CULTURE

• Mercredi 27 avril 2016 à 10h07

Romans-sur-Isère : le 30 avril, le carnaval sera sanglant

Christiane Charasse et Christian Watremez ont travaillé sur une comédie musicale "Carnaval sanglant" à voir le 30 avril.

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    Christiane Charasse et Christian Watremez ont travaillé sur une comédie musicale "Carnaval sanglant" à voir le 30 avril.

Une comédie musicale sur un fait historique romanais sera jouée à la salle des Cordeliers à la fin du mois. Mais c’est un peu le hasard qui a permis l’éclosion de cette création purement locale.


Vous ne vous êtes pas trompés de date. Le carnaval 2 016 a bien eu lieu dimanche 28 février. Et d’une certaine manière, il s’est déroulé comme c’était prévisible, avec la crémation au final de Carmentran, au centre de la place Jean-Jaurès. Samedi 30 avril, à 15 h 30 et à 20 h 30, le carnaval de Romans sera sanglant cette fois. Ou plutôt était sanglant. Car c’était de celui de 1 580 dont on va parler. Tel est le thème d’inspiration d’une comédie musicale écrite par le Romanais Christian Watremez, mise en musique par Philippe Audoin, orchestrée et mise en scène par Geoffrey Vitti, le directeur de la compagnie Backstage. Un événement local d’il y a quatre siècles et demi… Pourtant bien actuel. Actualisé en tout cas par l’auteur romanais qui a repris pour partie la trame de son propre roman historique paru en 2010 : « carnaval sanglant à Romans, une lutte de classe contre les paradis fiscaux ».


En quelques années, ce psychologue et enseignant à la retraite s’est fait un nom dans le paysage des auteurs régionaux. À tout juste 70 ans, il a déjà publié trois romans Les escargots de Combovin (1996, réédition en 2009), La Vacherie (2 004), Saint-Ange (2 006) et deux romans historiques Les Grands Goulets (2 009) et Carnaval sanglant (2 010). Points communs : des faits et des personnages drômois servent de trame à l’imaginaire. Mais collent à la réalité, faisant découvrir au lecteur une Drôme qu’il n’a pas connu, mais qu’il reconnaît à travers monuments et traces indélébiles du passé.

Le « Carnaval sanglant » est bien dans la droite ligne de ces petites histoires au sein de la grande histoire locale, celle du patrimoine romanais auquel Christian Watremez, comme beaucoup d’autres, est attaché. Sur l’événement de 1580, l’auteur bénéficie du soutien et de la caution historique de Laurent Jacquot, adjoint chargé du patrimoine. Mais comment le « Carnaval sanglant », qui ne devait rester qu’à l’état de roman historique, est devenu comédie musicale ?

Au hasard de rencontres. « Je suis devenu ami avec Philippe Audoin, un musicien qui a une facilité étonnante pour composer rapidement et qui me demande, début février 2015 si je me sens d’écrire une comédie musicale » , se souvient Christian Watremez. « Je n’avais jamais fait cela. Mais les choses ont jailli. J’ai repris mon roman et en moins de trois semaines, j’avais composé les deux actes de la comédie musicale. Je l’ai fait lire à Philippe qui était partant pour qu’on la mette en musique tout de suite. On a bossé ensemble pendant plusieurs semaines jusqu’à trois heures du matin. Je visualisais les scènes, lui trouvait l’air et les notes de musique qui correspondaient. Mais je ne pensais pas que l’on pourrait monter cette création. Je ne croyais pas le projet réaliste et je savais qu’il faudrait une grosse logistique en sono, en costumes, en choristes, en acteurs et les finances nécessaires derrière. J’étais prêt à abandonner, mais Philippe s’est accroché » .

Au début de l’été 2015, Philippe Audoin est victime d’un dégât des eaux à son domicile. Il fait venir un peintre chez lui pour réparer. Il lui raconte ce projet. « C’est là que le peintre lui dit qu’il est passionné de comédie musicale et qu’il connaît une compagnie amateur, Backstage, qui fait des reprises de comédies musicales à Tain-l’Hermitage » , relate Christian Watremez. « Le directeur de Backstage, Geoffrey Vitti, a été conquis par le projet et en quelques semaines nous a fait l’orchestration, recrutant aussi des comédiens bénévoles. Backstage n’est remboursé que par le produit des recettes » . Avec le soutien de la municipalité, la mise à disposition de salle pour les répétitions et un créneau trouvé fin avril aux Cordeliers, Christian Watremez espère que le succès sera au rendez-vous. Et rien ne permet d’affirmer le contraire, quand on voit l’enthousiasme déclenché il y a quelques jours par la pièce de théâtre, « la fièvre de Cheval », du même auteur. Le carnaval à Romans, cela reste quand même très populaire !



Cyril Lehembre



Le collectif d’Art et d’envies


Présidé par sa compagne Christiane Charasse, le collectif d’Art et d’envies a été fondé en 2007 pour aider à la création et à la diffusion de spectacles vivants sur Romans et tout autour de la ville. Polyvalente, cette association donne autant sa chance à la comédie musicale, qu’à la musique, la danse, le théâtre ou tout autre forme d’art. Elle s’est fait un nom, notamment avec un spectacle jeune public Les rêves de Sasha dont on est en quelques années à plus de 80 représentations. « Normalement, ce type de spectacle, c’est cinq représentations en moyenne », souligne Christiane Charasse. « D’Art et d’envies » fonctionne comme une rampe de lancement : le succès ensuite des diverses créations ne lui appartient plus…


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Ces derniers mois, la frénésie de la plume semble avoir pris Christian Watremez. Cet ancien édile municipal romanais est particulièrement sensible à transmettre des messages forts par le biais de la culture. Lui qui a fini ces derniers temps la pièce La fièvre de Cheval (jouée à la Presle les 9 et 10 avril) et qui vient d’achever l’écriture de la comédie musicale du Carnaval sanglant a peut-être attrapé la fièvre lui aussi. Celle des mots sur le papier. Le voilà à publier un nouveau roman Mes dames du Haut Diois, tout en créant une comédie musicale pour enfants, L’épouvantail qui sera jouée le 6 juillet à la cité de la musique. On murmure qu’il prépare un nouvel ouvrage papa.maman.com à paraître en 2017. Le facteur Cheval a été déclencheur de sa propre « fièvre ». C’est le hasard (le destin ?) qui lui a fait prendre un virage dans l’écriture théâtrale et la création de comédie musicale, domaines dans lesquels il ne s’était jamais essayé. « Il y a un engouement autour du facteur Cheval, mais je ne pensais pas forcément écrire une pièce autour de ce personnage», reconnaît Christian Watremez. « Mon passé de psychologue me poussait à découvrir cet homme de l’intérieur, à essayer de comprendre ce qui le motivait, en gros à faire un peu son analyse et à discerner d’emblée cette part de folie et de créativité d’un côté et cette part normative de l’autre. Comme, après tout, cela peut concerner beaucoup de monde, je pose la question, dans mon texte : et toi qu’as-tu fait de ton talent ? Cela interpelle le public. C’est là que la mise en scène théâtrale prend tout son sens. C’est là que le texte peut être approprié par les spectateurs. Une pièce sur Cheval, je me suis vite rendu compte que cela pouvait fonctionner et cela fonctionne ». Celle-ci sera d’ailleurs proposée à nouveau au sein même du palais Idéal à Hauterives, le 21 mai, à l’occasion de la nuit des musées.

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