SOCIÉTÉ

• Vendredi 18 mars 2016 à 14h21

Une plaque à Saint-Marcel-lès-Valence en l'honneur des victimes de Fukushima

Militants d'EELV et du réseau "sortir du nucléaire" ont officiellement inauguré devant la mairie de Saint-Marcel une plaque pour les victimes de Fukushima, le seul lieu mémoire de cette catastrophe sur toute la Drôme.

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    Militants d'EELV et du réseau "sortir du nucléaire" ont officiellement inauguré devant la mairie de Saint-Marcel une plaque pour les victimes de Fukushima, le seul lieu mémoire de cette catastrophe sur toute la Drôme.

Une première en Drôme. Et peut-être en France. Vendredi 11 mars, devant la mairie de Saint-Marcel-lès-Valence, a été officiellement inaugurée une plaque commémorative en hommage au victimes de la catastrophe de Fukushima. Cinq ans jour pour jour après le drame. Triste anniversaire, mais “devoir de mémoire indispensable”, selon le maire de Saint-Marcel, Dominique Quet, qui avait déjà fait installer il ya dix ans une plaque en l’honneur de victimes de Tchernobyl, à quelques centimètres de celle de Fukushima. “Ce n’est pas grand chose, cela ne prend pas de place, mais c’est important que l’on se montre solidaire de l’ensemble des êtres humains, que l’on soit pour ou contre le maintien du nucléaire. L’essentiel, c’est que l’on fasse réfléchir les gens. Si on doit un jour se passer de l’énergie nucléaire, ce n’est pas pour maintenant, mais il faut d’ores et déjà prendre conscience des dangers que son exploitation aujourd’hui peut représenter, surtout dans une région comme la nôtre avec la présence de la centrale du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux”, a déclaré Dominique Quet qui a satisfait une demande d’Europe écologie les verts, le parti politique ayant financé la plaque.


Députée européenne d’EELV, Michèle Rivasi a commencé par remercier le premier magistrat Saint-Marcellois pour son geste, insistant pour sa part “sur le devoir d’avertissement” que la plaque représente. Sur celle-ci est d’ailleurs inscrit : “en mémoire des victimes connues et celles à venir”. “La catastrophe de 2011, ce n’est pas du passé, c’est toujours d’actualité”, a ainsi précisé Michèle Rivasi. “Au Japon, le gouvernement a lancé des campagnes des décontamination sur le périmètre le plus proche de la centrale, mais comme il y a beaucoup de forêts, on s’aperçoit encore qu’on trouve de la radio-activité par endroits. Une bonne partie des déchets radioactifs ont de surcroît été déversés dans le Pacifique, et il est difficile de mesurer à quel point les poissons de l’Océan ont été touchés. Quant aux Japonais eux-mêmes, dont bon nombre ont été arrachés à leur foyer, déplacés de la région de Fukushima, beaucoup sont atteints du cancer de la thyroïde”.

Au moment du dévoilement de la plaque, des militants du réseau d’associations “Sortir du nucléaire” et d’EELV, ont distribué des tracts développant quatre arguments : la transition écologique et l’essor des énergies vertes permettraient de créer des emplois, tout en faisant baisser le coût de l’électricité et en favorisant l’autonomie énergétique. Sans parler de la question de la sécurité. “Nous sommes dans une région où les centrales nucléaires sont proches et on peut croire naïvement que l’on est à l’abri grâce à nos connaissances techniques”, lance Michèle Rivasi. “En 1986, avec l’explosion de Tchernobyl, on était effaré de voir l’obsolescence des installations en URSS. Mais en 2011, à Fukushima, les Japons disposaient de technologies de pointe. Cela n’a pas empêché le drame”.

Résolument optimiste, Michèle Rivasi voit toutefois un frémissement en Europe. “L’Allemagne abandonne le nucléaire, l’Autriche n’a jamais eu de centrale, l’Italie lance un programme pour les réduire, la Suisse veut faire de même”, annonce-t-elle.

Le délai supplémentaire accordé par Ségolène à l’exploitation de Fessenheim en Alsace laisse penser que la France n’est pas tout à fait prête à suivre ce mouvement.




Cyril Lehembre




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