SOCIÉTÉ

• Dimanche 6 mars 2016 à 10h05

L’armée recrute, les jeunes s’engagent

De gauche à droite, l'adjudant-chef Fabrice Dijoux, le général Thierry Marchand et le colonel Hubert Gomart.

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    De gauche à droite, l'adjudant-chef Fabrice Dijoux, le général Thierry Marchand et le colonel Hubert Gomart.

Objectif : 15 000 nouveaux soldats en 2016. La campagne de recrutement est lancée. Et les temps sont propices pour l’armée de terre. À la suite des attentats de Charlie Hebdo et plus encore après ceux du 13 novembre, nombreux sont les jeunes qui veulent s’engager. « La consigne est claire, nous devons et nous allons augmenter nos effectifs cette année sur l’ensemble du territoire national » , a averti Thierry Marchand, général de brigade à la sous-direction nationale du recrutement de l’armée de terre. « Ce mouvement se poursuivra en 2017 et les années suivantes. Ce volume, on le connaissait au début des années quatre-vingt-dix. Or cela fait vingt ans que l’on engage en moyenne 9 000 jeunes par an. Aujourd’hui, il en faut 6 000 de plus, soit un essor d’un tiers pour retrouver notre niveau d’il y a deux décennies » Dans cette optique, l’officier est venu rendre visite au Cirfa (Centre d’information et de recrutement des armées) Drôme-Ardèche, basé à Valence, au cours d’une tournée générale des 104 Cirfa de l’Hexagone. Histoire de mobiliser les troupes… qui procèdent aux sélections des troupes. Sur les deux départements de Drôme et d’Ardèche, le frémissement s’est d’ores et déjà fait sentir. En 2015, 151 jeunes ont signé des contrats de trois à cinq ans au service de la nation (lire Drôme Hebdo du 7 janvier). C’est plus que lors des années précédentes, où Valence embauchait entre 100 et 120 Dromardéchois. Le général Marchand a ainsi demandé à l’adjudant-chef Fabrice Dijoux, responsable du Cirfa de Valence, de porter le chiffre à 180 pour 2016.


«Véritable métier  »


» Le recrutement est un véritable métier » , souligne le général Marchand. « L’armée s’adresse à un vaste public, offre un panel varié de professions, si bien qu’il faut, lors des sélections, orienter les jeunes vers les meilleures missions, celles qui correspondent le mieux à leur profil. Nous nous devons d’être à l’écoute des jeunes. Non seulement le recrutement doit être de quantité, mais il doit aussi être de qualité » .

Outre l’augmentation des contrats chez les jeunes, l’armée de terre veut également étoffer sa réserve, dont elle entend doubler les effectifs d’ici trois ans (de 25 000 à 40 000 réservistes en 2019). De même, elle souhaite renforcer encore le nombre de militaires de carrière qui dépasse aujourd’hui les 100 000 soldats. « Le budget n’est plus désormais contraint » , précise le général Marchand. « L’armée est attractive pour les jeunes, car ils peuvent intégrer une institution dont les finances repartent à la croissance désormais. Ils peuvent emmagasiner chez nous un capital expérience et un capital confiance intéressants. 75 % des gens qui sortent de l’armée trouvent quasiment immédiatement du travail dans la vie civile » . Et de conclure : « On sent qu’aujourd’hui les choses ont changé. Les jeunes n’ont plus de référence sur le fait militaire comme pouvaient encore en avoir ceux qui faisaient leur service avant la professionnalisation de l’armée. Ils ont maintenant d’autres références. Je suis souvent étonné en bien par leurs discours. Oui, ils cherchent du travail dans une société en proie au chômage, mais ils cherchent aussi autre chose, un sens à leur vie, une expérience à vivre, une cause à défendre, leur pays à aider… Ce genre de réflexions nous rend optimistes sur les jeunes et sur la Nation d’une manière générale dont on sent qu’elle est en réponse par rapport aux problématiques de notre temps. On a une belle armée, une belle jeunesse, une belle nation » .



Cyril Lehembre


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