POLITIQUE

• Mercredi 11 mai 2016 à 9h28

Hervé Mariton, candidat parce qu’il « faut sortir la France du déclin »

Hervé Mariton a entamé une campagne de longue haleine pour les primaires à droite.

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    Hervé Mariton a entamé une campagne de longue haleine pour les primaires à droite.

Ancré localement, ambitieux pour la France. Élu quatre fois maire de Crest et autant de fois député de la troisième circonscription, Hervé Mariton est un homme politique de premier plan en Drôme. Mais depuis quelques années, il a également pris une dimension plus nationale. Sous le projecteur des télévisions parisiennes, il a fait une percée médiatique il y a trois ans, lors du débat sur le mariage pour tous, contre lequel il s’était érigé. À un degré moindre, il s’était fait également connaître pour ses réflexions en matière de bio-éthique et ses prises de position qui n’allaient pas dans la ligne de Nicolas Sarkozy, sous le précédent gouvernement.


Depuis, il n’hésite pas à faire entendre sa voix, sur de nombreux autres sujets, voix singulière au sein même de la droite pour proposer autre chose en politique, des convictions qu’il consigne notamment à travers plusieurs publications, dont la dernière vient de paraître début 2016 sous le titre, Le printemps des libertés. L’ouvrage fait figure de véritable bible personnelle pour sa campagne électorale des primaires chez les Républicains, de même que le « bonheur regarde à droite » préfigurait sa candidature pour prendre la tête de ce qu’on appelait encore à l’époque l’UMP.

À 57 ans et demi, cet ancien ministre de l’Outre-Mer (un portefeuille éphémère de deux mois en 2007 sous le gouvernement Villepin), vise haut. Ni plus ni moins la présidence de la République. Mais la première étape consiste d’abord à convaincre sa propre famille politique. Une famille nombreuse s’il en est, avec pléthore de prétendants aux primaires (avec Nicolas Sarkozy en embuscade ?) : Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Nadine Morano pour ne citer que les plus connus…

Peu importe la notoriété des autres, Hervé Mariton n’en démord pas. « J’attends qu’un déclic se fasse sur ma candidature et s’il se fait, je serai élu, c’est aussi simple que cela » , lâche-t-il. « Mais dans tous les cas, élu ou pas, il est utile que le message que je porte passe. Je suis candidat parce que la France est réellement menacée d’un déclin grave et d’un déclassement irréversible. La France n’est plus attractive. La France est en perte de repères et les Français font partie des peuples les plus pessimistes au monde. Pour redresser notre pays, il n’y a pas 36 solutions, il faut deux choses : davantage de libertés pour entreprendre et un retour aux valeurs qui fondent notre société » .

Jusque-là, rien de vraiment original pour un homme de droite : libéral économique et conservateur au niveau des mœurs, il se singularise toutefois sur le plan fiscal en préconisant une « Flat Tax » (c’est-à-dire un « impôt à taux fixe »), système selon lui plus simple et plus juste que l’impôt sur le revenu. L’idée est que tous les Français paient l’impôt, y compris les ménages à revenus très faible (environ 2 %) et que le reste des citoyens paie un impôt à 15 %. « Cela évite les niches fiscales, cela évite la fuite de certaines personnes à l’étranger » , promet-il. Une mesure qui en finirait ainsi avec une forme progressive de l’impôt et des calculs compliqués. Un choc pour certains. Mais sur la forme de gouvernance qu’il aimerait mettre en place, il affirme : « Je suis le seul candidat qui veut en finir avec les hypocrisies et qui ne veut pas prendre de demi-mesures » . Pour autant, sans autoritarisme : « Je veux une liberté souhaitée par le peuple et non une liberté consentie par l’État au citoyen » . Concrètement, cela peut passer par exemple par une « plus forte décentralisation encore de l’État, avec, en conséquence, des compétences plus élargies pour les collectivités locales » . « J’aimerais que dans un domaine de compétences vaste, les collectivités puissent elles-mêmes choisir leurs compétences spécifiques » , précise-t-il. Un des facteurs aussi qui, selon lui, pourrait permettre d’accélérer les prises de décision, une nécessité aujourd’hui eu égard aux lenteurs administratives.

Par ailleurs, Hervé Mariton veut davantage encourager l’esprit d’initiative des Français : « leur faire confiance peut contribuer à les faire sortir de la déprime » , clame-t-il. Concernant l’identité nationale, le député drômois se dit favorable au droit du sang (la nationalité française transmise par les parents) et non au droit du sol. « Être Français, ce n’est pas qu’une idée, c’est aussi un sentiment, une histoire, une culture, des valeurs communes à partager » , conclut-il.



Cyril Lehembre


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