POLITIQUE

•  LEHEMBRE Cyril • Mardi 21 janvier 2014 à 9h35

Les Radicaux drômois émergent

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Autrefois puissant parti de France… Aujourd’hui cantoné à l’anonymat dans le paysage politique et mal différencié du Parti socialiste, avec lequel il partage des valeurs convergentes : le Parti Radical de Gauche (PRG).

Celui-ci tente de préserver son identité et de peser un peu plus sur la vie politique, notamment dans la perspective des Municipales, mais aussi à plus long terme. C’est le travail mené notamment par Pierre Pieniek, conseiller général du canton de Romans 1, et secrétaire du PRG drômois, aux côtés de Mariane Ory, présidente départementale et d’Olivier Benoît, trésorier.

Après plusieurs semaines de négociations sous tension, le médecin romanais partira en campagne dans le haut de la liste en cours de constitution du candidat socialiste de la cité de Jacquemart – non encore officiellement déclaré – Philippe Drésin. À Bourg-lès-Valence, Mariane Ory devrait figurer dans les premiers noms de l’équipe menée par le socialiste Wilfrid Pailhès. Autrement dit, dans ces deux cas précis, les deux représentants du PRG drômois peuvent briguer un poste d’adjoint en cas d’élection. C’est moins évident à Valence, où le Radical Olivier Benoît, qui s’allie à Alain Maurice (là aussi candidat PS « non officialisé ») n’était pas positionné, en début de semaine, dans les tout premiers de la liste.

« Nous sommes alliés, mais par ralliés », résume Pierre Pieniek. « Au niveau des idées, nous sommes plus proches d’un centriste Modem ou Radical valoisien que d’un communiste ou d’un écologiste venu de l’extrême-gauche. Toutefois, nous avons une vision ouverte de la politique et nous pensons que la Gauche doit être plurielle pour convaincre, gagner les élections et mener ensuite les affaires au mieux dans l’intérêt de chaque citoyen ».


Idéologie et pragmatisme


Liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité et équité sont les valeurs auxquelles tient le PRG. « Ce qui nous différencie des socialistes, c’est, par exemple, une fiscalité plus modérée pour les entreprises ou encore une vision plus individualisée de la solidarité », précise Pierre Pieniek. « Nous avons une idéologie, mais elle est pondérée par le pragmatisme ». Dans la position minoritaire dans laquelle se trouve actuellement le PRG, ce pragmatisme lui fait conclure des alliances nécessaires pour exister encore dans l’échiquier politique. L’alliance classique restant encore celle avec le « cousin socialiste », ainsi que se plaît à dire Pierre Pieniek. Partir seul pour les municipales n’est plus possible depuis bien longtemps pour PRG drômois. « Au cœur de l’omnipotence du bi-partisme, on voit bien que la France n’est pas prête pour un gouvernement de coalition comme en Allemagne », affirme Pierre Pieniek. À moins que le toilettage des institutions, voulue par bon nombre de politiques, ne survienne plus rapidement que prévu…


Cyril Lehembre



Qui sont les Radicaux ?

Le Parti Radical de Gauche (Jean-Michel Baylet), d’un côté et le Parti Radical Valoisien de l’autre (Jean-Louis Borloo) forment aujourd’hui deux composantes distinctes. La première « penche » davantage côté socialiste, la seconde côté UMP (dont elle a pris son indépendance depuis 2011).

À l’origine, les Radicaux n’étaient qu’une seule et même entité « centriste », capable de former des gouvernements de grande coalition. Ils ont été l’un des tout premiers parti de France, lors de la IIIe République, surtout dans la première moitié du XXe siècle, époque durant laquelle ils président plusieurs fois aux destinées françaises. Affaibli mais toujours influent sous la IVe République, avec des personnalités notoires comme Pierre Mendès-France, le Parti Radical décline avec la Ve République, à cause de ses nouvelles institutions qui favorisent le bi-partisme, au détriment du centre. Au sein du mouvement, il y a alors scission en 1972 entre l’aile gauche (minoritaire) et l’aile droite dite valoisienne (majoritaire).

Les « Radicaux », ce sont ceux qui restent fermement attachés à leurs « racines », c’est-à-dire aux valeurs de la République. On pourrait les prendre pour des ultras, ils sont en réalité modérés. « Les Radicaux sont d’extrême centre » disait ainsi Pierre Mendès-France. Traditionnellement, son électorat se trouve surtout situé dans les classes moyennes et en milieu rural. La Drôme est ainsi historiquement une terre « radicale » de par sa situation socioéconomique.

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« Écouter, discuter, décider, convaincre, c’est la phrase qui me poursuit depuis que je suis élu », a ainsi confié Pierre Pieniek, conseiller municipal romanais depuis 1983. Selon lui, le leitmotiv aussi du PRG.

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