépendent de la filière. Plusieurs assises départementales « bois » sont régulièrement organisées dont la prochaine aura lieu vendredi 6 décembre, à Eurre. La Viarhôna est également un autre exemple de coopération interdépartementale, de même que la mise en place de Maia (Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer).

VN:F [1.8.4_1055]

Notez cet article

Partagez

... échangez, publiez cet article sur les sites où vous avez un compte personnel.

Réagissez

Réagir à cet article