SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Jeudi 16 janvier 2014 à 15h50

Verdict le 6 mars pour les activistes

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29 antinucléaires étaient jugés mardi après-midi à Valence. Des banderoles « Stop nucléaire », « Nouveau parti anti-capitaliste » et « Europe écologie les Verts ». Une cinquantaine de manifestants à l’extérieur, quelques dizaines à l’intérieur du tribunal de grande instance de Valence étaient venus au soutien des 29 activistes de Greenpeace qui avaient fait intrusion dans la centre atomique du Tricastin le 15 juillet 2013. Une affaire qui avait fait grand qui continue à avoir des retentissements aujourd’hui, tant le procès, débuté mardi 14 janvier à Valence, a des connotations politiques. Les 29 sont accusés de violation de domicile et de dégradation en réunion, au préjudice de la centrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Mais pour les sympathisants rassemblés dans la rue mardi après-midi, ce n’est pas de l’irrespect de la propriété privée dont il est question. « Peut-on parler d’une propriété privée en ce qui concerne la centrale nucléaire ?  » demandent-ils. « En cas d’accident grave, est-ce que les radiations se cantonneront aux seules limites du territoire privé de la centrale. On voit bien que c’est un problème de sécurité et de salubrité publique ».

Que ce soit EELV, le NPA, Greenpeace, ou « Stop Tricastin », les uns et les autres exigent la relaxe des prévenus et que le verdict fasse jurisprudence en la matière. Ils réclament le droit à « l’œuvre utile et à l’information d’alerte ». « En entrant dans la centrale, pacifiquement et en assumant leur choix, ils devraient avoir une médaille parce qu’ils ont le courage de mettre à jour une faille dans la sécurité d’un site où on rentre comme dans un moulin », notent-ils. « Que ce serait-il passé en cas d’attaque terroriste ? On voit bien que le nucléaire n’est pas sécure. Ces gens ont du mérite, ce ne sont pas des délinquants ». Et une militante Stop Tricastin d’ironiser : « Ils ont au contraire réalisé un audit public gratuit !  »

Lors des débats au tribunal, le procureur Emery est revenu sur la question de la légalité, en soulignant « qu’il y a d’autres façons de procéder en démocratie » et requérant six mois de prison avec sursis à l’encontre de 28 prévenus et un an avec sursis pour celui soupçonné de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique. Une réquisition de culpabilité donc, qui ne sied point aux manifestants, mais les juges suivront-ils ? Réponse le 6 mars, après la mise en délibéré du tribunal.


Cyril Lehembre

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