SOCIÉTÉ

• Dimanche 20 décembre 2015 à 10h00

Comment valoriser l’ancienne route des Grands-Goulets ?

Patrick Labaune et les élus du Vercors se sont rendus à pied sur la route touristique.

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    Patrick Labaune et les élus du Vercors se sont rendus à pied sur la route touristique.

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    La grille barrant l'accès à l'ancienne route sera repoussée de quelques mètres, de façon à ce que les touristes puissent, au moins dans un premier temps, avoir un aperçu du site, sans toutefois y avoir encore accès.

[Vercors] L’épineux dossier de la route touristique est entre les mains de la nouvelle majorité départementale. De même que la mise au gabarit des Petits-Goulets. Lors d’une courte visite, fin novembre, Patrick Labaune président du Conseil départemental, accompagné d’Alain Kerharo directeur de l’aménagement, est venu à la rencontre des élus locaux des communes du Vercors Drôme sur le site des Grands-Goulets. L’occasion pour lui de « sentir les choses » dans un dossier jugé « complexe » . En effet, depuis la création du tunnel des Grands-Goulets, la fermeture de la route historique et le problème d’accessibilité des Petits-Goulets pour les cars sont devenus des sujets prioritaires pour les élus et les habitants du territoire. Les élus locaux tiennent à attirer l’attention du Département et sont soutenus en cela par Christian Morin Conseiller départemental du canton Vercors-Monts du Matin.


Valorisation du site plutôt qu’une réouverture de la route ?


Passée, la désormais tristement célèbre « grille du tunnel », le petit cortège, a eu le privilège, sous un grand ciel bleu mais dans un froid glacial, de redécouvrir la magie de cette route, fleuron du tourisme dans le Vercors, site classé, désormais inaccessible et fermé au public.

Le débat a tourné autour de la réouverture, même sous conditions, de cette route historique. Une option visiblement impossible à imaginer pour Alain Kerharo qui explique : « les résultats de deux études menées démontrent la dangerosité de la voirie sur toute sa longueur » . L’argument est difficile à entendre, notamment par le président de la communauté de communes du Vercors, Pierre-Louis Fillet, qui faisait remarquer que « si de telles études étaient menées sur toutes les routes, peu d’entres-elle resteraient ouvertes car le risque zéro en la matière ne peut pas être atteint » . Une autre solution de valorisation du site, visiblement plus appréciée par le président Patrick Labaune, consisterait à réaliser une « passerelle » au-dessus de la Vernaison. L’ouvrage, dont le coût de réalisation pourrait s’élever à 2 millions d’euros, permettrait aux visiteurs de profiter de la beauté du site sans emprunter la route.



Une mise au gabarit des Petits-Goulets souhaitée


À plus basse altitude l’accessibilité des Petits-Goulets a été également évoquée. Concernant leur mise au gabarit, les élus ont rappelé que la situation actuelle ne permet toujours pas aux cars de tourisme ni à la plupart des camions de livraison d’emprunter la route des Petits-Goulets. Ces véhicules doivent utiliser la route de l’Arps, ce qui entraîne un parcours rallongé de plus de 800 mètres de dénivelé (forte problématique en hiver) et une augmentation du temps de trajet d’environ 45 minutes. Pour réaliser des travaux de mise au gabarit, les différentes propositions techniques se chiffrent autour d’une dizaine de millions d’euros. Des sommes considérables à l’échelle de nos petits territoires mais « absorbables à l’échelle d’un Département, voir d’une super-Région Rhône-Alpes Auvergne en train de se mettre en place » remarque Thomas Ottenheimer, élu de Vassieux.


Un territoire à désenclaver


Les élus locaux ont fait valoir leurs arguments et notamment le fait que ces deux projets réunis étaient une réelle garantie d’essor de l’activité économique locale. Dans la situation actuelle, élus et habitants ont un peu le sentiment d’un travail fait à moitié fait et que les objectifs de désenclavement promis par les porteurs du projet sont loin d’être atteints. Concrètement, depuis l’ouverture du tunnel, les flux se sont un peu améliorés mais les bus et les camions ne passent toujours pas, puisqu’ils sont bloqués en aval des Petits-Goulets. Dans le même temps, un des sites emblématiques du Vercors (celui des Grands-Goulets) a disparu, alors qu’il est encore bien présent dans de nombreux guides touristiques.


La grille enfin repoussée !


Patrick Labaune n’a, bien logiquement, pas tranché sur ces sujets et n’a pas pu apporter de réponses claires. Il a néanmoins laissé la porte ouverte et appelé les élus à poursuivre la réflexion notamment sur le projet de valorisation du site des Grands-Goulets. Une bonne chose pour Pierre-Louis Fillet qui déclarait : « C’est une satisfaction d’avoir enfin un interlocuteur politique sur cette question et d’avoir pu échanger librement durant une heure avec le président ». Également optimiste, Thomas Ottenheimer attend des « actes » sur la question de la route touristique, mais l’enthousiasme est plus mesuré au sujet de la mise au gabarit des Petits-Goulets.

Une chose a toutefois été obtenue, après des mois, voir des années de demandes refusées : un accord de principe, celui de repousser de quelques mètres la grille barrant l’accès à la route des Grands-Goulets a été acté. De quoi amoindrir quelque peu la déception des touristes qui pourront ainsi avoir un petit aperçu du site… En attendant la suite.



Gil Borel (Clp)


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5 commentaires

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Vos commentaires

  • Il faut une valorisation piétonne et au véhicule non-motorisé de la voie. Pierre-Louis Fillet a raison. Il faut arrêter de pousser le principe de précautions à l’extrême ” le risque zéro en la matière ne peut pas être atteint “

    • Lorsque j’étais enfant, mes parents, originaires de Die et du Vercors, allaient toujours faire cette belle route en voiture, mais étapes par étapes en s’arrêtant pour admirer le paysage, on descendait de voiture pour regarder l’eau. Et pourquoi pas prévoir un arrêt voitures parking pour 3 ou 4 et un sentier botanique avec inscription des noms des roches, des sédiments, des plantes sauvages, celles qui sont comestibles, les années avec les nouvelles réalisations etc… La dangerosité, dans la tête des élus, je suis de Cannes, c’est tout aussi dangereux de traverser la rue, car les voitures ne respectent rien et les piétons, sans regarder, s’engagent sur le passage, le téléphone à l’oreille, sans même un regard pour les alentours !!!

  • Patrock

    … en attendant quelle suite ?…

    Cette route a fonctionné pendant 150 ans avec un nombre d’accidents “raisonnable” pour un ouvrage de ce type.

    Y passer en moto (entre autres) était un pur régal, tant pictural qu’historique, sans parler du souvenir de toutes les vies anonymes perdues durant les dix années de sa construction, tout ça pour que cette route finisse dans l’oubli sous le toujours fallacieux prétexte du sacro-saint “principe de précaution” au nom de la non moins sacro-sainte sécurité revendiquée haut et fort par les mêmes pouvoirs publics qui laissent en quasi-abandon mais néanmoins ouvertes à la circulation d’autres voies de communications plus modernes mais insuffisamment entretenues niveau sécurité pour “raisons d’insuffisance budgétaire”.

    De plus les techniques de percement et de consolidation du nouveau tunnel (béton hybride projeté entre autres) ainsi que les significatives avancées technologiques dans les terrassements et TP de consolidation rendent une éventuelle réfection et sécurisation de l’ancienne voie tout à fait réalisable.

    Réhabiliter cette route est juste affaire de volonté(s), même El Camino del Rey en Espagne a finalement été rouvert à la rando pédestre après plusieurs tentatives avortées de levées de fonds. Le budget a finalement été trouvé et l’ouvrage en grande partie restauré.
    Quand on veut on peut !!

    Mais c’est vrai qu’en France la volonté de conservation du patrimoine tient plus de la promesse électorale anecdotique que du réel intérêt pour la chose. Et puis même pas deux kilomètres de route paumée c’est pas franchement porteur en terme de prestige personnel et de retombées médiatiques…

    Les Espagnols doivent avoir une fibre historique juste un bon gros poil supérieure à la nôtre…

  • ouachée

    Bonjour
    Quel horrible spectacle de trouver une grille devant un tel chef d’oeuvre. Comment sous un falacieux prétexte de sécurité les autorités osent nous interdire le droit de circuler dans les grands goulets. Si le risque est si grave pourquoi accepter de permettre 6 sorties de secours sur une route interdite ! S’il vous plaît mesdames messieurs les élus les responsables de la DRIR Drôme monsieur le Préfet ayez pitié des amoureux des grands goulets et surtout vous qui reconnaissez le respects des anciens et des resistants ayez aussi le respect des ouvriers morts lors de la construction des grands goulets il y va de votre totale honnêteté
    Ce monument devrait depuis longtemps être classé monument historique. Il y va aussi de la notoriété de la Drôme pour son essor touristique. Enfin, il est évident que la dimension incroyable des bus à permis d’interdire l’accès aux grands goulets. Soyons francs les techniques d’aujourd’hui feraient bien pâlir d’envie les ingénieurs du 19ieme siècle
    Prouvez le nous car ils nous tardent de redecouvrir ce joyau entre nous tous
    Cordialement

  • FLUCHAIRE

    Bonjour,
    C’est avec une immense déception que j’ai découvert hier matin (la pluie ne nous a pas découragés) l’état misérable d’abandon de ce site exceptionnel ; je l’avais découvert il y a environ 60 ans grâce à Papa et j’y suis souvent retourné les décennies suivantes; après une longue absence j’ai voulu le revoir: hallucinant gâchis. Je constate ci qu’on en parle puis l’oublie, qu’on ne fait rien qu’en éloigner autant que possible les visiteurs, c’est à ma connaissance le seul grand site à être ainsi méprisé. Merci de le faire connaître ET d’intervenir pour le rendre au tourisme du Vercors.