CULTURE

• Vendredi 21 août 2015 à 9h23

Le vieil Allan, écrin idéal d’un film futuriste et humaniste

Tristan, rôle de Milos (Tigibus dans "La Guerre des Boutons")

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    Tristan, rôle de Milos (Tigibus dans "La Guerre des Boutons")

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    Toute l'équipe de tournage. La réalisatrice, Tiphaine, est la 3e à partir de la droite (chapeau).

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    En plein tournage ! Manon (rôle d'Arius)est allongée. Tiphaine, réalisatrice, a un chapeau.

Durant les tout premiers jours du mois d’août, le cadre magnifique du vieil Allan a été envahi par l’équipe de tournage d’un court-métrage professionnel, Little Népo, qui avait trouvé là l’un des lieux idéaux pour le sujet et la mise en scène souhaitée, les autres lieux étant en Ardèche (Vesseaux et Coux).


La toute jeune équipe de tournage, dirigée par la réalisatrice Tiphaine Benoît, étudiante en licence de cinéma à Montpellier, et composée d’une quinzaine de personnes, a réuni de jeunes professionnels, débutants mais néanmoins déjà aguerris, venus des quatre coins de France (Toulouse, Nantes, Paris, Grenoble, Lyon…) découvrir la Drôme et l’Ardèche. Tiphaine est quant à elle ardéchoise, originaire de Vesseaux, et elle a toujours baigné dans un milieu artistique, son père Albert Benoît dirigeant une compagnie de spectacles vivants (théâtre, danse…). Tiphaine, pour sa part, a choisi le cinéma.


Le film est produit par l’association SO films, créée par Olivier Vidal et Sébastien Maggiani et parrainée par Alain Depardieu (producteur, frère de Gérard), qui a collaboré avec de nombreuses personnalités du cinéma : Claude Lelouch, Jean-Pierre Castaldi, Jean-Claude Dreyfus, Dounia Coesens… SO films a pour but de permettre à des adolescents de découvrir les différents métiers du cinéma : aussi des stages sont-ils organisés au sein même des tournages, encadrés par les réalisateurs Olivier Vidal et Sébastien Maggiani, afin de faire vivre aux adolescents une expérience exceptionnelle aux contacts de professionnels. Cela a été le cas pour le tournage de Little Népo.


Le thème du court-métrage


La Terre n’abrite plus aucun adulte. Décimés, ils ont laissé les enfants pour seuls représentants de l’espèce humaine. Arius, jeune fille solitaire, fait la rencontre de Créon, une gamine un peu trop bavarde mais néanmoins attachante, qui va lui apprendre une autre manière de survivre. Dans un monde en ruines peuplé d’enfants, c’est le récit d’une rencontre entre une petite fille et une adolescente aux points de vue souvent très différents. La plupart des gamins survivants n’ont plus d’espoir, si ce n’est celui de voir un jour arriver Little Népo, qui, selon la légende, viendra les sauver pour les amener loin de ce monde détruit. Simple mythe ou réalité, les avis sont partagés. Créon, six ans, fait partie de ceux qui guettent avec impatience le retour de Népo. Une nuit, alors qu’elle dort dans les gravats d’une maison, elle est réveillée par des bruits de pas : ceux d’Arius, jeune fille solitaire à l’allure intrigante. Curieuse, Créon la suit, persuadée d’avoir affaire au légendaire Népo. L’illusion est de courte durée et l’accueil pour le moins glacial… Cependant, alors qu’elles auraient pu poursuivre leur chemin chacune de leur côté, Arius et Créon continuent la route ensemble, essayant tant bien que mal de s’apprivoiser…

Little Népo, écrit et réalisé par Tiphaine Benoît, est adapté d’une pièce de théâtre du même nom, écrite et mise en scène par Albert Benoît, directeur de Comed’act. « Ce projet me tenait à cœur, explique Tiphaine, parce que je l’ai vu évoluer au fil des années. En effet, très jeune, j’ai eu l’occasion d’interpréter le personnage de Créon sur scène, et j’ai tout de suite aimé cet univers où se mêlent cruauté et tendresse. Lorsque j’ai commencé mes études de cinéma, j’ai rapidement eu envie de réécrire Little Népo pour le cinéma, en me réappropriant cette histoire pour le moins originale, non plus comme comédienne mais en tant que scénariste-réalisatrice. » Outre le scénario, le court métrage vise aussi à mettre en avant des sites et des décors exceptionnels de Drôme-Ardèche. « Nous voulions des prises de vue, une photographie particulièrement soignée, confie Tiphaine. Nous avons trouvé des coins exceptionnels, pas toujours reconnaissables mais pour des décors spécifiques… Des lieux atypiques, pas forcément faciles d’accès, pour des images superbes. Les conditions n’étaient pas simples, avec la chaleur, beaucoup de marche et d’efforts pour toute l’équipe, mais de belles récompenses, et on était contents d’aller chercher ça ! ». Le tournage a été l’occasion pour les acteurs, les figurants, les techniciens et les spectateurs de (re) découvrir des paysages du sud de la France.



Acteurs et figurants


L’un des buts essentiels du projet était de permettre à de très jeunes passionnés de cinéma d’exprimer leurs compétences et de travailler ensemble, chacun apportant au film un peu de son talent. Il ne présentait que des acteurs enfants et ados, pro ou recrutés par casting, et l’équipe technique avait une moyenne d’âge guère plus élevée ! Cependant tous les pros, malgré leur jeune âge, avaient déjà l’habitude des plateaux de ciné ou de théâtre, et une bonne expérience derrière eux, garantissant le professionnalisme du tournage.

Quatre jeunes comédiens « professionnels », de 8 à 15 ans, faisaient partie du projet : Manon, Tosca, Tristan (rôle de Tigibus dans La Guerre des boutons) et Jail-Ann. Le scénario nécessitait une trentaine d’acteurs et figurants, donc des castings avaient été lancés, sur l’Ardèche et sur la Drôme, et une centaine d’enfants et ados avaient répondu. Quinze jeunes ont été recrutés en Ardèche et une dizaine dans la Drôme. Seule une jeune fille a suivi intégralement le tournage. Deux garçons avaient été choisis pour des rôles, l’un pré-ado, l’autre adolescent, puis des filles et garçons de 5 à 15 ans pour de petits rôles et de la figuration. L’équipe est restée trois jours sur Allan, les 2, 3 et 4 août, mais il n’y a eu finalement qu’une seule journée de vrai tournage. Auparavant, les images avaient été faites sur Vesseaux et Coux du 26 au 31 juillet.



M-Françoise Tonelotto (CLP)


La diffusion de Little Népo est prévue sur les Festivals et dans des salles de ciné. La sortie devrait être pour mai 2016, et une avant-première sera faite dans la région.



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SO films Indépendants est la première plateforme nationale permettant aux ados d’être formés aux principaux métiers du cinéma et de réaliser des courts-métrages professionnels. Ainsi pendant le tournage de Little Népo, deux stages (payants) étaient proposés à des ados de 11 à 17 ans, passionnés de cinéma et/ou qui envisagent d’en faire leur métier. Un atelier sur les métiers techniques (du son, de l’image, de la mise en scène, métier de scripte…), encadré par Olivier Vidal, et un stage sur le jeu d’acteur face à la caméra, animé par Albert Benoît de Comed’act (formation au métier d’acteur, découverte des méthodes d’acting sur un tournage…). Seuls trois jeunes se sont inscrits, de 13 à 17 ans, mais ils ont suivi l’ensemble du tournage. Ainsi, Mattéo, Maya et Hayatt ont pu accompagner toute l’équipe sur le plateau de tournage professionnel : un rêve pour eux qui souhaitent se consacrer à cet art… « C’est une expérience inédite que de pouvoir se mêler à une équipe, avec sa vie et ses horaires particuliers, de découvrir tous les métiers en même temps, toutes les facettes du cinéma, nous a confié Tiphaine. Et c’est mieux pour nous qu’il y ait peu de participants parce qu’on peut mieux s’en occuper. Les trois jeunes étaient très contents. Certains avaient déjà fait une expérience : ils se destinent plus ou moins à ces métiers, et ils voulaient se rassurer, savoir s’ils font les bons choix…»

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