SOCIÉTÉ

• Vendredi 11 mars 2016 à 9h39

Mobilisation contre l’état d’urgence… « et ses dérives »

Rendez-vous est pris, place de la Liberté, à Valence, samedi 12 mars à 14 h. Le collectif drômois « Défendons nos libertés », composé de 16 organisations associatives*, syndicales et politiques, appelle à la manifestation. Sur le mot d’ordre, « nous ne céderons pas » , les protestataires veulent rassembler les citoyens pour protester contre l’état d’urgence. « C’est une disposition qui a été conçue pour contenir les mouvements de masse, dans les années cinquante, au moment des événements d’Algérie, pas pour faire front à la menace terroriste », avertit Richard Perrenot, secrétaire général de la CGT Drôme . « En réalité, le gouvernement l’utilise pour faire taire ou pour canaliser certains mouvements » .


En Drôme, un militant de l’association « Stop nucléaire », Dominique Malvaud, a ainsi été arrêté par la police pour avoir distribué des tracts en fin d’année dernière sur un marché de Valence, au moment de la Cop 21. À la suite de quoi, il a été convoqué par le tribunal de grande instance, devant lequel il devra se présenter, jeudi 24 mars. « C’est une injustice, il n’aurait pas le droit de donner des tracts sur un marché, alors même que les politiques le faisaient lors de la campagne des Régionales ? » , s’alarme Simon Lambert du Nouveau parti anticapitaliste. Le collectif drômois, après la manifestation d’après-demain, reviendra donc protester en soutien de Dominique Malvaud jeudi 24 mars à 14 h, cette fois, devant le tribunal de grande instance. Pour les 16 structures, cet « exemple » n’est malheureusement que trop révélateur des « dérives de l’état d’urgence » . « On est loin de la lutte contre le terrorisme, mais surtout on se pose la question de la constitutionnalité de cette loi » , souligne Françoise Battisti de la Ligue pour les droits de l’homme. Et l’écologiste Françoise Henry d’ajouter : « Le défenseur des droits Jacques Toubon a lui-même indiqué que l’état d’urgence avait des effets délétères susceptibles de mettre en cause la cohésion sociale » . Si le collectif comprend la nécessité de défendre le pays face à la menace terroriste, il demande la fin de l’état d’urgence, une loi qu’il trouve dangereuse pour la Constitution : « avec ce dispositif, tous les pouvoirs sont concentrés ou presque dans les mains de l’administration préfectorale ; où est l’indépendance de la justice ? » interrogent-ils.


Cyril Lehembre


* Association France Palestine solidarité, Association de solidarité avec les réfugiés, Ligue des droits de l’homme, CGT, EELV, Mouvement contre le racisme, Nouveau parti anticapitaliste, Parti de gauche, PArti communiste, Stop nucléaire, Sud culture, Sud PTT, FSU, SNUiipp-FNSU, Snes.


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