CULTURE

• Mercredi 16 décembre 2015 à 10h00

D’une unique tige de plante, il fait une œuvre d’art

Michel Gairaud, Alain Genthon et Claude Champeley présentent l'exposition.

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    Michel Gairaud, Alain Genthon et Claude Champeley présentent l'exposition.

Le hall de la mairie accueille une nouvelle exposition de photographies sur le thème du végétal. L’artiste est un photographe professionnel, Claude Champeley. Ce dernier expose très souvent dans des lieux divers et même à l’étranger, récemment en Russie mais jusqu’alors aucun espace ne lui avait été entièrement réservé le temps d’une exposition à Anneyron. « On est très fier de t’avoir, ça compte beaucoup pour nous » assurait Alain Genthon, maire d’Anneyron. Michel Gairaud, président du club photo que fréquente Claude Champeley expliquait quant à lui, « quand il apporte un jugement au moment de faire la critique de nos photos, on sait que c’est un jugement de valeur » . L’artiste a créé l’étonnement en dévoilant sa technique qui suppose de prendre son temps d’une part mais aussi de maitriser les différents bains nécessaires à la révélation de la photo et les produits chimiques dans leurs bons dosages pour l’obtention des couleurs. Ainsi, rapportait Claude Champeley, il a fallu une semaine de travail pour obtenir le rouge de cette cerise belle à croquer. Le premier amour de Claude Champeley est les orchidées et de là, il lui est resté une manière de regarder le détail avant de considérer l’ensemble. « La technique est à la prise de vue. Des choses m’attirent l’œil, la forme surtout. C’est ma tête qui fait la photo de ce que j’ai vu. Je fais ensuite la photo chez moi quand j’ai ramassé la plante. C’est de la création. J’ai vu la photo avant de faire la photo » tentait d’expliquer Claude Champeley, avant de décrire les processus chimiques.


Un travail minutieux


« Je mets ensuite la plante sur ma table de reproduction et là seulement j’appuie sur le déclencheur. Je travaille sur du 6-9 puis en 30-40 parce que c’est le format qui fait apparaître les défauts. Je travaille chimiquement selon ce que je veux obtenir, plus de gris, plus de trait, un fond plus blanc. Ce n’est pas encore fini. Je détruis la matière qu’il y a sur le papier pour retrouver le blanc du papier Barité. Il faut des heures de blanchiment et ça se travaille à l’eau. Cela peut prendre de grandes demi-journées parce que le papier est à la base voilé de gris. Faire de la couleur c’est abordé un autre virage. En laissant le temps on arrive aux couleurs qu’on veut par passage dans des bains chimiques. C’est physique parce qu’il faut remuer le bain en permanence. Je travaille avec l’acide sulfurique pour obtenir le bleu. Pour le rouge, la photo a été blanchie jusqu’à ce que le sujet disparaisse puis baignée dans le sulfure avant un bain d’or. Je fais moi-même mes mélanges chimiques. Sur la cerise il y a une semaine de travail ». C’est ce travail minutieux qui a permis à Claude Champeley d’être sélectionné par l’association Ouralpes de Grenoble, qui favorise les échanges culturels entre la France et la Russie. Dix de ses photos ont été présentées à la biennale du festival de photographie de la ville de Perm en Russie durant tout le mois de septembre. En février et mars, ce sont des artistes Russes qui viendront à Grenoble. Bien sûr tout ce travail sur les photos concerne l’argentique et non le numérique.


Une reconversion réussie


Claude Champeley est photographe professionnel sous le statut d’auteur-photographe depuis 2000, ce qui lui permet de vendre son travail. Il a suivi une formation d’un an pour aboutir à cette reconversion professionnelle motivée par des soucis de santé. Dans un premier temps, il est tireur professionnel pour un laboratoire de Saint-Etienne durant trois ans. Aujourd’hui à la retraite, il continue à exercer ce qui est devenu sa passion toujours avec comme support la nature et plus particulièrement les plantes. Ses premières photos ont été faites sur le thème des jardins ouvriers, cette exposition a beaucoup tourné et lui a ouvert bien des portes. D’exposant il est en quelques années devenu l’invité de marque de certaines expositions comme à Uzes, Crole ou Chabeuil.


C.C. (CLP)



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