ÉCONOMIE

•  Fournier Julie • Mercredi 18 juin 2014 à 9h25

185 entreprises drômoises confortées

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En déplacement dans les départements et en régions, la médiatrice nationale du crédit aux entreprises, Jeanne-Marie Prost, était de passage dans la Drôme la semaine dernière. L’occasion de faire un point sur l’activité de la médiation du crédit dans le département et de rappeler en quoi consiste ce dispositif.

Mise en place par le gouvernement en octobre 2008, au plus fort de la crise financière, la médiation du crédit aux entreprises s’adresse à toutes les entreprises, quel que soit leur taille et leur secteur d’activités, qui rencontrent des difficultés d’accès au crédit avec leurs banques. « Quand nous sommes saisis, les banquiers n’ont pas le choix, ils sont contraints au dialogue. Le but est alors de trouver une solution et dans 60 % des cas on trouve une solution de financement pour le chef d’entreprise. » explique Jeanne-Marie Prost, qui insiste par ailleurs sur l’aspect gratuit et confidentiel de la procédure, mais aussi sur sa simplicité et sa rapidité : « Depuis cinq ans rien n’a changé. La procédure est restée la même : la saisine est faite en ligne (www.economie.gouv.fr/mediateurducredit) et dans les 48 heures le chef d’entreprise est appelé par le directeur départemental de la banque de France et le dossier pris en charge par la médiation. Ensuite la médiation dure entre 15 jours et 3 mois en moyenne. »

 

71 % de médiations réussies dans la Drôme


« C’est une démarche très réactive et tant mieux car souvent pour les chefs d’entreprise, il y a urgence » ajoute Philippe Flour, directeur départemental de la Banque de France, qui donnera quelques chiffres pour la Drôme.

Ainsi depuis 2008, 401 entreprises drômoises ont saisi le médiateur du crédit. 88 % des dossiers déposés ont été acceptés et sur 259 dossiers instruits, 185 entreprises ont trouvé une solution via la médiation du crédit et ont ainsi pu poursuivre leur activité. Soit un taux de médiations réussies de 71 %, légèrement supérieur à la moyenne nationale qui s’élève à 61 %.

Dans la Drôme, ce sont principalement des TPE et des PME de moins de 50 salariés qui saisissent la médiation du crédit, et un dossier sur deux concerne des montants inférieurs à 50 000 €.


Ne pas attendre qu’il soit trop tard


Si la médiation du crédit a connu une très importante activité à ses débuts, pendant environ 18 mois, depuis 2010 le nombre de dossiers a reculé et s’est stabilisé autour de 4 400 dossiers par an. « Une partie de cette baisse s’explique d’ailleurs par l’existence de la médiation qui a fait évoluer les banquiers et leurs discours. » souligne Jeanne-Marie Prost qui encourage par ailleurs les chefs d’entreprises à ne pas attendre qu’il soit trop tard pour saisir la médiation du crédit : « Souvent les dossiers déposés ne relèvent déjà plus de la médiation, qui reste un outil de dialogue efficace mais qui ne peut pas faire de miracles non plus…  »

Et d’ailleurs la médiatrice nationale insiste sur le fait que la médiation du crédit n’est pas réservée aux entreprises en difficulté. Elle peut aussi être saisie lors de problématiques de financement comme cela a été le cas pour l’entreprise drômoise Vignal-Artru industries qui a connu en 2012 une croissance forte mais pas un centime pour la financer. « Il nous fallait un intermédiaire neutre et bienveillant. Ça a duré trois mois et nous sommes repartis en pleine croissance » explique Laurent Le Portz.

Renouvelé pour 2 ans l’année dernière, le dispositif de médiation du crédit aux entreprises devrait l’être de nouveau en fin d’année, son efficacité n’étant plus à prouver et ce sans coûter trop cher à l’Etat.


Julie Fournier

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