CULTURE

•  Guilloud Dominique • Dimanche 2 novembre 2014 à 9h36

Un écho avec le geste artistique d’il y a 36 000 ans

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Il y a 36 000 ans, des humains ont dessiné, en sud Ardèche, sur les parois de la grotte du Pont d’Arc, appelée aussi grotte Chauvet. 36 000 ans plus tard, 15 réalisateurs du studio Folimage s’inspirent de ces dessins pour réaliser 15 petits films d’animation qui serviront à la promotion de l’ouverture de l’espace de restitution de la grotte qui devrait avoir lieu le 25 avril prochain. Pour préserver la grotte, classée au patrimoine de l’Humanité, un espace de restitution a été créé, fidèle reconstitution de la grotte.

 

15 regards librement inspirées de la grotte


Marie Bardisa, conservatrice de la grotte et François Jacquard, conseiller régional, étaient présents en fin de semaine au studio Folimage à Bourg-les-Valence pour rencontrer les réalisateurs et découvrir l’avancement de leur travail. Une dizaine d’entre eux a eu la chance de descendre dans la grotte. Ils ont pu admirer un bestiaire, avec 420 figurations d’une grande qualité, ours, lions, rhinocéros, panthères. au total, 14 espèces. 15 regards librement inspirées de la grotte, avec toutes les techniques possibles, dans des formats très courts, d’une minute, 15 visions différentes et complémentaires. « On est dans l’émotion. Vous ne l’avez pas tous ressenti pareil. C’est une variété surprenante, une diversité, une richesse. Ça donne envie de continuer. Ça renvoie aux femmes et aux hommes qui ont peint il y a 36 000 ans. C’est comme un échange avec eux » leur a dit la conservatrice.

 

Plus on s’enfonce, plus on ressent la présence animale.


Christophe Gautry a travaillé avec des matières putrescibles : pétales, mousse, graines, cailloux, pour présenter une scène de chasse en surimpression sur les dessins d’animaux, éclairés avec un réflecteur bringuebalant qui donne une autre image. Il a choisi un son électrique. François Lignier, que la visite du chantier a fait beaucoup évoluer, a travaillé avec de la glaise, avec un homme lion : « De 12 à 24 images secondes, des métamorphoses, plus on s’enfonce, plus on ressent la présence animale. Sur les traces de l’ours que l’on voit partout et qui donnent autant de présence de vie que les dessins » avance-t-il. Pour la bande son, il a opté pour des cris d’animaux enregistrés à au Safari de Peaugres. Benoit Chieux a choisi de représenter le grand rhinocéros, d’une manière originale. C’est depuis l’intérieur de la paroi que l’on peut voir le dessinateur exécuter son dessin. Il en est arrivé à la conclusion suivante : « On voit qu’ils avaient une grande habitude pour faire les animaux. Ça laisse à penser qu’il ne leur fallait pas plus d’une ou deux minute pour faire un dessin ».


Dominique Guilloud-Tanis (CLP)



Du bruitage et de musique

Sur ces 15 films, pas de paroles pour ne pas se laisser emporter par le discours. La narration pourrait diluer l’image. Juste du bruitage ou de la musique. Ces 15 réalisations auront une belle résonnance à partir du printemps prochain, une quinzaine de jours avant l’ouverture de l’espace de restitution avec une diffusion sur Arte, puis ensuite dans les salles de cinéma de Rhône-Alpes. Cette réalisation a pu avoir lieu avec le soutien de conseil régional Rhône Alpes, à hauteur de 80 000 €, de la Caisse d’Epargne et la chaîne de télévision Arte.

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Absent ce jour de visite, le réalisateur Jacques-Rémy Girerd, fondateur du studio Folimage est actuellement en tournée dans le monde, où il présente « Tante Hilda ». Il vient d’être choisi par le ministère de la Culture pour représenter la France. Il se trouvait en Amérique du sud après être allé en Turquie et en Grèce. Prochainement, il partira aux Philippine où s’achèvera son voyage culturel. Mais le rayonnement Folimage ne s’arrête pas là, avec le court métrage d’animation de Jean-Charles Mbotti Malolo, « Le sens du toucher », produit par le studio Folimage, qui a été primé à Pékin.

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