SOCIÉTÉ

•  MOURZELAS Yvan • Jeudi 29 mai 2014 à 9h33

C’est le moment d’acheter

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L’observatoire de l’immobilier de la chambre de notaires de la Drôme vient de rendre ses chiffres pour l’année 2013. Sans suprise, celle-ci se situe dans la continuité de 2012 : « Nous évoluons dans une période de contraction des prix » affirment maîtres Brouard, Montbarbon ou encore la présidente de la chambre, maître Isabelle Pêcheur-Berruyer. Un chiffre résume la situation : -1,7 %. Tel est l’indice de prix à la baisse de l’immobilier drômois, assez conforme à celui de la moyenne nationale (-1,6 %). Compte tenu des taux d’intérêts historiquement bas pratiqués par les banques depuis quelques mois, c’est le moment d’acheter. « Clairement, les acquéreurs ont pris l’habitude de négocier et ils obtiennent des diminutions », affirment les notaires drômois. « Les vendeurs tiennent leurs prix, mais il arrive qu’ils renonçent parfois à leur plus-value et c’est un phénomène relativement récent ».

Le marché de l’immobilier, qui a connu une réelle flambée au milieu des années deux-mille en Drôme, patine désormais, surtout en période de crise économique, où la demande est, d’année en année, chaque fois un peu moins importante. En périphérie de Valence, les biens au-delà de 300 000 euros peinent à être cédés, mais en-dessous de cette somme, le nombre de transactions restent stables. Pour le neuf, les éventuels acquéreurs sont moins incités à investir que les années précédentes, la faute aux récentes mesures législatives aux dispositifs fiscaux moins avantageux qu’auparavant. « Il y a un coup de frein aux mises en chantier depuis deux années », assurent aussi les notaires.

Au-delà de ces aspects généraux, on constate une grande diversité drômoise dans l’immobilier. Il n’y a pas « une », mais « des » Drôme. Le prix de vente médian* (et non moyen) des maisons anciennes, stable par rapport à 2012, n’est pas le même selon qu’on habite à Saint-Donat, Saint-Jean-en-Royans ou Nyons. Sur l’ensemble du département, il s’élève à 184 000 euros, mais seulement à 165 000 dans la vallée de la Drôme, à 157 000 dans le nord Drôme, 182 000 à Tain-Tournon, 134 000 dans le Vercors-Diois, 92 000 dans les Baronnies et Nyons. Mais dès qu’on s’approche de la ville-centre, c’est 192 000 euros pour l’agglomération valentinoise, 208 000 pour la plaine de Valence, 197 000 pour la plaine de Montélimar et 200 000 en Drôme provençale. Pour les appartements anciens (dont l’indice au m2 baisse de -1,7 %), il reste plus élevé à Nyons qu’à Valence (2100 euros contre 1500 euros), mais à Tain-l’Hermitage et à Bourg-de-Péage où le prix médian est plus bas, on constate une hausse importante en un an. Les terrains à bâtir sont à coût stable (-0,2 %, soit 71 000 euros le m2) avec un écart conséquent selon les régions, allant du simple au double : en périphérie valentinoise, on affiche des chiffres bien plus élevés qu’ailleurs (102 000 euros) et dans le Vercors-Diois et la vallée de la Drôme des prix bien plus bas (54 000 et 53 000), alors que dans le reste du département, on oscille entre 66 000 et 79 000 euros, le tout pour une superficie généralement de 600 m2.

Quant au public qui achète, il a évolué. On constate un retour des acquéreurs de moins de trente ans, notamment autour de Valence, Romans, Montélimar. À plus de 74 %, ce sont majoritairement des Drômois. « Quant au mythe des étrangers qui achèteraient la Drôme, il faut le battre en brèche », concluent les notaires. « Dans le Diois, Hollandais et Anglais auraient plutôt tendance à vendre ».

Cyril Lehembre


* c’est-à-dire le prix le plus fréquemment pratiqué. Cette statistique, contrairement à la moyenne, atténue la portée des extrêmes dans le calcul final.

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