POLITIQUE

•  LEHEMBRE Cyril • Vendredi 6 mars 2015 à 9h30

Le mode de scrutin change

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Dimanches 22 et 29 mars, les Drômois, comme l’ensemble des Français, sont appelés aux urnes. Ils devront désigner leurs représentants à l’assemblée départementale, au terme d’un scrutin dont le mode change radicalement cette année : la réforme territoriale induit une réforme électorale.

Jusqu’à cette date, les citoyens devaient élire des « conseillers généraux » pour siéger, donc, au « conseil général ». Le nom change, pour plus de clarté – pas l’institution – qui désormais s’appelle « conseil départemental » et les élus seront donc désormais titrés « conseillers départementaux », histoire de ne pas les confondre avec leurs homologues de la Région. Jusqu’alors, ils étaient mandatés pour six ans, ce qui continue. Mais le « scrutin par moitié » est supprimé : l’ensemble des électeurs de la Drôme devront pourvoir tous les sièges du Département pour six ans (auparavant la moitié des électeurs désignait la moitié des conseillers généraux tous les trois ans, mais chaque conseiller était élu pour six ans).

 

Moins de cantons, mais des cantons plus grands


La carte des cantons a également changé (voir la carte) : de 36 on passe à 19, ce qui signifie que chacun d’entre eux ou presque s’est sensiblement agrandi. Le législateur a voulu, par la réforme territoriale, inscrire plus d’équité : il y avait parfois trop d’écart entre un élu urbain représentant plusieurs dizaines de milliers de citoyens et un élu rural qui ne se chargeait que de quelques centaines d’administrés. Les parlementaires ont souhaité que le nombre d’habitants soit le critère, mais dans l’arrière-pays drômois, les cantons auraient été trop vastes : malgré son étendue, celui du Diois, par exemple, fait figure d’exception. Il restera globalement moins peuplé qu’un canton de Valence, mais s’il avait fallu le proportionner démographiquement à la ville préfecture, il eût été étendu sur presque les deux-tiers du département.


Deux sièges par canton et la parité homme/femme


Par ailleurs pour conserver un maillage territorial d’élus à peu près équivalent à l’actuelle répartition, il y aura désormais deux sièges (donc deux représentants) par canton. Ce qui porte le nombre d’élus à 38 (au lieu de 36, pour un nombre de cantons presque moitié moindre, mais plus vastes). En conséquence, dans chacune de ces nouvelles circonscriptions électorales, l’administré devra voter pour deux noms d’un même groupe* : deux « co-candidats » en quelque sorte, ou binôme nécessairement composé d’un homme et d’une femme, parité oblige.


Simplification ou incompréhension ?


Pour le citoyen lambda, troublé souvent par le renouvellement par moitié, c’est une simplification. Pour la classe politique, c’est un mode de scrutin qui peut permettre de ramener les administrés aux urnes. D’aucuns confiaient ainsi : « Beaucoup ne comprenaient pas pourquoi ils votaient, alors que dans le canton voisin, les habitants ne votaient pas. Et certains qui devaient aller aux urnes, oubliaient de s’y rendre, parce que les citoyens du canton d’à côté n’y allaient pas ».

Reste que face à une abstention ancrée depuis quelques années, en particulier lors des scrutins intermédiaires entre les Municipales et les Présidentielles, il s’agit de se montrer le plus pédagogique possible : pour beaucoup, ce sont des changements très importants que tous les candidats actuellement en campagne, tous bords confondus, sont chargés d’expliquer le plus clairement possible, lors de leur porte-à-porte. En se heurtant parfois à de l’ignorance ou à certaines incompréhensions inhérentes à tout changement.


Cyril Lehembre


*en tout quatre candidats en comptant les suppléants et suppléantes.

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