POLITIQUE

• Vendredi 4 décembre 2015 à 10h03

Régionales : neuf listes engagées

Les Drômois sont appelés aux urnes dimanche (photo d'archives).

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    Les Drômois sont appelés aux urnes dimanche (photo d'archives).

Les forces politiques en présence à trois jours du premier tour, dimanche 6 décembre. Citoyens, aux urnes ! Au coeur d’une actualité mouvementée, on en oublierait presque qu’il faut aller voter. Une forte abstention est probable dimanche 6 et 13 décembre prochains pour ces Régionales 2 015. La faute aux médias beaucoup plus préoccupés en ce moment par les actes terroristes, la faute aussi à un calendrier inhabituel pour se rendre à l’isoloir. Plus généralement la faute à une désaffection récurrente du citoyen pour la vie politique et à une méconnaissance, il faut le dire, des institutions et des échelons administratifs, dont la Région fait partie. Ce type d’élection mobilise peu. Ajoutez à cela une multiplicité de candidatures, compliquant de surcroît le paysage politique, et l’électeur ne s’y retrouve guère.


En Drôme, neuf listes sont en lice ce dimanche. Dans chacun des onze départements de la désormais grande région Rhône-Alpes-Auvergne, s’engage une « liste départementalisée » où figurent 15 noms (15 noms X 11 départements, soit 165 noms au total par candidature). D’après les premiers éléments de sondage, le résultat du scrutin sera serré entre le président sortant socialiste (de l’ex-Région Rhône-Alpes) Jean-Jack Queyranne et son principal challenger de droite Laurent Wauquiez (député maire du Puy-en-Velay).


Une droite unie, une gauche dispersée


Comment vont voter les Drômois ? Dans un département qui a vécu la bascule du conseil général de gauche à droite au printemps dernier, dans la foulée d’une campagne électorale victorieuse pour les ex-UMP en 2014, on peut penser que le vent soufflera davantage du côté de LR*, UDI et Modem. Avec le Valentinois Nicolas Daragon en tête de liste, secondé par quelques vainqueurs de 2014, tels le Loriolais Claude Aurias, la Romanaise Marie-Hélène Thoraval ou la Bourcaine Marlène Mourier, le groupe d’union de la droite et du centre peut espérer passer en pôle position. La Drôme reste toutefois une terre « radicale », historiquement très implantée à gauche et certaines figures locales peuvent drainer les votes en faveur des socialistes, radicaux de gauche, front démocrate, Génération écologie et progressistes : on pense à Michel Grégoire (Baronnies), vice-président du conseil général sortant, Aurélien Ferlay (Nord Drôme) ou Jean-Michel Cathelinois (Sud Drôme). En embuscade, le Front national, qui a failli ravir le canton de Grignan aux dernières élections départementales, jouera à nouveau son rôle d’arbitre, malgré ses personnalités politiques peu connues, tel Thierry Sénéclauze en tête de liste. À moins qu’en Drôme, premier département bio de France, la liste du « Rassemblement » (celle des écologistes, du Parti de gauche, « Ensemble », Nouvelle donne, Nouvelle gauche socialiste), emmenée par bon nombre de conseillers régionaux verts sortants, séduise des électeurs, au moment même où se déroule la Cop21 à Paris. Mais ce groupe, dont la tête de liste en Drôme est Corinne Morel-Darleux, a préféré miser sur son indépendance, se coupant de l’alliance avec le mouvement républicain citoyen (Catherine Coutard) et les communistes (Jean-Michel Bochaton notamment). Ce qui laisse globalement l’impression d’une droite unie et d’une gauche dispersée.


Des «  petits partis  » candidats


Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisqu’à droite, des formations politiques moins connues se présentent, misant justement sur le manque de notoriété. L’UPR (Union populaire républicaine) a fait sa campagne en ce sens : « le parti qui monte malgré le silence des médias » . Un parti souverainiste dont certaines idées peuvent se rapprocher de celles de Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, dont la tête de liste en Drôme est le jeune Damien Toumi qui lui aussi, appelle régulièrement « à faire le ménage » en politique et à en finir avec « toujours les mêmes personnes au pouvoir » . Dans un autre registre, le mouvement d’Éric Lafond « Nous citoyens, Parti libéral démocrate, parti fédéral européen » est de ceux qui entendent dépasser le clivage droite-gauche pour proposer quelque chose de différent ; ses origines sont pourtant clairement divers droite. Beaucoup plus marqué à l’extrême-gauche, plus connu aussi, le parti Lutte ouvrière aura une nouvelle fois son mot à dire, mais sa représentativité reste faible. Ces quatre dernières formations ne risquent ainsi pas d’infléchir le résultat d’un premier tour qui semble promis aux formations politiques « plus classiques ».


Cyril Lehembre

* Les Républicains



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