SOCIÉTÉ

•  LEHEMBRE Cyril • Dimanche 30 novembre 2014 à 9h35

Vers plus de transparence sur la radioactivité

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La centrale de Cruas en Ardèche, celle du Tricastin en Drôme et en Vaucluse, sans parler de la Franco-Belge de fabrication de combustible à Romans-sur-Isère et puis d’autres encore… En matière de nucléaire, le corridor rhodanien est bien pourvu. Drômois et Ardéchois sont habitués, au quotidien, à côtoyer ces grandes cheminées qui rejettent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère et qui font partie du paysage. Ils n’en sont pas moins demandeurs d’informations régulières sur leur fonctionnement et sur la radioactivité présente dans l’environnement. Que ce soit en période d’activité normale ou en cas d’incident, l’industrie du nucléaire civile sait qu’elle a des progrès à faire dans la communication. Peut-être est elle aussi motivée par la présence, à Valence, d’un laboratoire d’analyses bien connu, et qui n’émane pas de près ou de loin des services de l’État : la Criirad (Commission de recherches et d’informations indépendante sur la radioactivité).

« En ce qui concerne la surveillance radiologique, il faut passer du mystère à la transparence », a d’ailleurs résumé Jacques Repussard, le président de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), basé en région parisienne, en visite à l’Ineed (Innovation pour l’environnement et l’économie durables) près de la gare TGV d’Alixan, lundi 17 novembre, pour organiser une rencontre avec les acteurs locaux Drômois et Ardéchois de l’industrie du nucléaire civil*. « Il est loin le temps de la communication des années quatre-vingt, où on ne divulguait rien, ou mal suite à l’accident de Tchernobyl, mais il nous faut désormais nous montrer à chaque fois plus réactifs en cas de problème et d’être le plus précis possible sur les retombées ». Tout en nuançant sur les limites : « On ne peut pas toujours mesurer les conséquences sanitaires. Un jour, un agriculteur m’a demandé si on pouvait manger ses asperges quelques semaines après une fuite radioactive et je n’ai pas pu répondre à la question ».


Le réseau Teleray


Les participants notent toutefois les progrès effectués « en période normale ». Si l’impact sur la santé n’est pas toujours mesurable, il est possible d’identifier le niveau de radio activité présent dans l’environnement et ce, de manière permanente, grâce au réseau Téléray, constitué pour l’heure de 163 balises réparties sur le territoire, réseau qui sera porté à 400 à l’horizon 2015, dans un rayon de 10 à 30 km autour des installations atomiques. Une balise Teleray a d’ailleurs été présentée à l’ensemble des participants à la réunion. D’une longueur de près d’un mètre, reliée à un ordinateur, ce capteur mesure en permanence la contamination éventuelle de l’air (le débit d’équivalent de dose gamma ambiant en nanosievert par heure et transmis en temps réel au système de supervision et d’alerte de l’IRSN au Vésinet en région parisienne). Notons qu’un vaste programme de rénovation des balises a été lancé depuis sept ans et que la Drôme-Ardèche est concernée.

 

« Cette réunion, une belle initiative »


« Tout citoyen peut avoir accès en temps réel aux mesures des balises », ont signifié les techniciens de l’IRSN. Une manière de remettre un peu de proximité entre l’information officielle et les citoyens. « Quand les mesures de la Criirad recoupent celles de l’IRSN après Fukushima, cela crédibilise les uns et les autres », a affirmé Jacques Repussard. Et c’est bien là une question de confiance, qui a été soulignée par les divers intervenants qui ont pris la parole, que ce soit Gérard Chaumontet, président de la Cligeet (Commission d’information sur les grands équipements énergétiques du Tricastin) ou le préfet de la Drôme Didier Lauga : « La réunion d’aujourd’hui est une belle initiative qui démontre la volonté d’accentuer l’information sur la radioactivité ».


Cyril Lehembre


* étaient présents à la réunion, outre les représentants et techniciens de l’IRSN, les élus du conseil général, région, de l’Agglo Valence-Romans, les maires des différentes communes concernés, les représentants des différents sites atomiques et entreprises énergétiques des deux départements, les associations dont la Criirad, par exemple.

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