ÉCONOMIE

•  LEHEMBRE Cyril • Jeudi 1 mai 2014 à 9h38

Formidable !

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« Formidable ». C’est le slogan de la 78e édition de la foire du Dauphiné 2014 (27 septembre au 5 octobre) à Romans qui vient juste d’être officialisé ces jours-ci. Non pas que le chanteur belge Stromae, déjà vedette en juin prochain du festival Aluna en Ardèche, soit invité à Romans à l’automne 2014, mais simplement parce que bon nombre d’adjectifs marquant l’enthousiasme pour cet événement ont déjà été utilisés lors de précédents crus. « Formidable » dit encore une fois le plaisir des visiteurs chaque année et souligne le succès recontré par ce salon de grande envergure au niveau régional, voire national. Alors que l’assemblée générale de l’association gestionnaire de la foire s’est tenue il y a quelques jours, Drôme Hebdo est allé à la rencontre de son directeur, Michel Vagnoux. Interview.


En premier lieu, quel bilan tirez-vous de l’édition 2013 ?

Michel Vagnoux : Un bon bilan. On enregistre une hausse du chiffre d’affaires, malgré 1000 entrées de moins qu’en 2012. Ce n’est pas vraiment révélateur d’un tassement des visiteurs. Il faut se remémorer que la foire a obtenu ses records d’affluence ces cinq dernières années, en franchissant allégrement la barre des 110 000 entrées, alors qu’elle n’atteignait pas les 90 000 à la fin des années quatre-vingt-dix. C’est en revanche révélateur de la bonne santé financière d’un événement qui repose essentiellement sur la dynamique des exposants, représentant en fait 80 % du chiffre d’affaires. Clairement, ce sont nos exposants qui nous font vivre. On note par ailleurs une baisse du nombre d’entrées payées au guichet, mais une augmentation du nombre de cartes achetées par les exposants qui proposent des tarifs réduits à leur clientèle. Pour nous, ce n’est pas un souci, au contraire, cela montre aussi que les exposants jouent le jeu à fond.


Vous avez d’ailleurs un certain « réservoir » d’exposants, n’est-ce pas ?

Oui. D’année en année, on refuse du monde. La foire peut accueillir 500 stands, mais guère au-delà. Il y a déjà une liste d’attente de 150 noms pour l’édition 2014 qu’on ne satisfera pas. La plupart de ceux qui étaient déjà présents l’an dernier reviendront, environ entre 80 et 90 % avec une marge d’erreur. Cela fait à peu près une vingtaine de places qui se renouvelleront. On ne tient pas forcément à augmenter notre capacité d’accueil : je ne suis pas sûr que si on pouvait dégager en tout 650 places, cela nous serait réellement profitable. Car ce serait autant d’investissements supplémenaires et de dispositifs de sécurité en plus. D’un côté, cela ne fait guère de nouveautés entre deux éditions rapprochées, mais de l’autre, cela nous assure d’une certaine fidélité chez les commerçants. Et les clients sont également contents, car ils tissent aussi des liens et aiment retrouver certains vendeurs sur la foire d’une année sur l’autre. On ne va pas se plaindre ; en d’autres lieux, il faut presque supplier les exposants de venir.


Comment expliquez-vous ce succès qui ne se dément pas ?

C’est difficile à expliquer, cela tient d’une alchimie propre à Romans et au site actuel de la foire. Cela ne tient pas seulement aux animations qui en font la particularité, mais aussi à la disposition des allées, des stands, et à ce décor en fond, où l’on a une magnifique vue sur le Vercors. Le site, en faubourg industriel, permet à chacun de se sentir à la fois en ville et à la campagne.


De cela, vous êtes garantis tant que la foire reste à l’Est. Mais qu’en est-il du déménagement annoncé depuis plusieurs années et encore non effectif ?

Nous sommes pour l’heure dans l’expectative. On sait que désormais, chaque année, le préfet prend un arrêté défavorable à la tenue de la foire sur son site actuel, à proximité de l’usine nucléaire FBFC. On sait aussi, que, systématiquement, avec la neutralité bienveillante de l’État, le maire prend la décision d’autoriser quand même la foire et assume seul la responsabilité de passer outre la recommandation préfectorale. Mais cette situation ne pourra pas perdurer bien longtemps. Le précédent maire avait travaillé, avec la précédente communauté d’agglomération, à la recherche d’un terrain à aménager sur l’Ouest romanais, non loin de l’hôpital. Mais les cartes politiques ont été redistribuées depuis les Municipales. Il va falloir réinstaller les choses et peut-être rediscuter avec Valence. Nous n’avons d’ailleurs pas encore rencontré les maires des deux villes à ce sujet.


Ne faut-il pas toutefois déménager au plus vite ?

Pour parler franchement, nous ne sommes pas pressés. Si cela n’était pas obligatoire à court ou moyen terme, de nous-mêmes nous ne partirions pas. Déménager est toujours risqué. En 1974, quand la foire part du centre-ville pour s’installer sur le site actuel, on prédit sa mort imminente. Il lui a fallu tout de même plusieurs années pour remonter la pente et retrouver une dynamique. Si l’on déménage à l’Ouest, ce ne sera pas dans la même configuration qu’ici. Forcément, il faudra repenser le concept, créer un nouveau climat. De toutes façons, si l’on conserve la philosophie du projet tel qu’il a été défini ces derniers mois, on intégrerait un site qui ne serait plus seulement celui de la foire, mais qui serait également dévolu à d’autres structures. La foire ne serait donc plus chez elle. Il y aurait la construction prévue d’un grand Palais, mais il pourrait aussi être utilisé à d’autres fins que l’accueil de la foire, ce qui n’est pas possible aujourd’hui sur notre site actuel, à cause de l’arrêté préfectoral qui limite l’accueil du public. Actuellement, nous ne pouvons dans l’année qu’organiser trois ou quatre salons en plus de la foire. Le Grand palais est donc sous exploité et heureusement que la foire d’automne est très rentable, sinon l’exploitation du site, sur une année, serait déficitaire. Le futur site, lui pourrait accueillir d’autres événements, et serait rentable grâce aussi, à d’autres activités.


Tout cela, c’est l’avenir à moyen terme. Mais l’avenir immédiat, c’est celui de l’édition 2014. Avez-vous déjà bouclé le programme des animations ?

Non, pas intégralement. Boucler un budget d’animations devient de plus en plus difficile d’année en année. Ce n’est pas tant que les cachets demandés par les artistes sont plus élevés, mais plutôt que leurs déplacements demandent une logistique plus complexe et plus fournie, donc plus coûteuse. Quand on a pensé au slogan « Formidable », beaucoup ont songé qu’on inviterait Stromae. Ce serait bien sûr une bonne idée, mais ce n’est pas possible : Stromae, cela représente l’intégralité du budget des dix jours de la foire pour les animations ! Mais je peux d’ores et déjà vous indiquer qu’on aura pour le premier samedi Dani Lary en vedette qui produira 45 minutes de son spectacle du palais des congrès et que le dimanche, on aura Damien et Thierry, deux vedettes de la télé réalité de l’émission « l’amour est dans le pré ». Pour le reste, il faudra patienter.


Propos recueillis par Cyril Lehembre

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