ÉCONOMIE

• Samedi 5 mars 2016 à 10h02

Thibault Lanxade, vice-président du Medef : « La loi El Khomri va dans le bon sens »

La semaine dernière, le Medef Drôme-Ardèche proposait à ses adhérents une conférence-débat autour de l’économie collaborative et ses impacts sur le marché de l’emploi, en présence de Thibault Lanxade, vice-président du Medef chargé des TPE-PME. Mais le projet de loi travail de Myriam El Khomri étant sur toutes les lèvres, il a aussi évidemment été question de ce sujet-là, le vice-président du Medef national se devant d’expliquer aux chefs d’entreprise pourquoi soutenir cette loi qui selon lui « va dans le bon sens pour toutes les entreprises, et qui est la seule façon de réduire le chômage. »


Allant à l’encontre de ce que les détracteurs de cette loi évoquent, il explique : « il ne s’agit en rien d’une régression sociale. Au contraire, cette loi doit renforcer le dialogue social dans les entreprises, et ce pour une démocratie gagnante même s’il n’y a pas de syndicats représentés. » Et de poursuivre : « Aujourd’hui, beaucoup de chefs d’entreprise aimeraient recruter mais compte tenu du cadre du travail devenu illisible et compliqué, ils ne le font pas. Cette loi va apporter plus de flexibilité aux entreprises, c’est ce dont nous avons besoin. Et elle permettra aux salariés de travailler plus et donc de gagner plus si des opportunités de commandes sont là, ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. »

Quant aux détracteurs de la loi El Khomri, Thibault Lanxade regrette qu’ils ne montrent qu’un angle pessimiste de ce texte, et tacle au passage le monde syndical : « Cette loi ne donne pas plus de libertés aux chefs d’entreprise, elle va dans le sens de la simplification pour permettre de gagner en rapidité. Les syndicats sont dans une réflexion purement dogmatique et sont dans la caricature des patrons. On est revenu en arrière alors qu’on pensait avoir réussi à casser un peu tout ça. Mais vous savez en France la terre syndicale n’est plus très importante (seulement 8 % de salariés syndiqués) et les syndicats sont dans une logique de représentation d’eux-mêmes. Les défenseurs de cette loi comprennent les évolutions du marché ; ses détracteurs sont des conservateurs qui ne savent pas se remettre en cause et qui refusent de se projeter sur l’évolution numérique et l’économie collaborative. »



S’adapter à l’économie numérique


Car justement l’économie collaborative est en train de bouleverser le monde économique et ses règles. Or le Medef est persuadé que tout doit être fait pour favoriser cette nouvelle économie basée sur de nouvelles formes d’activité et sur la demande exponentielle des citoyens. « Il y a aujourd’hui une sorte d’asymétrie concurrentielle qui n’est pas de la concurrence déloyale mais qui peut s’en rapprocher dans la mesure où cet espace n’est pas encore régulé. Et c’est à cela que nous devons travailler. » affirme Thibault Lanxade qui a travaillé sur un document intitulé « Numérique et nouvelles activités » qui développe 15 propositions formulées par le Medef pour s’adapter à cette nouvelle économie. 15 propositions qui s’articulent autour de 4 grands axes : équilibrer la concurrence fiscale, mieux financer les nouveaux acteurs et les plateformes d’activité, sécuriser et accompagner les nouvelles formes d’activité, et enfin rendre les entreprises « classiques » plus agiles pour leur permettre de s’adapter plus facilement.



Julie Fournier

 

 


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