ÉCONOMIE

• Jeudi 9 juillet 2015 à 9h25

Les métiers du numérique, une insertion possible

Sophie Houzet directrice du Pôle numérique et Isabelle Robert, adjointe administrative et financière.

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    Sophie Houzet directrice du Pôle numérique et Isabelle Robert, adjointe administrative et financière.

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    Adil a bifruqué dans la maçonnerie, mais est convaincu que son expérience dans le numérique lui sera utile dans les années à venir.

En quelques semaines, Jean-Claude est devenu un expert en utilisation du logiciel CAO 3D Sketchup et dans le maniement de machines à commandes numériques. Au sein de l’espace public Internet (EPI) de Livron-Loriol, il a travaillé, s’est formé, s’est réinseré et apprit un métier qui n’existait pas encore il y a cinq ans à peine. Jean-Claude, dont le renouvellement du contrat est à l’étude, fait partie de ces 12 Drômois et Drômoises recrutés dernièrement par le pôle numérique de Rovaltain, bénéficiant de l’aide financière du Fonds social européen (FSE), au titre de l’insertion par les nouvelles technologies. D’autres, comme Élodie à l’EPI de Nyons, sont titularisés en CDI ; Hélène, elle, est recrutée en CDD de « longue durée » à l’EPI de Montélimar. À l’EPI de Die, Allison se voit proposer un poste au 1 er septembre 2015. D’autres pourront par exemple exercer le métier de « médiateur numérique »* dont les contours précis restent encore à définir.


Tous ont en commun d’avoir bénéficié d’un emploi à durée déterminée dans le numérique, mais la moitié ne poursuivra pas dans cette voie. Adil, qui a obtenu le diplôme du Brevet professionnel option « sport en milieu urbain », bifurque finalement dans la maçonnerie. Mais il reconnaît l’utilité d’une expérience qu’il pourra mettre à profit plus tard. « Je savais, avant cette expérience, utiliser les ordinateurs » , confirme-t-il. «  Mais j’ai élargi mon savoir-faire et ai appris à comprendre les subtilités du numérique. J’ai développé des compétences en pédagogie, cela a été un plus. Qui sait, si demain, je ne valoriserai pas ses compétences dans une autre branche ? »

Avec la révolution numérique de ces dernières années, de nouveaux besoins sont apparus. Mais ceux-ci ne sont pas toujours couverts par des professionnels formés et très au fait des dernières avancées technologiques. « La demande publique est là, mais les métiers manquent, de même que les créations de postes, notamment en milieu rural » , résume-t-on au Pôle numérique. « Ce n’est que très récemment que les entreprises se sont mises à ouvrir des postes de community manager ou de médiateurs numériques par exemple. Jusqu’à présent, c’était surtout des web designers qui étaient embauchés pour la communication externe, mais les choses évoluent » .

Selon la directrice du Pôle numérique, Sophie Houzet, les divers responsables des EPI et les partenaires associatifs ou institutionnels du Pôle numérique, « la France reste en retard par rapport aux autres pays européens en ce qui concerne la connaissance du numérique. L’idée, c’est qu’à terme, on puisse mettre en place un diplôme reconnu. Mais le plus important, c’est de petit à petit habituer et cultiver les gens sur ces changements pour qu’ils s’adaptent ensuite aux évolutions de leurs métiers qui vont forcément se numériser de plus en plus, même les professions manuelles » .

L’avenir dira si l’expérience proposée par le Pôle numérique à quelques Drômois en réinsertion pourra être renouvelée ou non avec le soutien du Fonds social européen.



Cyril Lehembre



* La médiation numérique



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