ÉGLISES

• Dimanche 1 mai 2016 à 9h56

La campagne du Denier de l’Église est lancée

Alexis Ravit, économe pour le diocèse de Valence.

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    Alexis Ravit, économe pour le diocèse de Valence.

Bien entendu que l’Église est porteuse du message évangélique. Bien entendu que l’Église se veut une entreprise d’espérance, d’amour et de miséricorde. Toutefois, même si garante d’une transcendance, l’Église n’échappe pas à ses besoins matériels. Car, comme toute entreprise humaine, il lui faut subvenir aux besoins de ceux qui la composent.


Un peu d’Histoire


À la Révolution française, en 1789, les biens de l’Église sont confisqués. Puis, en 1801, afin de rétablir une paix religieuse dans le pays, Napoléon signe le Concordat avec le Pape ; le contenu du Concordat stipule notamment que l’Église renonce à revendiquer les biens « nationalisés » par les lois révolutionnaires, et l’État, en contrepartie, s’engage à rémunérer les curés et les évêques. Cet équilibre perdurera durant tout le xix e siècle, jusqu’en 1905, année de la célèbre loi de séparation de l’Église et de l’État.

Alors, l’État s’étant totalement désengagé des affaires de l’Église, cette dernière doit désormais seule subvenir à ses besoins – à noter : contrairement à ce que l’on entend parfois, le Vatican ne participe pas au financement des Églises. D’où l’apparition dès 1906 d’une campagne du Denier du Culte (aujourd’hui Denier de l’Église), récoltée et gérée par des associations diocésaines, les structures représentant les diocèses sur le plan juridique.



À quoi sert le denier de l’Église ?


Le Denier sert à faire vivre trois catégories de population au sein de l’Église : les prêtres, qui perçoivent 663 €/mois, ainsi qu’une péréquation sur les messes commandées – un prêtre drômois reçoit donc entre 900 et 1 000 €/mois, logement inclus. Le denier sert également à rémunérer les laïcs en mission ecclésiale – il s’agit de missions généralement signées pour trois ans dans différents domaines : catéchèse, mission pastorale de santé… Et enfin, l’Église prend en charge les séminaristes – ils sont cinq sur le diocèse de Valence, et deux en année propédeutique* (les frais mensuels de prise en charge d’un séminariste s’élèvent à 1 750 €). Bien sûr, le diocèse a également ses charges de fonctionnement à assumer (chauffage…).


Une campagne en deux étapes


Le Denier de l’Église représente à coup sûr le temps fort de l’année pour les finances de l’association diocésaine drômoise, et s’articule autour de deux grandes étapes : la première, de loin la plus importante, commence en février, et consiste à envoyer une lettre aux donateurs répertoriés dans le fichier pour les informer du lancement de la campagne, avant son lancement public et officiel qui a lieu pour le dimanche des Rameaux.

La seconde étape se tient avant la Toussaint, et consiste à envoyer une lettre d’information à tous les donateurs, afin de présenter le bilan financier de l’année passée et la tendance de l’année en cours.

Il faut toutefois savoir qu’au moins 20 % de la campagne du Denier est perçue au dernier moment, en décembre. Peut-être s’agit-il d’un sursaut de conscience de la part des catholiques à l’approche des fêtes de Noël, à moins que bon nombre d’entre eux attendent de connaître leur situation pour faire un « don fiscal », puisque 66 % du don est déductible des impôts.

Difficile par conséquent de donner aujourd’hui une tendance sur la bonne santé de la campagne drômoise 2016, même si Alexis Ravit, économe diocésain, note d’ores et déjà un léger retard d’environ 3 à 4 % sur 2015.



Donateurs en baisse, don moyen en hausse


Si pour l’association diocésaine drômoise, le Denier de l’Église représente la plus forte part du budget total annuel (38 % des 3 650 000 € de budget), il n’est toutefois pas la seule ressource de l’association diocésaine. Il faut ajouter les quêtes paroissiales (21 %), les casuels (participation des fidèles pour les mariages, les baptêmes… 12 %), les commandes de messes (5 %)… Ainsi, pour l’association diocésaine de Valence, le Denier de l’Église représentait en 2015, 1 830 898 € répartis sur 8 939 donateurs, soit un don moyen de 205 €. Et si le nombre de donateurs connaît depuis des années une lente érosion (12 565 donateurs en 2001, et – 29 % en 14 ans), le don moyen est en revanche en croissance régulière (il était de 116 € en 2001), ce qui permet de maintenir une courbe du Denier de l’Église à la hausse au fil des ans.

Le mot de la fin pour Alexis Ravit, qui après avoir travaillé durant plus de 30 ans en entreprise, note une différence de fond entre les deux gestions : « sur la forme, une association diocésaine se gère comme une entreprise… mais sur le fond, on ne gère pas pour faire du résultat ou nourrir des actionnaires… on gère pour donner le maximum de moyens à la mission pastorale, à l’évangélisation… de plus, une association diocésaine n’est pas maîtresse de ses ressources, et cela pousse à l’excellence ».



Frédéric Coutisson


*Propédeutique : désigne l’année d’étude et de réflexion précédant l’entrée au séminaire, que font parfois les futurs séminaristes de l’Église catholique.

On peut donner pour le Denier de l’Église par chèque, par prélèvement automatique ou directement en ligne. Renseignement : denier@valence.cef.fr – 04 75 81 76 90


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