SOCIÉTÉ

• Vendredi 19 février 2016 à 10h07

Les bus de VRD accessibles à tous

Avec les véhicules Low Entry, dont cinq ont déjà été achetés par VRD, toute personne à mobilité réduite, en fauteuil ou non, bénéficie d'une passerelle amovible automatisée, déclenchée par le chauffeur et qui s'insère parfaitement au niveau du trottoir pour permettre une montée en pente douce.

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    Avec les véhicules Low Entry, dont cinq ont déjà été achetés par VRD, toute personne à mobilité réduite, en fauteuil ou non, bénéficie d'une passerelle amovible automatisée, déclenchée par le chauffeur et qui s'insère parfaitement au niveau du trottoir pour permettre une montée en pente douce.

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    Les élus de VRD et une partie du collectif Drôme handicap entourent les affiches de la campagne : "Je cède ma place, c'est la classe".

« Je cède ma place, c’est la classe » . Péchue la campagne de Valence Romans déplacements ! Sur les bus gérés par le syndicat de transport, les affiches sont attractives. Des visages jeunes, souriants, des couleurs et un slogan ni moralisateur ni culpabilisant, mais qui rappelle gentiment et avec énergie les règles de base de la bienséance que d’aucuns ont apprises en d’autres temps de leurs parents : « Moi, valide, je me lève pour laisser le vieux monsieur ou encore la jeune femme enceinte s’asseoir à ma place » . Cela vaut pour les personnes handicapées, que je peux aider à monter dans le bus. Des règles de bien vivre soulignés par une campagne publicitaire qui s’achèvera à la mi-mai.


Mais parfois les mots et les beaux gestes, à titre individuel, ne suffisent pas. La collectivité tout entière et les décideurs locaux doivent s’impliquer. En quoi la politesse à elle seule peut aider une personne en fauteuil, si le bus qu’elle veut prendre ne lui est pas accessible ? Les élus de Valence Romans déplacements (VRD), au premier rang desquels la présidente Marylène Peyrard et les membres de l’exécutif Jany Riffard, Bernard Collignon, Pascal Pertusa et Karine Guilleminot, ont travaillé de longue haleine avec le collectif Drôme handicap* pour résoudre le problème. D’ici 3 ans, 100 % du parc de bus de VRD sera accessible.

« La ligne 20 qui relie Montélier centre à Châteauneuf l’est d’ores et déjà, et c’est la première dans ce cas » , confirme Marylène Peyrard. « En 2015, on a investi dans 9 véhicules dont cinq de type Low Entry, dont la spécificité tient dans le plancher surbaissé dans les parties avant et milieu du véhicule. Une personne en fauteuil ou un jeune qui s’est simplement cassé une jambe, peut plus facilement monter. VRD va acheter 23 véhicules en trois ans, 11 en 2016, 6 en 2017, 6 en 2018, d’une part pour être en conformité avec la loi, mais aussi parce que cela correspond à une volonté forte des élus du syndicat » .



6,7  millions d’investissement


Dans ces nouveaux véhicules, la capacité d’accueil est plus importante (46 places assises et 58 debout) et la partie centrale est plus spacieuse, permettant plus aisément les manœuvres d’éventuels fauteuils roulants. Les dispositifs visuels et sonores n’ont pas été oubliés pour les personnes aveugles ou sourdes. Pour remplacer intégralement son parc de véhicules, VRD a budgétisé un investissement de 6,7 millions pour trois ans. Mais il faudra aussi réformer l’habillage des arrêts de bus, l’aménagement de l’arrêt en lui-même, au niveau de la voirie, restant à la charge de la commune.

« Sur les 926 arrêts de la zone de VRD, 557 ont été répertoriés comme prioritaires » , souligne Jany Riffard, spécialement en charge de la question. « Selon la taille de la commune, et ses moyens financiers, les travaux avanceront de manière plus ou moins rapide » .



Satisfaction mais encore du travail


Du côté du collectif Drôme Handicap, c’est la satisfaction qui prédomine : « Nous saluons les efforts qui sont faits, pour nous c’est déjà une récompense de voir que peu à peu, les choses se débloquent. Mais le temps est toujours un peu long pour ceux qui sont dans l’attente. Les mentalités ayant évolué dans le bon sens, on commence désormais à croiser de plus en plus de personnes en situation de handicap dans la rue ou dans les transports en commun, puisque désormais ceux-ci s’adaptent. Avant, ils restaient chez eux, ce qui n’était pas concevable, car l’une des premières libertés, l’un des premiers droits, c’est de pouvoir se déplacer » .

Et de conclure : « Il reste bien entendu encore beaucoup de travail, notamment, pour aménager ensuite les arrêts de bus qui n’ont pas été inscrits comme prioritaires. Néanmoins l’important c’est de constater que les choses changent, que maintenant, on ne se focalise plus seulement sur l’objet, le fauteuil roulant ou les lunettes noires de l’aveugle, mais que l’on considère d’abord la personne, l’être humain avant tout, valide ou non valide, comme faisant partie intégrante de la collectivité » .




Cyril Lehembre



Le collectif regroupe notamment la Fnath (Fédération des accidentés du travail), l’association des paralysés de France, l’Association pour adultes et jeunes handicapés, l’association départementale des parents et amis d’enfants inadaptés, Voir ensemble, l’office romanais des personnes âgées en tout une cinquante de structures de loi 1 901. Dix d’entre elles ont été concertées auxquelles ont été associées, pour la concertation avec VRD plusieurs associations de parents d’élèves.

Notons par ailleurs que VRD a prévu la formation de 150 de ses agents, en particulier sur le handicap mental, pour un total de 300 heures par an.

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